Visions d'art

Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /2008 07:44

 

Découverte dans les rues du vieux Saint Jean à Lyon, une galerie chinoise qui m’a fait rêver ; Il s’y trouve des estampes raffinées, des tableaux paysagers somptueux illustrant les notions chinoises de vide et de plein, si particulières et éloignées de notre conception du monde et toute la panoplie d’objets et de matériaux permettant de s’initier à la peinture et à la calligraphie ; Notamment de somptueuses rames de papier de riz, en provenance directe de ces lointains horizons. Le dépaysement est total et l’accueil courtois et érudit. Le maitre des lieux connait son monde et est intarissable sur le sujet.

Cette incursion en Asie par la porte des arts m’a amenée à un constat. Si nous possédons aujourd’hui une imprégnation très large, sans toutefois la comprendre de la culture ancienne, multi millénaire de la Chine, aucune porte ne nous est ouverte sur ses artistes d’aujourd’hui ; dans notre esprit, le mot Chine, en dehors des clichés de mandarinage et de muraille, renvoie immédiatement aux estampes classiques dont l’inspiration est si multiple, un enchantement en peinture animalière notamment, aux vases bleus vernissés, aux idéogrammes. Mais ce que cela a nourri, suscité, engendré en termes novateurs dans les générations d’aujourd’hui ne passe pas nos frontières ; ce n’est peut être pas seulement dû à une volonté du pays lui-même de faire barrage, mais peut-être à l’opacité de nos esprits, toujours plus prompts à encenser un art reconnu qu’à faire place nette pour des visions neuves; or, les merveilles entrevues hier m’ont rendue curieuse de  voir et de savoir ce que la jeunesse artiste de ces contrées a su tirer des traditions et des techniques anciennes pour donner sur elles, justement, cet autre regard… 

 

 A voir : www.claireye.Com

27 rue du bœuf

69002 Lyon

 

Pour en savoir plus :  Les Estampes chinoises : Invention d'une image (Broché)

de Christophe Comentale (Auteur)

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Estampe

 

 

 

Par Phédrienne - Publié dans : Visions d'art
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Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /2008 07:00

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Copyright Reza


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« Proche de chacun d’eux, au point de sentir leur souffrance comme leur joie, j’ai raconté grâce à cet alphabet universel qu’est la photographie, leurs mémoires d’humains pris dans la tourmente du monde.
Au-delà des frontières, des diversités culturelles, des guerres meurtrières, mes images ne disent pas le seul constat triste de vies mutilées.
Si elles sont témoins, elles tendent à montrer le sourire derrière les larmes, la beauté derrière la tragédie, la vie, plus forte que la mort. »

Reza Deghati

Il y a pour défendre certaines notions impérissables de liberté, beaucoup de combats à mener ,beaucoup de façons de le faire.

Certains choisissent d’utiliser leur art, pour montrer et porter d’une façon pacifique la parole de ceux qui ne peuvent s’exprimer. C’est le choix du grand Photographe Reza Deghati que je veux vous fiare renconterer grâce au lien joint.

Ce photographe iranien d’une cinquantaine d’années a connu l’exil, la torture, a été confronté à toutes les formes de violence ; présent partout où l’histoire se fait dans le tumulte, il a choisi, contre les photographies choc de privilégier l’humain, et de dire l’indicible en passant par la fenêtre des âmes, le regard.

Je vous invite à découvrir ces photos extrêmement belles et poignantes, militantes pour le droit à vivre, à s’exprimer. Du côté de l’homme, en lutte contre toutes les formes de barbarie, son combat raconté simplement est magnifique.

http://www.destinscroises.org/reza/cadre_reza.htm

 

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Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /2008 08:00

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Tête renversée, câline, sur le sofa,

Le moelleux arrondi des épaules,

Illumine de son incarnat,

Le velours grenat,

Les paupières serrées

Sur une sensation douce,

A l’abri des longs cils

Epais comme un fourreau,

Suggèrent plus qu’elles ne disent,

L’intime, le secret,

Et cette main posée,

Dévoilant les seins nus,

Au creux des jambes blanches,

Qui s’alanguissent là,

Murmure en volupté,

L’abandon de la chair

Et le monde charnel

Nu et intemporel…..

 

 

Nu - Emilie Charmy 

 

 

Par Phédrienne - Publié dans : Visions d'art
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 08:18

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« Je vous connais depuis l’époque où la seule lumière était celle du soleil ou de la lune. Je vous ai observés dans la forêt d’autrefois vaste et impénétrable. J’étais témoin lorsque vous avez découvert le feu et créé d’étranges outils. Tapi sur les crêtes, j’ai suivi vos chasses et jalousé vos succès. J’ai dévoré vos miettes et vous avez mangé les miennes…… »

Avec les loups -  Jim Brandenburg - Nathan

 

Beaucoup de photographes professionnels se partagent une célébrité méritée. Des clichés superbes qui font rêver, des images éclatantes qui nous livrent les quatre coins du monde sur papier glacé. Dans la photo animalière, plusieurs courants se disputent la palme. Des photographes « classiques » qui s’ingénient à restituer la netteté d’un pelage, la beauté de couleurs. Un  travail naturaliste, nécessaire et précis. Et aussi des passionnés autres qui ont un sens de la nature exacerbé, à fleur de peau, une intimité de chair et d’esprit avec ce qu’ils photographient ; Un sens à part.

