« Deux voix différentes nous appellent sans cesse. L’une du dedans, l’autre du dehors.  Celle qui appelle du dehors, c’est le devoir quotidien. Si la partie de l’esprit qui répond à l’appel du devoir correspondait exactement à l’appel du dedans, c’est alors qu’on connaitrait le bonheur suprême. »

Yukio Mishima

 

Cette citation me renvoie  aux histoires qu’on me raconte, aux histoires que je me raconte et à ce que je crois ; L’illusion de la liberté, du libre choix qui nous fait pérorer et revendiquer un agir seulement mû par notre volonté, alors qu’y interférent ce subtil amalgame dressé en nous par l’éducation, notre parcours de vie, le jugement d’autrui. L’incapacité que nous avons à défaire les nœuds de notre vie…je n’y ai pas échappé non plus jusqu’à  faire exploser toute mon existence, à littéralement en faire imploser le cadre pour une idée, des sentiments, une foi en un autre possible…et je ne le regrette pas, ayant l’impression d’habiter quelque part où j’approche une forme de vérité de moi.

Mais libre, je ne le suis pas non….incapable que je suis de ne pas être dépendante de la vie d’autrui, de ne pas me plier à ses diktats au moins un peu. Dichotomie difficile qui me met très mal à l‘aise, en porte à faux avec moi–même sur les routes fragiles que j’emprunte… dichotomie qui me fait regarder avec stupéfaction ceux qui m’entourent dans leur illusion pleine de ne pas avoir de chaînes que moi je vois si bien, épaisses et engluantes, resserrées comme des étaux et qui essoufflent au quotidien un vouloir, un enthousiasme, une capacité à se battre.

Alors que faire ? Assumer ce côté petite chèvre de Monsieur Seguin qui me fera lutter avec le sourire jusqu’au lever du matin, refuser,  refuser encore un principe de réalité de vie dans lequel moi , je ne vis définitivement pas, le bien pensé, le propre, mais aussi la peur paralysante que je sens autour de moi dès qu’il est question d’être maître et auteur de sa vie…l'appel du dehors car il est surtout riches en artifices, en commodités pour se voiler la face, s'excuser de ne pas vivre en homme, mais en enfant que l'on surveille et conduit.  Moi, je veux entendre et faire vivre cet appel du dedans, ce cri primal et solitaire, étincelant de tendresse de vie, et qui l'approche tellement !

 

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Vent tourmentant des ellipses de temps,

Sur la ville dorment des nuages couchant

De longs filets de pluie sur les toits endormis,

Et montent des rues en sommeil alangui

Cette lente odeur mouillée de terre tiédie.

 

Je marche le visage fouetté de mille piqûres,

Petits baisers de froid rougissant ma figure,

Le printemps est cocasse et s’amuse à troubler

Le lourd passant maussade et très emmitouflé,

Et claque son parapluie d’une musique sonore.

 

Les couleurs lavées brillent au néon triste

Une ambiance lavée de polar et de spleen

Enduit les rues et mon âme fatiguée,

Qui cherche l’ombre de Léo Malet,

Et ne trouve que les murmures de l’eau…..

 

Alors je lève mon visage plus haut

Et des perles d’argent glissent dans mes cheveux

Transforment mon pull en décor moiré

Et glissent des frissons dans mon dos tout mouillé

Danse des sens réveillés par un baiser de pluie,

Troublé !

 

Publié dans : Poésies
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 C’est étrange, cette histoire qui recommence encore

Ces nuits attendues jusqu’aux fonds des aurores

Et moi qui crois encore, qui crois encore….

