Il y a quelque chose qui me travaille, qui me taquine le bulbe rachidien, qui me tournicote les neurones. Ca me chatouille,
gratouille, démange.
Je voyage au fil de la toile, de moins en moins il
est vrai, non par manque de curiosité mais par insatisfaction et je découvre avec stupeur le reflet relatif de ce que je vois dans l’urbanisme de ma
ville.
La toile est présentée comme un réseau de liberté,
une vastitude sans lois, sans frontières. Et pourtant, à y bien réfléchir, on y retrouve le panurgisme qui conduit les gens, en dehors des conditions
évidentes d’argent et d’accès, à se regrouper par ethnies, races etc….
Sur la toile, au fil des ans, se sont constitués des
forums, des réseaux, censés faire du lien, mais qui s’architecturent peu à peu comme des quartiers, des blocs d’immeubles, où au final, les gens et les genres se mélangent de moins en
moins ; Ainsi en est-il des communautés de bloggeurs, des groupes qui rassemblent des gens partageant les mêmes passions ou hobbys, les mêmes intérêts et des opinions identiques ; quand
ce ne sont pas les professions, les pratiques qui les relient. On se parle entre soi et pour soi de ce qu’on connait et fait tous les
jours !
Rien de plus normal me direz-vous, oui, mais après ? Où résident la curiosité, l’écoute à l’autre, la découverte quand on
ressasse les mêmes concepts à longueurs de posts et de textes, de discussions qui s’étiolent autour des mêmes arguments ? Où se trouvent alors les portes qui peuvent mener à d’autres
univers, nourrir, étonner, amuser, enchanter que sais-je ?
Cette forme de communautarisme qui ne se montre pas ouvertement, qui est si insidieuse, me fait peur ! J’y sens une entrave à mes
chevilles, des chaines à mes poignets, un boulet à la pensée !
Mais aussi l’ennui qui me gagne quand on me propose le même plat jour après jour….. ! La vie est mouvement, pas seulement ce
tourbillon des jours, qui pour beaucoup ne tourbillonnent pas mais avancent à petits pas serrés, usés. Et le mouvement est la « chaussure » de l’esprit en marche permanente, en
recherche constante, en apprentissage de saveurs, d’idées, d’impressions…. Ce qui peut se faire difficilement quand on s’étiquette, se cloisonne dans un ou des tiroirs de cette gigantesque
armoire « nettiforme » !!!!!!!!
Vous me suivez ?
Il flotte dans l’air malgré le froid les prémisses du printemps ! Le temps mythique des révolutions, de la dynamique, de la vie
qui renait !
Et si on se faisait libres de tout cela, hum ? Qu’en pensez-vous ?
A vous la parole !