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Je n'aime pas les dimanches et leur temps suspendu

ces heures lentes passées à la couleur d'ennui

ces vitrines qui baillent à devanture fermée

et ces passants qui passent sans jamais regarder

 

Je suis comme les chats qui tôt matin levé

viennent muser au vent des aubes qui se lèvent

prendre la vie courant à fleur de pavés

impatients de chasser les images des rêves

 

 

je n'aime pas les Dimanche à relents de gâteaux

de familles assemblées en ripailles massives

de promenades obligées frileuses sous les manteaux

de temps donné au temps volatile et morose

 

Je rêverai d'un temps qui n'aurait pas de nom

où la nuit sans parler remplacerait le jour

où pieds nus dans la neige on se ferait l'amour

aux heures nées et à naitre juste comme on le veut....

 

 

 

 

 

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Petite, je parlais à des bouquets de fleurs
tendues dans le silence d'une brise d'été,

elles avaient le pouvoir de leurs têtes inclinées

qui n'abdiquaient jamais sous le vent et la pluie,

et moi, je regardais ces humains, souvent gris

que la vie couchait comme des fétus de paille

et je ne voulais pas y croire,

Moi, je n'ai pas grandi, dans mon âme, tapie

ce petit coin d'enfance est à jamais assis,

ce regard immobile ardent et qui attend

que s élève le chant des coeurs,

cette confiance des enfants

qui attendent, debout que le monde se donne

et puis, j'ai dans la poitrine un caillou,

un noyau dur qui pèse et me dit

que je suis vivante jusque dans ma douleur,

que je crie jusque dans les couleurs

apportées par mes images et mes mots,

moi qui ne voulais que la pourpre et que l'or

et puis le blanc vierge de tout,

moi qui ouvre mon âme à toutes les saveurs

et ne sait plus fermer mes sens

en proie à toutes les faims du monde,

à jamais ,la vie me donne le vertige,

assise sur ce fil tendu sur les absences,

assise sur ce fil rompu par les silences,

je n'ai pas d'oraison autre

que le chant de mon coeur......

 

 

 

 

 

 

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Elle me semblait si familière cette main, posée parfois une heure entière comme une feuille abandonnée, sur une jambe délaissée, et puis, prenant son envol pour dessiner des arabesques qui soulignent une note plus haute dans un mot donné à l'autre, une réflexion, une stance, une musique de la voix, lorsqu'elle cherche à percer le coeur, à atteindre cet endroit secret et intime de l'autre, là où ça touche, là où ça pleure, la ou ça sourit de douceur, où c'est ému;

Lorsque la main s'élève pour aller à la rencontre d'un visage aimé et dessiner du bout des doigts cet ovale qui vous prend le coeur, cette rondeur au bout des ongles, cette densité de la chair, ce crémeux doux qui vous soulève d'amour et qu'on reconnaitrait meme si on était aveugle, meme s'il ne restait plus que ce sens, le toucher.......

Ces doigts qui s'aggripent aux épaules et puis aussi ces doigts qui prennent un outil, une plume, un crayon et qui tout à coup comme deux êtres devenus libres, se saisissent du monde et vous livrent en une esquisse, en griffures nues sur un papier, en matière brute transformée, un autre monde, une autre terre, un univers décalé où plus rien n'est jamais pareil, un autre souffle qui n'est qu'à vous et qu'on peut livrer sans barrières à l'oeil de l'autre qui est là et qui attend ce don.

Une peinture, une statue, un objet né vivant de ces doigts, démiurges humbles et beaux, ce poème vivant qu'est toute oeuvre crée, donnée; Et puis, ces mains comme deux oiseaux aimants qui s'aventurent et qui frissonnent, sur un corps planète où pourtant tout est inconnu et résonne, à la chaleur d'une caresse, à la soie posée par la peau, parce que si les mots deviennent inutiles, si parfois le regard n'atteint pas le creux de l'âme qu'on veut prendre, alors les mains sont ce langage que l'amour sublime et compose, qu'on reconnaît à fleur de peau et quand enfin le corps marqué par ces mains uniques de l'être aimé, sent ce baptême, cette eau vive, il ne peut plus jamais entendre une autre voix, une autre source, il en est comme tatoué, marqué de ce langage de chair , qui semble éphémère et frivole, où tout pourtant, est incarné..................

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Elle a grandi en toi comme un serpent morose,

s'est faufilée dans les plus petits recoins,

a lêché de sa langue perfide,sinueuse et longue

tout ce qui avait encore un relent de parfum,

j'ai beau tressé, habile, de mes doigts éperdus,

mille tresses d'amour par mes mots soustendues,

elle est plus forte que moi.....

 

Tu aurais pu avoir pour maitresse des femmes

au charme langoureux, aux éphèmeres appâts,

j'aurais pu de leurs langues défaire le verbe tiède,

opposer à leur faim ma pureté pour toi,

mais, devant sa faconde et les liens si serrés

dont elle enserre ton âme, je ne peux que trembler,

je n'ai que mon amour de toi...

 

Pourtant je sais délier de mes promesses douces

les coeurs enchâssés dans les horizons noirs,

et couvrir de mes mains les visages farouches

pour délivrer les mots, les plaintes et les pleurs

briser sur les récifs durs des rêves morts,

les noeuds tortueux et lourds que pose la douleur

je sais cela....

