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Rouge est la couleur de mon sang doucement épanoui,

il bat comme un coeur d'enfant dans les silences des nuits,

il est comme un regard que les printemps lèvent à l'aube,

il est aux parfums de mémoire le reflet vivant de l'amour,

rouge est la couleur de mes jours depuis que je suis à lui....


rouge est le baiser de mon âme  posé sur lui......

 

Publié dans : Odes à lui...
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Je ne sais pas comment s'appelle ce qui habite en moi, cette tendresse folle à toutes les audaces, ce désir de douceur qui jamais ne se lasse de trouver une soie d'âme où poser la sienne; Cette douceur assise sur toutes mes colères d'enfant, sur toutes mes colères d'aujourd'hui. Cette douceur que le plus souvent je cache......et qui n'est l'apanage de rien;

 

Etre une femme, douce, et savoir que la douceur gîte le plus souvent dans le coeur des hommes, c'est ce qui les rend cruels au monde, ce droit qui leur est refusé, moi, je le sais...


Je ne sais pas pourquoi en moi l'esprit de liberté s'essaie sauvagement à se faire entendre, à casser du poing tout ce qui l 'enlise, et cherche son contraire, le lien crucial, la prison de bras comme des cercles d'or pour me retenir.


Etre une femme, libre, et savoir que l'amour consenti, pas seulement vécu, mais arboré et défendu comme un bastion, est la plus grande des libertés à vivre....


Je ne sais pas pourquoi en moi la faim du corps crie, appel géant, qui taraude mes sens comme une fièvre fauve, et me dresse la nuit des chapiteaux de flamme, ce désir apanage de la gent masculine et qui donne aux femmes un nom de Messaline, de putain, de perverse ou de femme fatale, moi je veux porter ce vêtement de désir...à ma manière....et le porter pour lui...


Etre une femme, acceder à ce royaume fou où le charme s'écrit à la simplicité. A cette terre soufrée d'une sensualité autre, où le désir est une fleur donnée et une amazone qui prend.....


Regarder ces autres femmes, toutes ces femmes, femelles humides et parfois animales, petits jouets dorés sur tranches, laqués, pommadés, décorés comme des sapins, marquant sur des talons les déambulations qui accrochent à leurs hanches des regards d'hommes et que je ne comprends pas, et qui ne savent pas qu'en étant ainsi elles sont tout ce qu'elles ne sont pas, ou ces femmes androgynes, que la maternité déshabille de leur sexe, maritornes ménageres poussant des caddys ou des landaux comme je porte mon interrogation majeure sur ce qu'elles sont, ce que je suis, moi...pourquoi n'ont-elles pas le droit d'être autres que cela ?


Etre une femme, maman, aux mains parfumées de leur enfance, au ventre hâvre chaud qui jamais ne perd ce cordon tactile qui la lie a sa chair, être une maman et leur offrir la femme qui est cachée derrière....


Entendre chaque jour que mon intelligence est la marque d'un cerveau d'homme, que l'intellect est un repoussoir à l'amour, que la force de mes mots est un laminoir...voir s'écarter de moi des hommes et des femmes qui ne comprennent pas mon verbe, et pas non plus la simplicite extrême avec laquelle je tends mes mains, ou les voir au contraire se presser à ma lumiere et en demander trop; demander ce qui est exclusif à un etre, mon autre, et m'en vouloir, mais pourquoi devrais-je taire ma voix, ma signature au monde, c'est elle.....elle est comme cela....


Etre une femme, trempée a l'encre noire des mots, rutilante de l'esprit partagé à l'égal de ses autres que le vertige de l'esprit amène sur d'autres chemins, que la magie de ce qui est à decouvrir et à sentir tire à l'aube des lits trop moites, de l'enfermement des murs, et qui sont des chasseurs d'âme parce qu'ils ont la même faim...la même attente que moi....celle d'un demain vierge comme une île...


Etre.....moi...

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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A ton front, j'ai cherché le pays sans frontière

où les rêves obscurs échouent à chaque mot,

la promesse de lieux enchantés où la mer,

par vagues douces et fraîches illumine les nuits

 

A ton front, j'ai cherché le reflet de mon être

et l'écho de ton âme résonnant à ma vie,

la flamme qui s'élève au-dessus des tempêtes ,

les ailes des oiseaux planant dans l'infini. 

 

A tes yeux, j'ai cherché à retrouver mon nom,

la tendresse à la vie, le ventre de l'amour;

un ancrage doré où asseoir mes jours,

l'abre et la forêt de mes rêves d'enfant

 

A tes mains, je réclame la douceur du jour

le dessin et les signes, langage de mon corps 
et le cri de ma chair, à ton corps musique,

A tes mains, je donne l'amour..........

