Se peut-il qu’elle ait déjà oublié,

Ce temps passé à l’entendre,

Ce temps passé à étendre,

Sur ses épaules nues,

Un grand manteau de soie ?

Sur ses idées inquiètes,

Les voiles d’un bateau,

Claquant sur l’océan ,

Et tirant sur le large ?

Se peut-il que mes mots,

Ces histoires inventées,

Au creux de son sommeil ,

Pour éloigner la nuit,

Se peut-il que nos jeux,

Aient si loin déjà fui ?

Mais que vaut la mémoire,

Et que vaut donc l’amour,

Si le temps le transforme ,

En fables sans détours ?

Se peut-il que mon âme

Ait rêvé à ces temps,

Se peut-il que la trame

De ces jours passés,

Comme un tissu usé,

Laisse entrer la lumière,

D’une autre histoire inventée ?

J’irai donc regarder

Demain sur d’autres routes,

La couleur de mes doutes,

La senteur de mes rêves,

Et comme une comète,

Quelque part en déroute,

Je m’inventerai

Un autre ciel ….

Publié dans : Poésies
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La nature est un objet de débat passionnant et sans fin. Autour de la photo et de l’écologie s’affrontent souvent des théories qui donnent une drôle de vision de la façon dont nous appréhendons les choses. Un certain courant écologiste vise à la préservation des espèces et des états sans tenir compte de la nécessaire évolution du vivant et en donnant l’impression d’une datation au carbone 14 d’un âge édénique de la planète qui est sans doute une pure illusion de l’esprit ! D’autres proposent un protectionnisme qui est aussi réducteur de libertés, une nature parquée, signalisée, compartimentée devenant un  pur produit de civilisation. Le tout fonctionnant en antinomie et controverse plutôt qu’en partage d’idées autour d’un même  objectif. A quand une réflexion ouverte sur le sujet ?

En photo,  le débat est somme toute assez similaire. Les tenants de la photo naturaliste pure et dure jurent par la restitution, une forme de nomenclaturisation  à la Buffon, un recensement imagé de la nature, qui doit être exprimée  en justesse de couleurs et en netteté d’images,  sans lesquelles il n’y a point de salut.  La recherche d’une expression plus artistique devient alors une forme d’hérésie, de perversion de l’esprit, voire une trahison  de la planète, au motif que celle-ci existerait par elle-même, entité sauvage et vierge en opposition  à l ‘homme policé et destructeur. C’est oublier un peu vite que la nature c’est le vivant, ce qui présuppose une interaction continue de ses différents acteurs et partant de là, une transformation constante. C’est oublier surtout les conditions de notre appréhension des choses, qui passent non seulement par les sens, les perceptions,  mais aussi par l’apprentissage, l’imprégnation des valeurs qu’on nous donne !  Evoluer, grandir, c’est ne pas oublier qu’en dehors de nos frontières existent d’autres monde, d’autres univers à la codification différente. Ayant un autre langage. Ne pas tomber dans le piège des idées toutes faites et jamais remises en cause permet de se délivrer l’esprit de modes de faire et d’être qui au final figent la création, l’expression dans un moule.  Et ne nous permettent sans doute pas de respecter tant que cela notre environnement, les partis pris et prises de position jusqu’au boutistes entrainant des mesures qui ne le sont pas moins !

Au final, qu’est ce que la nature ?  Je crois que nous n’en savons rien ! Que ce grand terme générique est devenu un fourre-tout facile à mettre sous son bras pour partir en guerre avec des idéologies qui oublient le réel et ses aspects multiformes. J’attends pour ma part des amoureux de la nature et des photographes, un chemin autre, plus ouvert, moins terroriste ! Davantage marqué par la compassion, l’écoute de l’autre que par une volonté d’avoir raison ! J’attends un peu de souplesse et d’intelligence, juste un peu, y compris de moi-même, qui ne puis m’exclure de ces excès tant je suis souvent (toujours ?) passionnée et opiniâtre !  J’attends  que la nature ne soit plus traitée comme une déesse païenne  mais comme une entité vivante et simple à vivre sans sacrement !  

 

 

 

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Tôt le matin, je viens vers toi

Affolée de mes rêves et de l’attente du jour

Un peu de fièvre perle à ma peau, perle à mon cou

Et mes cheveux sont des algues offertes.

Dans ma tête des mots,  navires désamarrés,

Croisent le fil de l’eau, s’entrechoquent se frottent

Et je les laisse glisser en flot doux et filé

Le long de mon stylo océan d’encre noire

Pour te parler

 

Tôt le matin je viens vers toi

De mon sommeil déshabillé

Des formes longues  déplient leurs ailes

Désirs sans fins, envies, idées

Itinéraires de voyages, montagnes rousses et dorées,

Et l’attente des envols vers nos seules terres aimées.

Dans mon corps, ruisseau tumultueux et cuivré

Se lève la tempête des soleils éclatés

L’envie d’un lancinant naufrage,

L’affolante idée de notre  liberté …..

 

Publié dans : Odes à lui...
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  orchidee-1.jpg

 

Premier matin sous le soleil. L’hiver a fui brutalement, laissant place à des herbes sèches, craquantes sous les pas. La nature autour de moi semble sortir d’un brutal réveil, comme une belle qu’on aurait tirée de son lit sans lui permettre de se coiffer…pas d’herbe verte et drue dans la prairie où je pose mes pas, mais de grandes tiges brunes, vestiges du dernier été que le gel a dessinées, que la neige a brûlées.

Quelques papillons timides, des citrus et des zygènes, volètent indécis, semblant ne pas trouver le garde manger naturel qui contient leur petit déjeuner !  Pourtant s’ils sont là, c’est que les fleurs y sont aussi, cachées à mes pieds. Alors je me faufile, précautionneuse, sachant que les trésors que je cherche sont peut-être lovées sous les herbes, et là, soudain, une précieuse petite tête blanche pointe sous un amas blond : une orchidée sauvage !

Précieuse et fragile, à peine 5 ou 6 centimètres de haut ! Plus loin, ce sont de jolies têtes violines et roses qui se montrent peu à peu, il y en a partout ! La lumière est brutale, le sol sec et griffant mais je m’essaie quand même à quelques images peu flatteuses pour les belles, juste pour garder trace de ce moment magique, ces premières naissances printanières qui sont au cœur du photographe un plaisir sans fin …

 

orchidée 3

 

 

Publié dans : L'anti oeil du photographe
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 l-eau-reduite.jpg

   

J’aurais passé des heures,

Inconscientes et légères,

A chercher partout cette lumière,

Elfes dansants, élégants, éphémères,

Sur des volutes de poussières,

Glissant en rangs serrés

Le long des courants d’air,

Et dessinant sur l’eau,

En beaux habits d’argent,

Ces funambules errants

Qui me charment et m’entêtent !

Ce chant si harmonieux de l’eau

Qui se caresse

Sous les doigts languissants

De cette belle princesse.

Lumière prismant d’éclats

Aigus comme des pierres,

L’enchantement vivant

Des ondes chevauchant,

Le lit lent et profond

Des fleuves en sommeil,

Et qui me portent au rêve,

Quand je m’en vais, marchant….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans : Poésies
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