Les grecs avaient tout compris sans doute, qui inventèrent la tragédie, pièces qui devaient selon leurs auteurs inspirer  la terreur et la pitié. Enfermés dans leur destin funestement tricoté par des Parthes maléfiques, les héros nobles et non vertueux avançaient vers leur chute inéluctable, pendant que se déclenchait une implacable machinerie dont chaque rouage amorçait leur déclin.  Les Sophocle, Euripide et autres Eschyle ont fait place à des auteurs plus mornes ; politiques, économistes, communicateurs, journalistes, nous tissent  au jour le jour une bien vilaine toile, où les possibles semblent, comme au sortir d’une bouche d’entonnoir, se rétrécir au fur et à mesure.

A la différence près que leur verbe est plat, morne, répétitif, usé de poncifs jusqu’à la corde. Il y manque au moins la flamboyance et la chair, et en plus de nous prendre pour des imbéciles, ils ne contentent pas même le goût du verbe et de l’éloquence…..

Pis, l’homme moderne doit se contenter aujourd’hui de voir le bel élan de sa vie menacé par les foudres du chômage, de la crise, du désastre écologique et summum de la cruauté du sort, de la grippe porcine !!!

Passant de Rodrigue à Monsieur Bidochon, d’Hyppolite aux Deschiens, il fait aujourd’hui une assez piètre figure, bien peu propice à exciter l’imagination….Mais bon, je fais partie des irréductibles, qui continuent de voir sous ce masque triste et plat, des profils plus impétueux, et à préférer à cette prose insipide et mensongère le pouvoir de l’esprit, ambitieux, batailleur, volubile et passionné…et vous ?

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Cet œil me tourmente un peu,

Et cette trompe avide

De pomper le nectar,

De téter le suc

Dans une succion fébrile !

 

Ô que je voyais doux

Ces insectes divins,

Dont les belles écailles

Dessinent des vitraux,

Eclats d’ailes teintés,

Dans la lumière des soirs,

Et chevauchant les fleurs

Dans un tourbillon d’air

 

Mais, je me sens fragile

Fleur invitant à cœur

Ces chevaliers gourmands

A se poser, volages

Sur mon cœur impétueux

Que je leur donne en gage….. !

Publié dans : L'anti oeil du photographe
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Ca rayonne dehors

De l’or des automnes

En rayons obliques et croisés

Ca frissonne de cet air

Impalpable et humide

Qui fait monter

Les odeurs de terre mouillée

Appel des champs à peine labourés

De l’herbe qui ne sèche pas

Des pas qui s’enfoncent

Dans les brouillards givrés

De l’aube qui tarde à se lever

Comme une belle paresseuse

Qui se fait un peu prier

Ca rayonne dehors

Et pose en nostalgie

Cette envie de partir

Sous d’autres cieux

De découvrir un peu

Le feu de la terre

Et la couleur des eaux

Des rivières

Et ce feu qu’on allume

Pour se chauffer un peu

Les mains engourdies de froid

Quand l’automne doucement

Vous rattrape peu à peu

Et vous parle, tout bas….

Publié dans : Poésies
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Très profondément je m’interroge aujourd’hui sur la réelle qualité émotionnelle de l’être humain ; Sur sa capacité si restreinte à projeter, à sentir ce qui émane d’autrui. Est-ce pour éviter le syndrome de La maladie de Sachs, si habilement décrit par Martin Winckler ? Pour se protéger soi,  doit-on se retrancher derrière un rempart égoïste, qui vous fait accepter sans broncher la narration de maintes horreurs, pourvu qu’elles ne soient pas perpétrées sur vos proches ?

D’où vient cette fameuse loi de proximité, si journalistiquement exploitable, qui permet de quasiment se réjouir, se repaître avec curiosité des catastrophes planétaires, séismes, guerres et autres faits qui habitent certains quotidiens, mais aussi de la maladie, du chômage ou autre plaie rongeuse qui font de votre voisin un animal de laboratoire si intéressant à regarder, qui ne vous émeut pas,  et sur lequel on soliloque, sans compréhension ni respect.

Question rudimentaire me direz- vous, et pourtant ce n’est pas le point de vue moral qui m’interpelle. Mais, plus complètement, la certitude qu’on ne peut rien dissocier chez l’homme, que son intelligence, son adaptation, sa créativité puisent au cœur de ses émotions et ressentis intimes, que ce compartimentage observé chez certains, qu’il soit ou non volontaire ou conscient,  est la porte d’entrée de ce qui autorise à faire mal à son prochain, à être dur, injuste, intolérant, à tout ce qui n’est pas soi.

C’est pour cela que, sans jugement, en me mettant moi aussi dans cette balance commune, je voudrais comprendre, entrer dans ce bastion humain si compact, retranché parfois, accéder à une forme de conscience. Pouvoir me dire devant chaque être humain qu’il est aussi proche de moi que moi- même ; qu’il compte autant…

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Regarde-la

Cette fleur douce comme toi,

Avec ce cœur timide, fugace

Et docile

Qui se cache et parle si bas

Regarde-la

Sans doute ne te touche-t’elle pas

Ses secrets bien cachés

A l’ombre de sa chevelure

De pétales moirés

Où la main ne s’égare pas

Regarde-la

Ivoirée et crémeuse

Velouté de satin

Sa beauté ténébreuse

S’apprend à petits pas

Elle se terre et se tait

Elle n’ose pas…

Publié dans : Poésies
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