Je te tiens
Par tes cheveux doux
Plumette blanche
Qui rêve d’envol,
Je te regarde,
Et ta douceur floutée,
Posée dans le creux vert
De ma paume végétale,
Me fait regretter
De ne pas être un oiseau…..
Je te tiens
Par tes cheveux doux
Plumette blanche
Qui rêve d’envol,
Je te regarde,
Et ta douceur floutée,
Posée dans le creux vert
De ma paume végétale,
Me fait regretter
De ne pas être un oiseau…..
Croix rousse. Quartier des bobos et des défaites. Où l’on découvre, sous des porches obscurs et graffités, des venelles, des courettes mangées de soleil, des
incongruités. Au détour d’une traboule, vide et blanche, à peine habillée d’un branchage tombé de nulle part, un cinéma. Propret, sorti tout droit des années cinquante, avec derrière la guérite
vitrée, ronde comme un bocal, un vieillot fauteuil de moleskine rouge.
Dans l’escalier étroit, un panonceau désigne l’accès au balcon, comme si la flèche montrait le chemin d'un invisible paradis d’autrefois. Et reviennent en mémoire des atmosphères oubliées, des ambiances fantômes comme si la vie s’était figée là, à l’abri de tout, pendant qu’une invisible poussière de soleil corrode le vermillon des murs et des toits, leur imposant un ton rouillé, intemporel, un lavis fatigué à l’intérieur duquel le lion de la Métro Goldwin Mayer feule tristement….
Un lacet de mots nus
Ourlant sa bouche d’or,
Des horizons perdus
Aux confins des aurores,
Et la beauté sauvage,
De se donner un peu,
Sans avoir peur de rien…
Bascule du regard,
Dans cette terre troublée
Où j’oublie mes amarres,
Mais même capturée,
Je ne suis jamais,
Autant moi,
Que dans cette moitié...
Il y avait un chant
Unique et partagé,
Une musique rare,
Et je m’y suis prêtée,
Chant cru et animal,
Des sirènes oubliées,
Qui vous ligote le cœur
Et qu’on oublie jamais….
Les passagers du net le savent bien. Dans cet univers volage de mots, jetés sous toutes leurs formes dans le réseau serré de la toile, on trouve de tout. Des vers et des verbes, du langage
SMS et des envolées lyriques , mais aussi du moins beau, du froissé, du à peu près, du barbarisme et du vulgaire, de l'invective, des insultes parfois, comme si le net était le reflet géant des
courants intimes de l’humain, dans ce qu’il a de beau et de petit.
Et moi, ayant été frottée, et écorchée à la violence verbale dans mon enfance et mon adolescence, je défends depuis ce jardin où j’essaie de faire pousser ces fleurs simples et rares : des mots vrais, ronds en bouche, savoureux comme des fruits….
Pas pour l’esthétisme seul, pour la couleur chantée par les poètes et les troubadours de tous temps mais parce que le premier respect et l’amour de l’humain s’asseyent là : dans la retenue des mots où tout en étant soi, on prend l’autre dans son orbe en refusant cette toute première violence seuil de toutes les autres : la vindicte, l’insulte, le cri ! Ô combien je sais la puissance cachée des termes où l’idée, le fond prennent le pas sur la forme ! Ô combien je sais que cet arc tendu se suffit à lui-même pour faire mouche…..mais j’aime à penser et je défendrais jusqu’au bout cette révérence faite à l’autre, vous, cette écharpe blanche que l’on met au cou de celui à qui on parle avec le respect dû au vivant…
Photographe et écrivain,
j'aime marier les langages
et partager....
A vous la parole !