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Une flaque de silence,

Posée sur l’herbe sèche et dorée,

Un îlot blanc de solitude,

Où je m’ensable, à volonté.

Le ciel m’enveloppe de ses bras,

Tandis que je repose là,

Etroitement liée à la terre,

A ses odeurs, à sa rudesse,

A sa moite chaleur berçant

Le creux de mes reins

D'un doux feu.

Le silence m’atteint

Comme un vertige lent,

Emietté des sons crus

Qui trompettent en vain,

De vraies histoires

Que je n’entends plus.

Vin enivrant de la liberté belle,

Que je goûte sans vergogne,

Temps suspendu où je m’envole,

Comme un bateau désentravé……….

 

Publié dans : Poésies
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Inlassables ellipses qui tournent dans le vent

Flèches blanches et rosées au doux cœur de printemps

Etoiles fines et dures piquetant le ciel bleu

J’aime à vous regarder danser au gré du temps

 

Infimes envol de grâce au détour du chemin

Envahi par les herbes et qu’on renonce à voir

Sous les futaies épaisses qu’envahit le soir

Ce parfum de mystère et ce fondu au noir

 

J’aime à vous découvrir, si petites et disertes

Dans ce langage fou qui disserte sans fin

Des mystères païens de la nature offerte

Où je goûte chaque jour la beauté des matins

 

Publié dans : Poésies
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Des mots comme des perles rares

Irisant de leur nacre le profil des jours

Des mots comme des épices forts

Colorant de leur or

Le sang de mes amours

Chair de mon âme

Transpercée de l’épée effilée

Et aigue des cris de la passion

Des promesses d’aubes

Des nuits cherchées

Au fil des étoiles

Du murmure de l’eau glissant

Vers les naufrages de mon corps…

Des mots….

Jouant à foison avec mes peines

Avec mes joies

Tissant des horizons où parfois

J’entrevois

Des terres d’asile sucrées

Au parfum de vanille

Et d’arbres échevelés par

Des tempêtes douces

Des mots comme des ancres

Au port de mon cœur

Jouant à m’amarrer

Au pays de cocagne

Bateau bercé de tout

Et qui attend en vain

Le cri des alizées

Dans les vergues sauvages

Des mots qui me ligotent

Et qui me laissent nue

Quand ce manteau si doux

Glisse de mes épaules

Ô puissance ! Ô vertige !

Qui lentement déposent

Leurs  strates d’amour fou

Dans ma tête rebelle

Et baptisent  ma peau

D’un  sceau sauvage et cru !

 

Publié dans : Poésies
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Je ne sais pas si vous l’avez noté mais l’environnement nature de notre région est en train de changer. Certains abords des lacs et plans d’eau sont dangereusement agressés par le béton qui vient en grignoter les rives, dans le but non louable d’aménager des promenades pratiques au chaland, qui pourra ainsi sans fatigue amener sa voiture au plus près en malmenant davantage l’éco système ; Il en est ainsi à Miribel où plusieurs plans d’eau sont environnés de chantiers et d’engins, et au Grand large où un magnifique nid de castors est menacé par de gros tractopelles. Il y a peu de parutions et d’infos sur ces plans décidés unilatéralement par nos édiles dans un souci de gain évident, d’amélioration d’un tourisme consumériste et créateur peut être de quelques emplois, mais à quel prix !!! Dans ces lieux préservés, et pourtant  soi disant protégés par des arrêtés préfectoraux, vivent des hérons cendrés, des guêpiers, des verdiers, des pics verts, des rapaces, des castors, des myriades de papillons et de libellules, et de fragiles orchidées. Comment imaginer que cet équilibre ne sera pas menacé par une invasion pléthorique et sans soin ?

La nature s’apprend surtout en marchant, en crapahutant dans les hautes herbes sans souci  de s’y frotter, en transpirant l’été et en grelottant l’hiver si besoin est dans des chemins un peu boueux mais révélateurs de beauté, d’une sauvage réalité qui nous ramène à une vision autre. Elle s’apprend par la patience, l’écoute, l’approche lente d’animaux qui ne peuvent plus guère nous faire confiance pour les laisser tranquilles…..elle se donne tant, et nous, photographes en tous genres et amateurs de ces richesses, nous sommes au premier rang pour la goûter, et devrions l’être aussi pour la défendre. Or, il n’en est rien !!!! Partout en France, la nature se parque et s’enferme derrière des clôtures et des murs et ne vit plus que par itinéraires autorisés, comme si nous étions devenus d’immatures enfants incapables de nous conduire en hommes ! Incapables par ignorance et par paresse de proposer d’autres alternatives et de montrer une autre voie à nos enfants…..et pas une voix ne s’élève contre cela, le tout étant accepté et vécu dans une forme de mollesse et pire, d’indifférence.

Je prétends moi en toute simplicité mais en ardent engagement que le photographe ne peut pas n'être qu’un  témoin passif, agir comme un négatif qui se contenterait de révéler à la lumière une beauté, un témoignage d’un existant. Parce qu’il se déplace, cherche, fouille, erre pendant des heures le réflex à la main, il est en avant poste pour regarder, comprendre  et pourrait être le porte drapeau d’un refus, d’une autre proposition, une voix alternative à ce gâchis constant….. qui grignote peu à peu les départements autour et n’épargnera pas grand-chose si nous ne faisons rien.

Voilà ce que je voulais soumettre à vos avis et réflexions, vous, compères photographes qui avez chacun votre sensibilité et votre approche personnelle.

 

Publié dans : L'anti oeil du photographe
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« Les idées ne regardent pas qui les regarde ; les choses oui. Par delà l’expression verbale, on voit les idées voleter sous la mi-transparence des choses imaginaires qu’elles ont engendrées »

Le soleil et l’acier – Yukio Mishima

Dans cet essai étrange et atypique de son parcours d’écrivain, Yukio livre de façon intime et surprenante le chemin qu’il  a tracé du langage des mots vers le langage du corps. Il explique qu’enfant, la réalité de la chair n’était pas pour lui, que seul le pouvoir corrosif et affabulateur des mots avait une force et un pouvoir concret. Et oppose de fait ce pouvoir obscur, qui enferme les hommes dans un cercle imaginaire, à la force du soleil et de l’acier symbolisant pour lui l’apprentissage du travail du corps !

Dur labeur, quotidien et forcené qui sonne plus comme une préparation rituelle à un sacrifice majeur qu’à une sanctification du corps ou un narcissisme primaire.  Sorte de testament spirituel romantique et profond marqué de la sensualité  et de l’extase qui sont sous-jacents à toutes les œuvres de Mishima, ce livre interpelle et saisit sur les liens subtils qu’entretient l’homme à sa personne, au cercle des humains autour de lui et à sur cette forme de quête particulière que représente le sport extrême considéré comme un art de vie.

A lire avec curiosité…

« Ne pas s’appartenir-quelle forme de vie plus intense pourrait-il y avoir ? "

 

Le soleil et l'acier Yukio Maishima-Folio

Publié dans : Carnet de lecture
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