« Deux voix différentes nous appellent sans cesse. L’une du dedans, l’autre du dehors. Celle qui appelle du dehors, c’est le devoir quotidien. Si la partie de l’esprit qui répond à l’appel du devoir correspondait exactement à l’appel du dedans, c’est alors qu’on connaitrait le bonheur suprême. »
Yukio Mishima
Cette citation me renvoie aux histoires qu’on me raconte, aux histoires que je me raconte et à ce que je crois ; L’illusion de la liberté, du libre choix qui nous fait pérorer et revendiquer un agir seulement mû par notre volonté, alors qu’y interférent ce subtil amalgame dressé en nous par l’éducation, notre parcours de vie, le jugement d’autrui. L’incapacité que nous avons à défaire les nœuds de notre vie…je n’y ai pas échappé non plus jusqu’à faire exploser toute mon existence, à littéralement en faire imploser le cadre pour une idée, des sentiments, une foi en un autre possible…et je ne le regrette pas, ayant l’impression d’habiter quelque part où j’approche une forme de vérité de moi.
Mais libre, je ne le suis pas non….incapable que je suis de ne pas être dépendante de la vie d’autrui, de ne pas me plier à ses diktats au moins un peu. Dichotomie difficile qui me met très mal à l‘aise, en porte à faux avec moi–même sur les routes fragiles que j’emprunte… dichotomie qui me fait regarder avec stupéfaction ceux qui m’entourent dans leur illusion pleine de ne pas avoir de chaînes que moi je vois si bien, épaisses et engluantes, resserrées comme des étaux et qui essoufflent au quotidien un vouloir, un enthousiasme, une capacité à se battre.
Alors que faire ? Assumer ce côté petite chèvre de Monsieur Seguin qui me fera lutter avec le sourire jusqu’au lever du matin, refuser, refuser encore un principe de réalité de vie dans lequel moi , je ne vis définitivement pas, le bien pensé, le propre, mais aussi la peur paralysante que je sens autour de moi dès qu’il est question d’être maître et auteur de sa vie…l'appel du dehors car il est surtout riches en artifices, en commodités pour se voiler la face, s'excuser de ne pas vivre en homme, mais en enfant que l'on surveille et conduit. Moi, je veux entendre et faire vivre cet appel du dedans, ce cri primal et solitaire, étincelant de tendresse de vie, et qui l'approche tellement !




A vous la parole !