Samedi 17 avril 2010 6 17 /04 /2010 07:53

 

Hier, promenade aux confins de Miribel près d’un plan d’eau mythique aux couleurs de lagon, vaste lieu sauvage où se perchent des hérons cendrés et où les libellules fleurissent au printemps.

A ma grande horreur, au détour d’un chemin herbu et étoilé de fleurs, je découvre des tractopelles et des souches entassées ca et là, sur un triste désert de friches.

Une des rives du lac a été littéralement rabotée de ses arbres et saigne, tranchée de terre coupée à vif, et dont la couleur rouge se reflète dans les eaux ; quel projet monstrueux a bien pu fleurir dans la tête de nos édiles, si ce n’est d’aménager surement quelque voie bétonnée pour acheminer au plus près de paresseux urbains qui ne conçoivent la nature qu’à portée de voitures, avec de l’asphalte bien lisse pour y promener leur chien ? Vision peut-être égoïste pour ma part, mais je ne connais que trop, pour l’avoir vécu en Banlieue parisienne sur les bords de la Marne, la triste fin  des lieux de nidification mais aussi de pêche, quand les hordes de promeneurs du dimanche viennent déferler avec pique niques, détritus, et monoxyde de carbone.

Quand comprendra-t-on que réconcilier l’homme avec la nature d’où il vient, ne doit pas se faire au détriment de cette dernière ? Quand comprendra- t’on que cette nature s’apprécie mieux quand on patauge dans les herbes, en se griffant un peu, quand on  doit marcher sous le soleil pour accéder enfin à un site enchanteur, quand on connait la joie de ne rien déranger, rien abimer ? Quand s’étant assis dans le silence, on voit revenir vers soi, après quelques instants de panique, oiseaux, libellules, papillons, qui savent ne rien craindre et du coup vous intègrent, joie immobile et profonde du non prédateur ?

Je n’ai trouvé nulle part de panneau nommant les acteurs de ce désastre annoncé, auprès desquels, et même si c’est un combat donquichottesque (j’ai l’habitude) j’aurais été déversé ma colère !

Mais j’ai le cœur serré, vraiment, à ces travaux ridicules qui enlaidissent sans fin des paysages jusque là rescapés de notre tendance à tout bitumer, triste trophée de la bétise….

 

 

 

 

Par Phédrienne - Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /2010 16:45

 

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Une flaque de silence,

Posée sur l’herbe sèche et dorée,

Un îlot blanc de solitude,

Où je m’ensable, à volonté.

Le ciel m’enveloppe de ses bras,

Tandis que je repose là,

Etroitement liée à la terre,

A ses odeurs, à sa rudesse,

A sa moite chaleur berçant

Le creux de mes reins

D'un doux feu.

Le silence m’atteint

Comme un vertige lent,

Emietté des sons crus

Qui trompettent en vain,

De vraies histoires

Que je n’entends plus.

Vin enivrant de la liberté belle,

Que je goûte sans vergogne,

Temps suspendu où je m’envole,

Comme un bateau désentravé……….

 

Par Phédrienne - Publié dans : Poésies
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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /2010 07:12

 

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Inlassables ellipses qui tournent dans le vent

Flèches blanches et rosées au doux cœur de printemps

Etoiles fines et dures piquetant le ciel bleu

J’aime à vous regarder danser au gré du temps

 

Infimes envol de grâce au détour du chemin

Envahi par les herbes et qu’on renonce à voir

Sous les futaies épaisses qu’envahit le soir

Ce parfum de mystère et ce fondu au noir

 

J’aime à vous découvrir, si petites et disertes

Dans ce langage fou qui disserte sans fin

Des mystères païens de la nature offerte

Où je goûte chaque jour la beauté des matins

 

Par Phédrienne - Publié dans : Poésies
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Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /2010 08:19

 

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En regardant cette mère prendre soin  de sa progéniture alors que ma barque s’approchait trop près, un tas de réflexions saugrenues me sont venues à l’esprit. Souvent et presque toujours, on nous rabâche que l’amour maternel chez l’animal relève du seul instinct et non de l’affect.  L’espèce humaine serait la seule où le manque d’amour ne peut jamais être suppléé par le seul matériel, où l’éducatif assoit sa base sur les émotions et les sentiments. Il  y a quelques jours, j’ai ainsi assisté à une scène de prédation assez spectaculaire. Une flottille de canetons à peine nés passait paisiblement le long d’un fourré derrière lequel un héron cendré se tenait sur une patte, parfaitement immobile. En un éclair, il a jailli, s’est saisi du premier caneton et s’est enfui.  Maman canard, après deux secondes de panique a réuni le reste de la troupe calmement et a repris son chemin. Savait-elle en fait le nombre exact de ses petits ? Qu’est-ce cela avait généré en elle ? Mystère pour ma part ! Peut-être s’était-il juste passé dans sa vie un accident hors norme, une chose qui avait simplement déréglé une mécanique, laquelle s’était remise en marche,  mue par un automatisme plus fort que les aléas. Peut-être qu’un chagrin « canardesque » n’existe pas !

