Ploie mon corps, torsion magique,
Je tends ma jambe de soie,
Mon talon pivote et te pique,
Serpent de désir, tu le vois…
Longue silhouette lamée
De rouge espagnol chamarrée,
Je tends ma gorge éplorée
Le cri de la lune me noie.
Nuit longue, épaisse
Comme un regard,
Enlace-moi dans ce tango,
Je crie, j’appelle, je désespère
Dans ce funeste lamento.
Plie mon corps, offre-toi !
Sous le bandonéon qui brise,
Une à une ses notes de foi
Dans le crépuscule qui m‘attise.
Prends dans mes yeux ce reflet noir,
Désespoir nu qui ensorcèle
Ces pas glissés sur le trottoir
Comme un amour qui s’achève….
A vous la parole !