J’ai besoin des histoires qui habillent la vie

J’ai besoin de me croire dans mes insomnies

J’ai besoin de me battre encore et encore

Sentir un chemin fou sous mes pas si fragiles

Sentir l’élan fou qui me vrille les sens

Sentir le sang battre à mes tempes meurtries

Sentir la soie des mots glisser sur ma colonne

Sentir le langage de ma peau…

Et si, si je devais inscrire encore

Sur la nappe de mes nuits ces cris étranges et si sonores

Ce velours de violente douceur, ce manque chronique de sommeil

Où j’entends l’appel des nuits, ce chant lointain du dehors

Et mes pas devant le seuil, hésitant à prendre un envol

Et si, si je devais être plus neuve que ma fièvre et mon angoisse

Je serais encore plus féroce à me colleter à la vie

A me frotter à son écorce, je ne le puis,

Mon cœur chavire et se tempête,

Et mon corps crie à l’unisson

Ce vent d’autan qui me renverse

De furies et de doux frissons

Et si, si je pouvais mettre en couleurs

Ce foisonnement de mon âme

Si je pouvais être peintre de mots

C’est sûr,  j’y perdrais jusqu’à mon sang

Mon sang d’écriture qui tourmente

L’envol lent de mes jours bleus

 Et je suis un oiseau dormant

Guettant le ciel blanc des espoirs

Couchée sur la plage du monde

Comme un rêve qui n’existe pas….

Publié dans : Poésies
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7609 pour blog

Parfois des choses très simples suffisent à rafraichir l’esprit un peu surchauffé par le quotidien. Comme ces images tendres et drôles d’enfants vues à la fête du livre de Villeurbanne. Le doigt dans la bouche, la tête penchée un peu, et les yeux dans un lointain inaccessible, pendant qu’un père, une mère,  une sœur tournait pour eux les pages d’un livre…

Le gymnase du coin reconverti en salon cosy, accueillait des kakémonos géants et colorés truffés de personnages oniriques et  amusants, faisant oublier la laideur sèche des tribunes. Des stands ornés de lampes de salon offraient la lumière tamisée que l’on se plait à imaginer sur des pages et des dessins, et des grappes de marmots se collaient aux tables pour voir leurs auteurs et illustrateurs dédicacer d’aquarelles et de calligrammes la page de garde de LEUR livre.  Quelques tout petits ravis se roulaient à quatre patte sur les moquettes colorées, d’autres se lovaient sur le mobilier en carton recyclé tout en rondeur et évoquant un jeu de construction géant !!!

Partout des couleurs, des sons, le brouhaha des voix racontant des histoires, et cette forme de douceur inattendue que l’on peut lier à l’enfance. Amusant paradoxe, le service de sécurité, des armoires à glace gigantesques habillées de rouge agressif, et dont les facies peu engageants pour certains détonaient largement en ces lieux !

Autre paradoxe, le thème de la fête « résister » où la symbolique était au noir et blanc austère, et aux animations plus austères encore, voire incompréhensibles pour les enfants ! Comme si le fait de résistance ne pouvait s’inscrire dans une dynamique joyeuse et vivante !!!!  C’est fou comme les adultes, qui se servent tant de symboles, sont forts parfois pour les utiliser dans un sens contraire à leur intention !!!!  Je n’ai donc pas vu beaucoup de têtes blondes se pencher sur les longs panneaux couverts d’inscription incitant à refuser telle ou telle chose, dommage !!!! Y mettre un peu de drôlerie aurait je crois largement contribué à cette diffusion nécessaire… !

Autre point d’orgue de cette journée, 3 créatures fantastiques, sortes de yétis géants aux mufles effrayants, couverts de poils et juchés sur d’énormes échasses, qui ont investi les lieux en poussant des cris profonds  !!! Cette  distraction inattendue a jeté un vent de panique, beaucoup d’enfants ayant été terrorisés à la vue de ces monstres poilus !!!! Peut-être une tentative plus ou moins réussie d’illustrer le monde particulier à l’enfance , entre onirisme et cauchemar ??? Allez savoir…… !

 

 

 

 

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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En ouvrant ce blog,  j’ai voulu défendre l’idée d’une forme de transversalité de plusieurs modes d’expression, mots, photographies, peintures, sculptures etc. L’idée étant d’apporter du sens ou de proposer un axe de lecture qui pourrait d’ailleurs être différent. D’inspirer et de s’inspirer d’autres formes de sensibilités.

J’ai ainsi habillé 4 photographies d’oiseaux en vol prises par le photographe animalier Henri Willem, où peut-être est–ce sont ses images qui vêtent mes mots de leur beauté évidente ?

Aussi je les propose à votre regard et votre lecture, tout simplement…..

 

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Publié dans : L'anti oeil du photographe
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