Plus j’avance et plus je me questionne sur les systèmes de réseau où se retrouvent et
« communient » dans un même esprit les aficionados d’un art, d’une pratique. A l’heure où le net aurait du ouvrir un cercle géant et extensible à l’infini se créent plutôt de multiples
microcosmes refermés sur eux-mêmes et où le partage se limite exclusivement à échanger sur ce qu’on aime et ce qu’on fait, tout en sachant que les interlocuteurs pensent et font la même chose.
Chaque fois que je pénètre dans l’un de ces mondes clos, j’éprouve une horrible sensation d’étouffement, d’écrasement, une asphyxie mentale insupportable !
Moi qui écris ou essaie d’écrire, je n’ai pas envie de baigner ni de disserter à l’infini sur les mots, ni de parler sans fin technique photographique par exemple ! Je ne
suis jamais aussi heureuse que lorsque sur Phedrienne viennent des gens d’horizons variés qui ont compris cette démarche transversale, ouverte, qui veut chiner du côté de ce que je ne connais
pas, par appétit et très vif désir de découvrir et de m’affranchir des préjugés. Je n’ai pas envie d’adhérer à un quelconque système où on passerait
son temps à se montrer ses réussites ou ses réalisations et à se les critiquer gentiment les uns les autres dans une espèce de lénifiante béatitude ; Non ! Il me faut la résonance de la
fraicheur, de la spontanéité, la certitude que demain ne ressemblera pas à aujourd’hui ! Il me faut apprendre le regard et le langage d’autrui, de celui ou de celle dont je ne partage pas la
vie, les dogmes, les découvertes et être alors dans un vrai échange créatif où on veut moins montrer et se montrer qu’écrire un bout de trajet commun, quelque chose qui fasse sens,
écho !
C’est là pour moi que gîtent la liberté d’esprit, la libération de ces vêtements du quotidien qui
rapidement sous une routine de vivre et de penser, sous une habitude de faire, vous empèse et vous cloue au sol. Je n’aime pas remettre mes pieds
dans les mêmes lieux de promenade de la pensée !!!
Je préfère rester une saltimbanque, une bohémienne imparfaite et aventureuse, toujours aux affuts et
aux aguets d’une sensation, d’un renouveau et muser de ci de là sans m’accrocher nulle part, plutôt assise sur un nuage fragile et malmené par le vent qu’amarrée à une tribu, à une passion
circonscrite dans un registre fermé de vocables, et qui n’en finirait pas de se mirer dans la même image, indéfiniment.
Et vous,
qu’en pensez-vous ? :)
A vous la parole !