Parfois, j’ai l’impression de marcher dans un désert,

La rue se vide peu à peu de ses marcheurs, de ses voitures

Les maisons se noient en fondu enchaînés,

Et je suis sur des dunes brûlantes,

Cherchant les lignes d’horizon,

Sans vraiment les trouver,

Il me parait souvent

Que tous courent vers un lieu,

Un endroit défini où ils savent

Quoi faire,

Moi, je cherche encore et toujours,

L’endroit, le mot, et la lumière,

Je crois que je chercherais toujours,

Eternelle errante qui ne trouve,

Pas sa voix, ni ses voies, et se perd,

Dans les couleurs, les sons, les sensations.

Parfois, je trouve ce reflet de mon cœur qui bat fort,

Et pendant un instant, c’est tellement chaud,

Tellement pulsatile, vibrant,

Que je deviens géante, démiurge,

Ivre !!!!!

Volatile et troublant, cette écharpe de soie

M’habille un instant, et puis repart

Sur les ailes du vent, mais,

Pour cet instant là, fugitif et captieux,

Je pourrais me damner, ….juste un peu …. !

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feuille-creme.jpg

J’écris

Avec la crème de mes mots aigre et sucrée

Avec au ventre une peur arrachée

Celle de ne pas être aimée

Comprise, regardée

J’écris

Pour que le sens fugitivement s’échappe

Et trace une route en linéaments

Pour que des éclats de vérité s’en échappent

Comme des pointes de diamants

J’écris

Pour que la vie s’insuffle et se lève

Pour que ma vie soit comme un torrent

J’écris

Comme les fleurs poussent sans rêves

Portées par la ligne des temps

J’écris

C’est la demeure où je me terre

Ma maison de murs si blancs

Les racines qui me soulèvent,

Cet arbre où je ris si souvent….


Publié dans : Poésies
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cannes.jpgNon linéaire, ni technique, récit d'une journée de chaleur et de rêve au bord de l’eau. Les roselières frissonnent sous le vent, des cygnes paresseux tracent une longue ligne fluide,  et au-dessus de nos têtes un milan dessine ses cercles de chasseur attentif. L’eau est calme, à peine quelques sillons de bulles éphémères et capricieux. Nous ne sommes pas venus tôt, avons attendu paresseusement que le soleil soit haut, chaud, avons posé notre matériel calmement. Le lieu est désert, à part un couple qui pratique le bâton et le sabre, lui enseignant, elle recevant, un clin d’œil amusant à des pratiques familières…pour l’un d’entre nous tout au moins !!!!!

Comme d’habitude, je regarde les gestes de mon compagnon, sa précision, sa concentration extrême qui dresse une crête de sourcils attentifs sur son front. A ces moments là, je n’existe plus et me dois de garder le silence ! J’essaie d’aider néanmoins, rompt l’automatisme de ses gestes par quelques questions timides, me recule quand il place ses cannes, admire l’ellipse de la ligne zébrant le ciel jusqu’à l’eau, qui a dit que le geste du pêcheur n’est pas auguste ?

Le temps s’écoule, je musarde un peu, le réflex autour du cou, que j’ai doté de bagues allonges qui me permettent, vautrée dans l’herbe, de capter les premières fleurs minuscules du printemps. Pour peu de temps ! Car je préfère, moi l’hyperactive, rester calme et silencieuse, assise et regarder, sentir, prendre le calme olympien de ces lieux.

L’après-midi s’étire, le soleil est brûlant, des promeneurs bavards s’agglutinent non loin, un couple d’amoureux a peine à rester sage, et je surveille du coin de l’œil, toujours taquine, les manœuvres de  séduction rapprochée du jeune homme qui joue du torse et de la prunelle !!!

Et soudain …………….le bip salvateur ! Mon compagnon saute sur la canne, ferre, sait immédiatement qu’il s’agit d’un gros poisson, et sans hésiter me hèle :

Viens, prends !

Rapidement, il guide mes doigts, ma position, m’incite à sentir, m’apprend. La canne calée sur la cuisse, je suis gauche !!!! Mais apprends lentement à faire venir la carpe vers moi, sens ce poids trépidant, cette force qui fait vibrer la canne, se répercute dans mes bras, me fait battre le cœur ; Elle remonte à l’eau, je la vois ! Son dos, sa queue, ses écailles magnifiques battent l’air fougueusement et je sens une émotion incroyable monter en moi, me mettant presque les larmes aux yeux !

Elle se rapproche ! Mais, dangereusement, file vers les hautes herbes qui sont sur ma gauche et je crains par une maladresse et mon ignorance de faire casser la ligne et de provoquer la fuite de cette toute première prise de la saison. Puis, l’honneur de cette capture lui revient, à lui dont c’est la passion première et qui est si proche de ce milieu, si amoureux de cela . Aussi, rapidement, je lui cède la place et regarde fascinée, la magnifique demoiselle venir docilement cette fois dans l’épuisette !


carpe.jpg


La surprise est de taille, 19 kilos au peson ! Mais, ce n’est pas cela que je regarde ! Pas cela, mais l’extrême joliesse de ses formes, de sa robe irisée de nacre, de rose, d’or et de bronze, la délicatesse de ses nageoires et la douceur de cet œil rond posé contre le filet…..je la caresse, je voudrais pouvoir lui dire merci, je voudrais la porter mais ne saurais pas la prendre, ai peur de faire mal encore, j’ai tant de respect pour le vivant ! Alors je me contente de la caresser, de la sentir, avant de faire les photos attendues, et la regarde ensuite repartir à l’eau, vive et désorientée, comme on regarde partir un rêve !!!!!

Merci à mon amour pour ce cadeau sans prix………..

 

 

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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bulles-carpees.jpg

Clin d’œil souriant

Aux facétieux pêcheurs

Qui sont venus sur ces pages,

Cette vision bulleuse

D’un univers caché,

Où le petit rejoint le grand…. !

Enfouies au cœur de l’herbe,

Ces perles de rosée,

Capturant la lumière,

De cette folle journée,

Incitent l’œil à regarder !

Savoir réinventer le monde,

Où l’eau et l’herbe se marient,

Goûter la saveur des choses ...

Et repenser Dame nature

A la faveur de ces atours

Bien plus riches qu’on ne le croit

Toujours…. !


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r-serve-pour-textes-6125.JPG

J’ai marché sous la pluie,

Cet après midi sans soleil,

J’ai marché sous la pluie,

Et rien n‘était pareil ....


Dans ma tête heurtée,

Un monde chaotique,

Des pensées mécaniques,

Une envie d’être ailleurs ...


Alors,


J’ai marché parmi les fleurs,

Une pluie fine comme une promesse,

Couchait sur mes joues

Ses perles douces,

Je pensais à la folie,

Qui m‘avait habitée,

A ces châteaux de sable,

Que mes envies hantaient,

Qu’elles étaient belles alors,

Dans leurs habits dorés !


Sous mes mains, les pétales
,

Etaient comme des peaux,

Douces, fragiles et laiteuses,

Sensibles à ma caresse,

Comme moi, prisonnières,

De cette pluie d’ivresse,

Comme moi, rêvant,

A des horizons blancs,

Bateau hissant ses couleurs,

Dans un océan de blancheur,

Et le parfum violent de la mer,

M’a envahi soudainement.....

Je suis un marin perdu,

Qui connait la valeur de l’attente,

Et qui croit,  qu’il y aura, encore,

Cette ombre vive,

Sur un quai,

Qui fait tant battre son cœur…..

Publié dans : Poésies
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