Dans ce registre, j’aimerais vous parler du photographe américain Jim Brandenburg, spécialiste et passionné des grandes étendues du nord et du loup qu’il a traqué sur tout le continent, avec patience, et surtout avec un amour fou, qu’il a exprimé dans un livre beau et lyrique « Avec les loups ». Loup gris, loup blanc, ces animaux magnifiques montrent leur somptuosité rare, leur beauté sauvage et ancestrale dans l’écrin de paysages magiques.

Photographe pour le National Géographique depuis plus de 20 ans, récompensé de façon prestigieuse, son travail constitue surtout un hymne autant spirituel qu’esthétique à la nature . Vivant, solitaire, aux confins du Minnesota, dans la réserve naturelle de  Ravenwood, il est une passerelle,  un lien entre le monde citadin et convenu et la nature dans ce qu’elle a de plus abrupt et de plus nu.

Je vous invite à découvrir son travail sur ces liens :

 http://www.hasselblad.fr/masters-2002/december---jim-brandenburg.aspx

 

http://www.hasselblad.fr/masters-2002/december---jim-brandenburg.aspx

 

 

 

 

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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /2009 06:55

 

On le sait bien, la nature est le premier peintre du monde. De façon spontanée et magnifique, elle offre des tableaux surprenants. Qu’il faut parfois aller regarder de près, avec un œil aiguisé, amoureux, voire inquisiteur. C’est l’exercice auquel se livre le photographe Cédric Pollet, qui fait le tour du monde depuis 10 ans, pour ramener de superbes images.

Sa passion, ce sont les arbres et leurs écorces incroyablement différentes, travaillées de mille couleurs,  de mille nuances.
Un paysage autre qui raconte une histoire, une vie végétale marquée d’incidents, de blessures, un patrimoine coloré et incitant au rêve et au voyage.


Ce photographe talentueux et imaginatif s'inscrit aussi dans une jolie démarche de transmission, de pédagogie,  en proposant et animant des ateliers pour communiquer ses découvertes aux enfants, Quand la passion devient un moteur de vie...


 A découvrir :
http://www.artsylva.com/galerie_rose.html


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Photos Copyright Cédric Pollet

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Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /2009 06:45

Sous la verrière du grand Palais, incongrues, des yourtes multicolores offrent un spectacle bigarré : dans toutes les langues de notre terre, des hommes et des femmes de toutes ethnies et races, se donnent, livrent en quelques mots leurs souvenirs, leurs rêves et leurs peurs….six milliards d’humains que l’équipe de Yann Artus Bertrand a filmés au hasard de pérégrinations partout sur le globe. Dans un langage parfois rudimentaire ou au contraire poétique, élaboré, enfiévré, avec pudeur ou extravagance, les mots se succèdent, chantent, colorent l’espace. Assis dans l’ombre, sur des bancs tout simples, le spectateur se sent en intimité totale, de plein pied avec ces inconnus aux multiples visages. Amusé, ému, bousculé, comme s’il regardait par la fenêtre un intérieur inconnu.

Etonné aussi de voir combien il y a convergence, transversalité de valeurs universellement défendues sous toutes les latitudes : la relation à la mère, à la famille, la volonté acharnée même des plus démunis à vouloir donner à leurs enfants une autre vie. Je n’ai entendu aucun de ces hommes et de ces femmes parmi les plus pauvres réclamer à corps et à cris une abondance, une richesse, le fameux rêve occidental supposé être le moteur et l’impulsion des mouvements migratoires ; mais je les ai tous entendus réclamer, demander pour leurs enfants le droit à l’instruction, à la culture !!!!

Bien sûr, on pourrait supposer les auteurs d’avoir trié et extrait des 6 années de tournage qui ont été nécessaires, les mots bien pensants. Pourtant, et comme ils l’ont expliqué eux-mêmes en répondant sur place aux questions des visiteurs, ils se sont forcés à être exhaustifs et intègres, tout en admettant bien sur une subjectivité de choix émotionnelle. La formidable confiance montrée par les interviewés n’aurait su se donner sans une empathie, une chaleur montrée par les journalistes et caméramans, c’est une évidence que connaissent bien les photographes qui font du nu et du portrait.  Empathie et chaleur qui a eu parfois le plus grand mal à s’exprimer face à certains témoignages comme celui de ce rwandais avouant tranquillement le massacre à la machette d’une centaine de ses semblables….ou celui, plus anodin mais dérangeant de ce roumain avouant avoir rêvé enfant  d’avoir un petit frère à torturer !!! Fantasmatique, fragile et forte, cette tapisserie humaine dresse un paysage contrasté et univoque à la fois…..celui d’un monde qui, en deçà des guerres, des conflits, des famines et de conditions de vie parfois épouvantables (combien j‘ai été touchée de ce témoignage d’une paysanne chinoise du Yunan, disant de façon très simple après avoir écouté la question sur les souvenirs, moi, je n’ai pas de souvenirs heureux, aucun !), garde ancré un espoir, une vitalité que rien n’abat !

 

 

 C’est le message que je retiens de ces moments entre rires et larmes, de ce voyage immobile qui pour une fois, au lieu de nous montrer de fantastiques paysages, nous a refait découvrir l’humain…….simplement….. 

 

6 milliards d’autres – Grand Palais- jusqu’au 12 février 2009

 http://www.6milliardsdautres.org/

 

 

Par Phédrienne - Publié dans : Visions d'art
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