alien-.jpg

Il y avait cet alien végétal brillant de milles feux dans la lumière. 

Dans ce bleu transparent coupant comme du verre.

Le froid mordait les joues, comme il colorait de rouge le visage de cette mariée oubliée, trônant dans une robe pagode rigide et ruchetée. Elle devait avoir froid, geler de l’intérieur.  Se pouvait-il que cette journée particulière puisse en elle racheter tout ce froid ?

Dans les poches de mon jean, mes mains se serraient sèches et brûlées. A mon cou, le réflex, comme un bijou de poids, oscillait en silence au rythme de ma marche. Des trouées de lumière, des fulgurances fauves éclataient sur des feuilles épargnées par le vent. Les oiseaux traçaient un sillage blanc dans le bleu pur et incandescent du ciel.

Il me fallait respirer ! Respirer ! Oublier le dedans et le calfeutrage des jours, du quotidien larvant de sa patine un enthousiasme, une chaleur. Echo de mon besoin criant d’espace, le froid me rendait vivante, me faisant sentir mon corps dans ses plus petits atomes,  il me faisait vierge de tout, lisse, fraiche, neuve  à la vie et  sa morsure d’amant captieux me transportait d’infini…

Le soleil vautré un instant dans des nuages édredonnés, de ce blanc écumeux de toiles de maitre, a glissé sans à coup du côté de la nuit, pendant que sous mes pieds, le sol gelé et dur résonnait comme un tambour africain, mélange de nuits et d’horizons où les océans se rejoignent, où le volcan s’éteint à la banquise, pendant que mes rêves décollent….



Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Regardé hier sur Canal Plus, dans un talk shaw (oui ça m’arrive, rarement) une présence sympathique et sincère, tranchant d’ailleurs sur la troupe navrante qui l‘avait précédé : Nicolas Bouvier.

L’homme , venu parler de son dernier film, loup, s’est longuement exprimé sur ses voyages, dont un au pays des Evene ; expliquant qu’il s’y était immergé pendant une année, et avait été adopté par la communauté, avait vécu comme l’un d’entre eux, était considéré comme eux. Bien sur, il ne convient sans doute pas  de prendre à la lettre cette transmutation symbolique de vie. Mais ses mots m’ont interpellée, faisant écho en moi à d’innombrables lectures et questionnements sur ce qui fonde l’identité d’un être, ses racines. Sur ce malaise sociétal généralisé qui nous fait lorgner du côté des peuples restés fidèles à un mode de vie ancestral, non civilisé, et qui nous apparait comme un âge d’or mythifié, et une seule planche de salut.

Bien sur, je partage en un sens ce malaise, étant comme vous tous, née par hasard dans un milieu qui peut-être et même surement n’aurait en aucun cas été celui que j’aurais choisi librement ; ma révolte adolescente à cet  égard a atteint des extrêmes qui n’ont pas leur place ici. Mais, le travail de la pensée, la maturation des idées, m’a éloignée de ces dérives qui au final poussent un homme à se libérer d’une prison mentale, de racines culturelles lourdes et contraignantes pour s’en forger une autre. Les mots ne sont jamais vains ; Ils recouvrent à leur manière une réalité qui n’a rien de virtuel. Quand on vous pousse à vous initier à un autre mode de vie, à renaitre de façon symbolique dans une autre peau, ce qui existe de tous temps et en toutes sociétés, nos civilisations ne font pas autre chose par le baptême), c’est votre intégrité mentale, votre coque intime qui est visée.  Et pas autre chose ! S’y soustraire fait de vous un étranger qui à jamais restera à la porte d’un monde.

Et pourtant, c’est un chemin que moi, je ne veux jamais prendre, préférant me profiler en citoyenne du monde, sans lorgner vers un eldorado, qui à mon sens ne peut être trouvé qu’en soi. Peut-être cela veut-t'il dire simplement qu’un homme reste un produit de culture, un être profondément civilisationnel, qui ne peut inscrire son identité en dehors d’une communauté choisie ou non, je ne sais.