Je me suis alors demandé, ce qui dans l’amour des hommes pour leur progéniture relève de cet instinct, et ce qui relève davantage de la socialisation,  peut être même des habitudes. Ce qui relève de la liberté d’être, de la spontanéité et ce qui relève d’un formatage de l’esprit et des sentiments. Question apparemment saugrenue mais je n’ai  jamais oublié le très beau livre d’Elisabeth Badinter, l’amour en plus, où elle expliquait contre toute attente que l’amour maternel a lui aussi son histoire, qu’il ne s’est pas exprimé de la façon que nous connaissons (qu’on nous impose ?) depuis le début de notre apparition sur terre, loin s’en faut ! En regardant autour de moi, j’ai vu souvent se jouer le difficile jeu relationnel entre parents et enfants,  et la valse hésitation de sentiments qu’on nous dit pourtant ancrés, indéracinables, mais qui chancellent parfois pour des riens, une incompréhension, un sentiment de possession inacceptable,  et la déception engendrée malgré nous quand l’enfant s’affirme comme un « je » qui ne peut jamais en aucun cas être le reflet d’un « soi » ! Comme l’a si bien exprimé un de mes amis, le désir d’enfant est le désir le plus profondément  égoïste qui soit ! Quelle que soit la raison pour laquelle il nait (archaïsme animal, instinct de vie, refus de la mort etc), je partage ce  point de vue, ayant goûté dans mon être et ma propre chair cet appel aussi criant qu’inexplicable…. !

Et c’est sans doute ce qui nous protège d’une sur intellectualisation des choses qui occulterait les désirs et empêcherait l’expression libertaire de la vie !!! Voilà ce à quoi je pensais, alors que je faisais repartir la barque à reculons, pour permettre à cette maman là, que son compagnon réprimandait à grands cris de n’avoir pas réuni ses petits sous ses ailes, de retrouver le calme de son foyer aquatique !!! Comme quoi, le spectacle d ela nature est toujours porteur de leçons……………  !

 

 

 

Par Phédrienne - Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /2010 07:48

 

Des mots comme des perles rares

Irisant de leur nacre le profil des jours

Des mots comme des épices forts

Colorant de leur or

Le sang de mes amours

Chair de mon âme

Transpercée de l’épée effilée

Et aigue des cris de la passion

Des promesses d’aubes

Des nuits cherchées

Au fil des étoiles

Du murmure de l’eau glissant

Vers les naufrages de mon corps…

Des mots….

Jouant à foison avec mes peines

Avec mes joies

Tissant des horizons où parfois

J’entrevois

Des terres d’asile sucrées

Au parfum de vanille

Et d’arbres échevelés par

Des tempêtes douces

Des mots comme des ancres

Au port de mon cœur

Jouant à m’amarrer

Au pays de cocagne

Bateau bercé de tout

Et qui attend en vain

Le cri des alizées

Dans les vergues sauvages

Des mots qui me ligotent

Et qui me laissent nue

Quand ce manteau si doux

Glisse de mes épaules

Ô puissance ! Ô vertige !

Qui lentement déposent

Leurs  strates d’amour fou

Dans ma tête rebelle

Et baptisent  ma peau

D’un  sceau sauvage et cru !

 

Par Phédrienne - Publié dans : Poésies
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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /2010 08:57

Je ne sais pas si vous l’avez noté mais l’environnement nature de notre région est en train de changer. Certains abords des lacs et plans d’eau sont dangereusement agressés par le béton qui vient en grignoter les rives, dans le but non louable d’aménager des promenades pratiques au chaland, qui pourra ainsi sans fatigue amener sa voiture au plus près en malmenant davantage l’éco système ; Il en est ainsi à Miribel où plusieurs plans d’eau sont environnés de chantiers et d’engins, et au Grand large où un magnifique nid de castors est menacé par de gros tractopelles. Il y a peu de parutions et d’infos sur ces plans décidés unilatéralement par nos édiles dans un souci de gain évident, d’amélioration d’un tourisme consumériste et créateur peut être de quelques emplois, mais à quel prix !!! Dans ces lieux préservés, et pourtant  soi disant protégés par des arrêtés préfectoraux, vivent des hérons cendrés, des guêpiers, des verdiers, des pics verts, des rapaces, des castors, des myriades de papillons et de libellules, et de fragiles orchidées. Comment imaginer que cet équilibre ne sera pas menacé par une invasion pléthorique et sans soin ?

La nature s’apprend surtout en marchant, en crapahutant dans les hautes herbes sans souci  de s’y frotter, en transpirant l’été et en grelottant l’hiver si besoin est dans des chemins un peu boueux mais révélateurs de beauté, d’une sauvage réalité qui nous ramène à une vision autre. Elle s’apprend par la patience, l’écoute, l’approche lente d’animaux qui ne peuvent plus guère nous faire confiance pour les laisser tranquilles…..elle se donne tant, et nous, photographes en tous genres et amateurs de ces richesses, nous sommes au premier rang pour la goûter, et devrions l’être aussi pour la défendre. Or, il n’en est rien !!!! Partout en France, la nature se parque et s’enferme derrière des clôtures et des murs et ne vit plus que par itinéraires autorisés, comme si nous étions devenus d’immatures enfants incapables de nous conduire en hommes ! Incapables par ignorance et par paresse de proposer d’autres alternatives et de montrer une autre voie à nos enfants…..et pas une voix ne s’élève contre cela, le tout étant accepté et vécu dans une forme de mollesse et pire, d’indifférence.

Je prétends moi en toute simplicité mais en ardent engagement que le photographe ne peut pas n'être qu’un  témoin passif, agir comme un négatif qui se contenterait de révéler à la lumière une beauté, un témoignage d’un existant. Parce qu’il se déplace, cherche, fouille, erre pendant des heures le réflex à la main, il est en avant poste pour regarder, comprendre  et pourrait être le porte drapeau d’un refus, d’une autre proposition, une voix alternative à ce gâchis constant….. qui grignote peu à peu les départements autour et n’épargnera pas grand-chose si nous ne faisons rien.

Voilà ce que je voulais soumettre à vos avis et réflexions, vous, compères photographes qui avez chacun votre sensibilité et votre approche personnelle.

 

Par Phédrienne - Publié dans : L'anti oeil du photographe
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