Hier, promenade aux confins de Miribel près d’un plan d’eau mythique aux couleurs de lagon, vaste lieu sauvage où se perchent des hérons cendrés et où les libellules fleurissent au printemps.
A ma grande horreur, au détour d’un chemin herbu et étoilé de fleurs, je découvre des tractopelles et des souches entassées ca et là, sur un triste désert de friches.
Une des rives du lac a été littéralement rabotée de ses arbres et saigne, tranchée de terre coupée à vif, et dont la couleur rouge se reflète dans les eaux ; quel projet monstrueux a bien pu fleurir dans la tête de nos édiles, si ce n’est d’aménager surement quelque voie bétonnée pour acheminer au plus près de paresseux urbains qui ne conçoivent la nature qu’à portée de voitures, avec de l’asphalte bien lisse pour y promener leur chien ? Vision peut-être égoïste pour ma part, mais je ne connais que trop, pour l’avoir vécu en Banlieue parisienne sur les bords de la Marne, la triste fin des lieux de nidification mais aussi de pêche, quand les hordes de promeneurs du dimanche viennent déferler avec pique niques, détritus, et monoxyde de carbone.
Quand comprendra-t-on que réconcilier l’homme avec la nature d’où il vient, ne doit pas se faire au détriment de cette dernière ? Quand comprendra- t’on que cette nature s’apprécie mieux quand on patauge dans les herbes, en se griffant un peu, quand on doit marcher sous le soleil pour accéder enfin à un site enchanteur, quand on connait la joie de ne rien déranger, rien abimer ? Quand s’étant assis dans le silence, on voit revenir vers soi, après quelques instants de panique, oiseaux, libellules, papillons, qui savent ne rien craindre et du coup vous intègrent, joie immobile et profonde du non prédateur ?
Je n’ai trouvé nulle part de panneau nommant les acteurs de ce désastre annoncé, auprès desquels, et même si c’est un combat donquichottesque (j’ai l’habitude) j’aurais été déversé ma colère !
Mais j’ai le cœur serré, vraiment, à ces travaux ridicules qui enlaidissent sans fin des paysages jusque là rescapés de notre tendance à tout bitumer, triste trophée de la bétise….
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