Ploie mon corps, torsion magique,

Je tends ma jambe de soie,

Mon talon pivote et te pique,

Serpent de désir, tu le vois…


Longue silhouette lamée

De rouge espagnol chamarrée,

Je tends ma gorge éplorée

Le cri de la lune me noie.
 

Nuit longue, épaisse

Comme un regard,

Enlace-moi dans ce tango,

Je crie, j’appelle, je désespère

Dans ce funeste lamento.
 

Plie mon corps, offre-toi !

Sous le bandonéon qui brise,

Une à une ses notes de foi

Dans le crépuscule qui m‘attise.
 

Prends dans mes yeux ce reflet noir,

Désespoir nu qui ensorcèle

Ces pas glissés sur le trottoir

Comme un amour qui s’achève….


Publié dans : Poésies
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Nancy Huston est une femme de courage et d’intelligence. Dans son essai, l’espèce fabulatrice, elle s’attaque au cœur de ce qu’est l’espèce humaine, qui s’invente et existe par les mots, autrement dit la fiction.

Avec des exemples concrets portant sur la généalogie, la transmission du nom, l’histoire au sens large, Nancy démontre brillamment que l’homme doit sa spécificité mais aussi sa perdurance dans l’histoire de la vie, par sa capacité à imaginer sa vie et non à la vivre comme les autres animaux, en n'ayant conscience ni de son identité ni de sa prochaine disparition.

L’homme selon Nancy est hanté par la perspective de sa fin ; Il sait qu’il est voué à mourir, d’où l’urgence de mettre autour de cette vérité là, incontournable et irrecevable, un sens, une légitimité qui redonne espoir, qui mette en perspective aussi.

Notre existence ne possède aucun sens en soi, c’est nous qui le créons lorsque nous racontons à nos enfants l’histoire de leur famille, transposée et réinventée sans que nous en ayons conscience. Lorsque nous nous appuyons sur notre patrimoine culturel et historique présenté comme factuel et qui n’est qu’une gigantesque interprétation du réel.  

Avec lucidité, humour et une grande finesse, Nancy démontre aussi que ce qui pourrait apparaitre comme une faiblesse, une incapacité est ce qui donne à l’humain sa force de vie. Sans cette aptitude narrative merveilleuse, l’homme aurait été voué à disparaitre comme d’autres espèces avant lui. Le plus de ce livre concis et brillant, qui se dévore ? la grande leçon de tolérance qui transparait en filigrane des mots et qui incite à dépasser intelligemment les clivages raciaux sociaux et les conflits ethniques…..un petit livre qui est un grand livre !



Nancy Huston - L'espèce fabulatrice - Actes Sud
Publié dans : Carnet de lecture
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Je ne suis pas sereine,

O toi que j’aime

Au-dessus des lois et des gens !

J’ai dans mon cœur

Que ça malmène,

Des ailes d’or et de diamant,

Qui capturent, entravent et libèrent,

Les mille chevaux de la vie.

Dans leur galop violent et fier,

Je donne la trame de ma vie.

Captive, je suis forte et pérenne

Dans le dessin de mes passions

Ô que rien ne me libère

Et m’enchaine

A un quotidien

Morne et lent !

Je me veux vivante,

Plutôt que sereine,

Je me veux vraie

Comme un feu ardent….

 

 

 

 

Publié dans : Odes à lui...
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Il était une fois une histoire d’amour…

Un chemin gris….une vie accomplie dans les ornières du temps,

Et puis….passage des ondes, voix portée par le vent,

Qui murmure des promesses et vous redonne vie

Un regard, des mains,

Un anneau offert, une cathédrale blanche

Des trains qui vous portent dans la nuit

L’aventure au bout de votre cœur

Et ce tout qui devient possible

Tout détruire, tout donner,

Laisser battre son sang

Laisser monter en vous cet appel dément

Qui vous défait de toutes chaines….

 

Ces heures juchées au creux de la nuit

Ces attentes où votre corps se plie

Ce besoin ventral d’être là

De sentir son pas venir

Cet impérieux désir

Qui balaie tout, qui couche tout

Cet océan de choses nues

Qui vous habillent de jeunesse

Et qui vous tuent et qui vous couchent

Dans une terreur farouche

Quant tout à coup il n’est plus là….

 

Il était une fois…..

Publié dans : Odes à lui...
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Depuis plusieurs jours, j’ai posé le réflex….il dort sagement dans son sac. La fièvre qui me tient depuis des mois en traque d’images s’est couchée comme une flamme giflée d’eau. Pourquoi ? Je ne le sais pas ! Ais-je saturé un œil fatigué, avide de découvrir d’autres paysages ? Le petit déclic intérieur qui agit justement comme un troisième œil, calculant la lumière, l’angle, dessinant tout à coup un paysage autre à partir d’un instantané de vue ne fonctionne plus. En fait, il se passe semble-t’il, la même panne d’inspiration qui torture parfois l’écrivain devant sa page blanche.

Une impression de vacuité soudaine, comme si la base sensorielle était anesthésiée, n’enregistrait plus. Ca me fait drôle je vous l’assure, moi qui était prête à me lever au cœur de la nuit pour prendre une lumière, surprendre le visage de la terre à son lever comme on réveille une femme endormie !

Peut-être dois–je moi être séduite ? Reprendre avec ce qui m’entoure cette lente liaison amoureuse qui vous rend captatrice des choses cachées, invisibles au reste des passants ? Je ne sais pas....et j’attends que tout se réveille….

Publié dans : L'anti oeil du photographe
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