Je l’ai déjà écrit ici, je préfère quant à moi, être comme Rimbaud un être aux semelles de vent, à chacun son rêve…... !

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dans ma ville blanche, le silence épais

Couvre le dimanche, étaie,

Le ciel bas qui s’appuie de toutes ses forces

Sur les fleuves assoupis à la robe grise,

Et leur flot lent lèche les quais déserts,

Comme un animal affamé.

Du toit des maisons embuées et closes,

Sortent des volutes de fumée,

Cocons claquemurés, étranges,

A mon besoin de liberté.

J’aime ce froid dense et  sauvage

Qui dénude les coins des rues,

Fendille les pierres et dérange,

La tiédeur des vies citadines

Comme toujours, j’ y marche seule,

Le front haut et le regard levé

Cherchant le vol serré des anges,

Et leurs ailes de sérénité….

Publié dans : Poésies
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Les forums sont un lieu de dérapage verbal intéressant. Comme « l’ennemi » potentiel, c'est à dire celui qui est d'un avis opposé,  ne vous fait pas face, il est facile de monter le ton et de tomber dans l’invective, la calomnie et les insultes sans autre forme  de procès. Je n’ai encore jamais pu lire un débat sur un sujet quelconque sans que ce travers ne se montre. Celui qui n’est pas d’accord avec vous entrant forcément dans la catégorie des imbéciles et des intolérants.   

Cela pourrait donner lieu à des joutes verbales intéressantes du point de vue langagier, où une ironie voltairienne redonnerait du souffle et de la grâce à ces tirs d’artillerie lourde ! Mais non ! La grosse Bertha est l’arme préférée des internautes et les modérateurs ne sont hélas pas les derniers à en user, jugeant à tort que celui qui crie le plus fort a raison.

Les parents le savent bien : l’autorité et la pertinence ne s’assoient pas en face de leur progéniture par des hurlements qui ne révèlent à l’enfant que l’incapacité notoire de l’adulte qui leur fait face à être convaincant !

La politique nous le montre aussi ! Les débats et tables rondes où les insultes volent bas décrédibilisent à jamais nos élus qui dès lors deviennent des croquignol et méritent leur face de guignol dans l’émission du même nom.

Il serait bon que nous ayons cela en mémoire quand le clavier nous démange à la moindre contradiction , avant que de tomber dans ces excès qui donnent de notre égo et de nos moyens une si piteuse figure ! Il serait bon aussi que les « modos » qui sont plutôt des « grosso » en l’occurrence, s’essaient à regarder dans les dictionnaires le sens littéral de ce joli mot, modération : se contenir, garder la juste mesure des choses ….. !!!

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

coucher-de-soleil.jpg

« As-tu déjà ressenti, juste un moment, cet étrange sentiment fulgurant qui tout-à-coup te saisit devant quelque chose auquel tu ne t’attendais pas ? "

La question est sérieuse, et l’air de mon interlocuteur, rêveur. Devant la table de travail où nous essayons de scénariser une histoire, je le regarde. Nous  nous connaissons à peine, la recherche photographique étant le seul lien qui nous réunit de façon éphémère. Je ne saurais donc lui exprimer combien je comprends ce qu’il veut me dire !!!

Ces instants suspendus, où marchant à l’aveugle dans un lieu quelconque, nous sommes soudainement saisis par une beauté inattendue, ce pincement de l’âme qui alors vous arrête en pleine action, vous fige au bord de l’eau, la tête basculée vers le ciel, le regard suspendu à une ombre lumineuse, à un rai de soleil traversant des branchages et qui vous parcourt comme une onde !

Souvent, il est impossible d’attraper cet instant, de le cristalliser en une image, un cliché qui ne sera qu‘un reflet pâle de ce qu’on a senti, et qu’on essaie pourtant de partager…..illusion douce …

Ainsi en est-il de cette image-ci, ce bref instant précédent la chute du soleil dans les ondes figées du lac et qui a embrasé le décor semi-naturel, semi-urbain de ce flamboiement rouge, incendie bref qui a arrêté le temps ….. !

Publié dans : L'anti oeil du photographe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés