Je ne sais pas si vous l’avez noté mais l’environnement nature de notre
région est en train de changer. Certains abords des lacs et plans d’eau sont dangereusement agressés par le béton qui vient en grignoter les rives, dans le but non louable d’aménager des
promenades pratiques au chaland, qui pourra ainsi sans fatigue amener sa voiture au plus près en malmenant davantage l’éco système ; Il en est ainsi à Miribel où plusieurs plans d’eau sont
environnés de chantiers et d’engins, et au Grand large où un magnifique nid de castors est menacé par de gros tractopelles. Il y a peu de parutions et d’infos sur ces plans décidés
unilatéralement par nos édiles dans un souci de gain évident, d’amélioration d’un tourisme consumériste et créateur peut être de quelques emplois, mais à quel prix !!! Dans ces lieux
préservés, et pourtant soi disant protégés par des arrêtés préfectoraux, vivent des hérons cendrés, des guêpiers, des verdiers, des pics verts, des
rapaces, des castors, des myriades de papillons et de libellules, et de fragiles orchidées. Comment imaginer que cet équilibre ne sera pas menacé par une invasion pléthorique et sans
soin ?
La nature s’apprend surtout en marchant, en crapahutant dans les
hautes herbes sans souci de s’y frotter, en transpirant l’été et en grelottant l’hiver si besoin est dans des chemins un peu boueux mais
révélateurs de beauté, d’une sauvage réalité qui nous ramène à une vision autre. Elle s’apprend par la patience, l’écoute, l’approche lente d’animaux qui ne peuvent plus guère nous faire
confiance pour les laisser tranquilles…..elle se donne tant, et nous, photographes en tous genres et amateurs de ces richesses, nous sommes au premier rang pour la goûter, et devrions l’être
aussi pour la défendre. Or, il n’en est rien !!!! Partout en France, la nature se parque et s’enferme derrière des clôtures et des murs et ne vit plus que par itinéraires autorisés, comme si
nous étions devenus d’immatures enfants incapables de nous conduire en hommes ! Incapables par ignorance et par paresse de proposer d’autres alternatives et de montrer une autre voie à nos
enfants…..et pas une voix ne s’élève contre cela, le tout étant accepté et vécu dans une forme de mollesse et pire, d’indifférence.
Je prétends moi en toute simplicité mais en ardent engagement que le photographe ne peut pas n'être
qu’un témoin passif, agir comme un négatif qui se contenterait de révéler à la lumière une beauté, un témoignage d’un existant. Parce qu’il se
déplace, cherche, fouille, erre pendant des heures le réflex à la main, il est en avant poste pour regarder, comprendre et pourrait être le porte
drapeau d’un refus, d’une autre proposition, une voix alternative à ce gâchis constant….. qui grignote peu à peu les départements autour et n’épargnera pas grand-chose si nous
ne faisons rien.
Voilà ce que je voulais soumettre à vos avis et réflexions, vous, compères photographes qui avez
chacun votre sensibilité et votre approche personnelle.
A vous la parole !