 

 

Publié dans : Odes à lui...
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« C'est là certainement l'immense avantage sur les faibles de ceux qu'on appelle les forts: les uns comme les autres sont minés par l'angoisse, la peur, le doute, mais ceux-là le savent et en pâtissent, tandis que ceux-ci ne le voient pas et, afin d'étayer encore le mur qui les protège de ce vide sans fond, se retournent contre les premiers, dont la fragilité trop visible menace leur fragile assurance. »


Les Bienveillantes- Jonathan Littel- Gallimard



Cet extrait des bienveillantes me paraît être une analyse extrêmement juste du processus par lequel un homme, à priori tout aussi dépourvu de méchanceté ou de cruauté que les autres, peut se transformer, au hasard de circonstances venant tout-à coup bousculer son histoire, en bourreau.

Il y a des bourreaux très jeunes; Si on regarde dans les bac à sable, on peut déjà parfois les voir à l'oeuvre. Les petits forts armés de pelle et de seau, le verbe haut, la gestuelle  assurée, et les petits faibles dans un coin, le front bas. Comme si les victimes expiatoires dégageaient ce petit quelque chose qui attire la foudre!

On appelle pourtant toujours cela la loi du plus fort, comme si ça résolvait tout, dans une vue simplificatrice et dédouanante du problème et qui se comprend: qui pourrait légitimement se complaire et se proclamer dans le rôle du bourreau? Qui ne désirerait justifier par toutes sortes d'explications et de raisonnements ses débordements pulsionnels et colériques? Qui accepterait de voir cela dans ses proches?


Ce n'est d'ailleurs sans doute pas innocent si, dans les siècles passés et jusqu'à il n'y a pas si longtemps, un bourreau était nommément désigné par la justice pour opérer à sa place la sacrification des victimes désignées par la vindicte populaire ou la loi du moment.


Et en soubassement de tout cela, on retrouve la peur dans ses dimensions les plus triviales et les plus existentielles: peur de ce que l'on est ou n'est pas, peur de l'autre, peur de la vie tout court, incertitudes inavouables dans un monde où se veulent la performance et la prédominance d'une forme de courage qui fasse abstraction des sentiments......C'est d'ailleurs une chose qu'on n 'apprend pas à l'école, qu'on n'apprend pas à nos enfants. Savoir reconnaître qu'on a peur, et plutôt que d'en avoir honte et de l'affronter comme on vous le conseille sans réfléchir, par un dépassement systématique de soi qui, sans qu'on ait conscience, s'opère par le sacrifice et la violation de choses très intimes à soi, essayer de comprendre pourquoi, plutôt que de flanquer son poing dans la figure du voisin!


La condition humaine s'accompagne de ces incertitudes, c'est ce qui en fait aussi la richesse, ne pas savoir ce qu'on est et ce qu'on fait là, peut être vécue non pas comme une sujétion, une abomination, mais une aventure....et le courage le plus fou est peut-être justement de savoir ne pas foncer dans le mur, de vouloir comprendre, de vouloir rester en vie, ce qui est une façon douce me semble-t'il de transcender ses peurs; Et là, peut-être, devient-on quelqu'un qui n'est peut-être pas le plus fort mais qui a grandi.......





 

Publié dans : Carnet de lecture
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Il y a mes doigts qui cherchent à l'aveugle la douceur qui était l chat.jpg à quand je caressais son ventre, ce velours gris frotté à la pulpe de mes doigts, cette tête féline et cruelle aux yeux de jaspe qui épousait le creux de ma main;

 

douce..........si douce.........et ce langage plein, roulant dedans sa gorge des mots d'amour inutiles à sa façon...

 

Il y a ma bouche qui se meurtrit un peu à l'écorce des arbres pour en goûter la rugosité, ma bouche qui frémit et se cabre sous les baisers du froid que je vais quêter dehors pour oublier ceux que je n'ai pas........ma bouche qui vient se brûler à la chaleur d'un chocolat amer dans des fonds de ville pleins et vides à la fois.................

 

doux, les deux arcs mêlés dessinant un sourire sur des mots à chuchoter au jour....

 

Et puis il y a ce corps, levé comme un soleil, en plein éveil à tout et qui se rit du temps, ce corps long et  sensuel, pétri de gourmandise et qui sait que la peau est le langage vivant des mots que l'on ne peut pas dire..............

 

doux, si doux et qui ne parle pas, en attente immobile sur tous les points du jour, doux à en mourir doux à crisser la soie, douceur inutile

 

 

Et l'esprit qui est là, cette âme en colère, bercée de rébellion, marquée au drapeau noir, ce cri géant qui hurle un appel à la guerre, et pourtant je chavire à la douceur des yeux que je pose sur le monde....

 

 

douce si douce, à ne plus pouvoir en dormir, douce si douce à ne savoir qu'en souffrir, douce si douce........à ne plus savoir le dire.....

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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