Les grecs avaient tout compris sans doute, qui inventèrent la tragédie, pièces qui devaient selon leurs auteurs inspirer la terreur et la pitié. Enfermés dans leur destin funestement tricoté par des Parthes maléfiques, les héros nobles et non vertueux avançaient vers leur chute inéluctable, pendant que se déclenchait une implacable machinerie dont chaque rouage amorçait leur déclin. Les Sophocle, Euripide et autres Eschyle ont fait place à des auteurs plus mornes ; politiques, économistes, communicateurs, journalistes, nous tissent au jour le jour une bien vilaine toile, où les possibles semblent, comme au sortir d’une bouche d’entonnoir, se rétrécir au fur et à mesure.
A la différence près que leur verbe est plat, morne, répétitif, usé de poncifs jusqu’à la corde. Il y manque au moins la flamboyance et la chair, et en plus de nous prendre pour des imbéciles, ils ne contentent pas même le goût du verbe et de l’éloquence…..
Pis, l’homme moderne doit se contenter aujourd’hui de voir le bel élan de sa vie menacé par les foudres du chômage, de la crise, du désastre écologique et summum de la cruauté du sort, de la grippe porcine !!!
Passant de Rodrigue à Monsieur Bidochon, d’Hyppolite aux Deschiens, il fait aujourd’hui une assez piètre figure, bien peu propice à exciter l’imagination….Mais bon, je fais partie des irréductibles, qui continuent de voir sous ce masque triste et plat, des profils plus impétueux, et à préférer à cette prose insipide et mensongère le pouvoir de l’esprit, ambitieux, batailleur, volubile et passionné…et vous ?
A vous la parole !