Quelquefois, je me demande ce qui au final compte absolument pour les humains. Ce qui les pousserait dans leurs retranchements ultimes, ce qu’ils ne sauraient endurer sans exploser dans leur esprit. Quelquefois, je m’interroge sur la solidité et la recevabilité de ce que nous sentons. Est-ce que c’est réel, tangible, est-ce que ce n’est pas un vernis, une surface tendue sur un inconnu plus ou moins assumé, plus ou moins brillant. Je regarde vivre autour de moi, ce ballet relationnel qui me lasse tant, ces faux semblants, cette mécanique du dire et du rire qui au fond ne repose sur rien. Je me dis que nous sommes dotés d’un outil formidable, le langage, celui du corps et les mots, et que la plupart du temps nous en faisons des baudruches pleines de vide, des bulles creuses, pourquoi ?
On pourrait avec ça bâtir des châteaux pour peu que l’on soit vrais, mûs par un désir authentique d’altérité, pour peu que l’on sache vraiment s’engager….mais au final, est–ce que ce n’est pas qu’un manteau, que nous posons sur nos épaules car nous ne savons pas être tout nus, être nous, s’affronter à l’autre et à soi-même sans hésitation et sans peur, un peu comme si nous essayions d’être des anges au-dessus de tout….moitié enfant moitié adulte, mi féminin mi masculin, et ne sachant pas dessiner un cercle complet, choisir….
Quelquefois je me demande, si il y a dans tout ça au moins un petit bout de vrai, une chair, une densité palpable, quelque chose qui ne vous échappe pas. Ca pourrait au moins être un beau rêve !
A vous la parole !