 

Alors, cette maîtresse aux mille visages ingrats,

j'en détruirais le coeur en cent mille éclats,

et s'il faut pour cela en sucer le poison

jusqu'à en recevoir de mortels frissons

pour toi je le ferais, je me battrais pour toi

avec pour seule arme des guirlandes de mots

rien que pour toi....

 

 

 

 

 

 

 

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masque.jpg Rimbaud disait « je est un autre » posant en cela sans le savoir, avec son talent lumineux et fou, l'interrogation majeure de la psychanalyse sur l'être humain. Pourtant, il avait tort le poète aux semelles de vent. Je n'est pas un autre, je est des milliers d'individus se succédant par couches successives dans une seule histoire, Certains ont peu de peaux, peu de costumes de rechange; D'autres sont des caméléons, apposant sur leurs traits une suite de masques rieurs, tristes, affairés, selon la necessité du moment, acteurs chevronnés de leur propre vie, manipulateurs aussi des émotions et de la vie d'autrui, Puis il y a ceux comme moi, qui ne savent pas pourquoi ils changent, ni ce qu'ils sont. Je sais aujourd'hui que ça importe peu, que ça ne change rien, je suis dans tous ces « je » que je ne saisis pas toujours...mais cela m'égare un peu, beaucoup!

 

  

Qui se cache derrière le masque?



La plupart des gens d'ailleurs ne le savent pas , ni ce qu'ils peuvent être, l'homme est en devenir permanent et en refus permanent de ce devenir, pourquoi?

Si je regarde le scénario distordu et complexe de ma vie, je sais et sent que en dépit de toute ma volonté tendue depuis toujours vers un désir de sincérité, de véracité de ma vie, j'ai joué des rôles attendus, autorisés, agrées socialement, a-t'on le choix? Ceux qui font un choix autre sont condamnés à la folie, à la déshérence mentale; les gens qui dorment dans la rue sont à plaindre parce que c'est avant tout leur âme qui erre, ne pouvant s'ancrer à rien, refusant les hâvres convenus qui sécurisent les autres; C'est devant ça qu'on tourne la tête avec écoeurement, nous, les nantis et les policés, cette insupportable douleur qui nous pète à la gueule et nous renvoie à notre propre effroi, aux questions qu'on ne veut surtout pas se poser sur soi.

Et moi, aujourd'hui, je sens et comprends cet appel de la rue comme jamais, ne pouvant plus me retrouver dans un acte de ma vie sans me demander s'il a un sens, s'il a une cohérence, si ce que je vis m'appartient et est ce que je souhaite véritablement; Si ce que je vis est vrai!

je suis un être sans racines, malgré tous ces efforts opérés, poursuivis depuis des années, rien n'a enraciné mon coeur, rine ne m'a construite complètement, c'est ce que je vois depuis plusieurs mois maintenant; Pas même mes enfants! Quelque part, jusque dans cet amour là, j'ai été factice, fragmentée, j'ai été un moi illusoire, sinon, je n'aurais pu les quitter, c'est une évidence. Ma force vient de ce manque là, moi, je n'ai rien à briser, moi, je n'ai rien à perdre, je suis perdue d'office si je puis dire, je suis une plume balayée au vent.

Et cet amour, cet amour qui est venu tendre une corde, la corde manquante, le fil qui n'était pas, lestant tout à coup cet être puissant et volatile, le faisant redescendre sur la terre, atterrir dans un tsunami de sentiments, cet amour, puissant, dévastateur, fondateur, qui a construit et déconstruit sans cesse, imposant un film détourné et fou d'un château sans cesse reconstruit, sans cesse détruit, dans une spirale, est-il vrai, est-il là? Est-ce qu'il n'a pas été le plus beau de mes rêves?

C'est ça qui me donne le vertige, cette sensation parfois de n'être à la terre que dans mes mots, de voir autour de moi tant de fantômes occupés à bâtir une histoire vide, creuse, répétitive, sans fondement autre qu'une continuité biologique, le lignage humain, la transmision génétique d'un silence, d'une vacuité intellectuelle, d'une incapacité à être autre chose qu'un animal intelligent, dressé depuis l'enfance à se comporter comme, à se conformer à.

Ma famille à moi, c'est le monde. Multiple, foisonnant, tous les êtres à égalité de sens et de partage, ceux qui n'ont pas mon sang mais qui ont les mêmes veines que moi, ceux qui ont la même faim issue de cete absence là, l'absence d'un sens, d'une clef de la vie; C'est pour ça que je suis libre comme personne ne l'est peut-être autour de moi, et seule, il ne peut en être autrement, sans entrave morale désormais, juste liée par des fils de coeur à une vie qui n'est pas la mienne et ne le sera jamais. C'est ça, être écrivain, c'est ça être poète, savoir que rien n'est là, que tout est à chercher toujours. C'est pour ça que je ne vieillis pas; les enfants savent cette vérité là, savent ce qui est important, le jeu, la découverte, l'imaginaire et pas ce que les adultes leur demandent. Pas la matérialité lourde et non fondée, tout ce qu'on met autour de nous, tout ce dont on s'entoure pour ne pas voir le vide. Moi, le plein c'est dans ma tête qu'il se bâtit et se défait et renait toujours différent; Le plein essentiel, celui de l'esprit et du corps rassasié d'un bonheur vrai, toujours à faire renaître de tout. Le bonheur de savoir prendre la beauté et la souffrance d'un monde où il faut non pas chercher un sens , mais l'inscrire par ce qu'on est, nu, fragile, exposé, humble, royal, soi..............

 

La vie !

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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