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J’aimerais bien que le ciel explose ! Revers de mes états intimes,
les nuées s’amoncèlent, forment des amas compacts, d’un violet gris à la Van Gogh, s’électrisent. Court dans nos maisons une moiteur tropicale qui couvre d’un fin linge de sueur la peau, moirée
et érotisée sans regard.
L’air est immobile, figé, une ambiance de jungle avant l’arrivée imminente du prédateur. Cette sensation suffocante qu’il va enfin arriver quelque chose, que ça va se dénouer, et il ne se passe rien !
Dans mon petit cerveau, la connectivité s’affole. Des ondes courtes filent, illuminent en flash des envies subtiles ou fulgurantes, font jaillir des idées, des faims multiples…..auquel mon corps languide répond avec une lenteur molle, une flasticité éprouvante, comme s’il manquait un ressort essentiel.
J’aimerais pouvoir crever d’un ongle majeur, d’une longue épée affutée ces panses remplies d’orages….prendre d’un coup la fraicheur implosive d’une pluie majestueuse, éclaboussant et noyant dans des glougloutements féroces ma chaleur, ma surchauffe interne et externe.
J’aimerais courir sur le faîte du ciel à longues enjambées élastiques plutôt que ressentir cette pesanteur lourde, cet enracinement du corps à une fatigue artificielle plombée de chaleur !
Alors j’attends ! Et guette du coin de l’œil le premier éclatement de tonnerre, la première zébrure d’éclair qui viendra trancher dans ce ventre écrasant, déchainer les roulements de tambour et délivrera du coup ma propre tempête intérieure !
Je vous embête depuis des mois avec des états d’âme inutiles
Je vous mets dans les mains ces fracas, ces cris de mon esprit vibratile. Ce que je suis, ce que j’attends, ce que je voudrais laisser en empreinte, juste une silhouette de moi….Ce narcissime un peu primaire, cette envie là, de dessiner d’un mot, d’un rien, pour un instant ce chemin, cette éphémère caresse de mon âme vers vous, l’ombre d’un baiser griffé au bout de mes doigts…
Je sais, c’est sans doute inutile, qui ça intéresse et pourtant, c’est long ce parcours incroyable qui va à la pêche de soi, se sentir, se connaître, s’avouer ce qu’on est, ce qu’on n’aime pas, se connaître et enfin s’accepter un peu, du bout de son …..moi !
Je sais, se mettre ainsi à nu, à cru, c’est indécent et pourtant, moi j’aurais aimé dans ma vie de petite fille, croiser au moins une fois un être vrai ! Un grand qui sache ne pas mentir, qui sache pleurer sans se cacher, qui sache crier quand il a mal et ne vous dise pas, tais toi, il ne faut pas ! Un grand qui m’ait donné au moins une fois l’envie de grandir, de devenir….alors, si je pouvais au moins être ça, quelqu’un qui donne cette envie là, majeure pour moi…..donner sa vie au fil des temps, assumer ses désirs, donner le sens de tout cela, ce qui peut éveiller, tendre, faire résonnance, donner la beauté aussi de cela, ce combat lent, parfois immobile, la vie à fleur de cœur et de mains, sa vie…..le courage d’être … simplement cela....
Bien à vous……………
Phèdre
Ca peut paraître incongru de trouver ici sur ce blog un texte sur Mickaël Jackson. Pourtant, mue par une curiosité saine, j’ai regardé en filigrane l’hommage rendu ; Avec une nausée lourde, de plus en plus prégnante au regard des choses vues et entendues
Cette grand messe de mauvais goût, orchestrée autour de limousines et d’un clan impeccablement déguisé, sorte de mens in black sophistiqués arborant ostensiblement l’emblématique gant unique du frère, est une farce détestable.
Une mythification au premier sens du terme, auquel le public naïf répond avec sa sensiblerie et son goût du grand spectacle, sans analyse ni discrimination.
Cela sonne faux, insupportablement, le comble étant atteint avec ce cercueil ridicule doré à l'or fin et coûtant ue fortune, dérisoire façon de rendre un culte à un mort qu'on aura
exploité et détruit sans scrupules.
Je n’aimerais décidément jamais cette société qui révère ses morts après les avoir enterrés vivants !
Ca naît et ça murit doucement
Une graine, petite, à peine, un mouvement,
Des mots…
Levés comme une récolte d’orage,
Ramages diserts étendus dans le silence….
Ca vit en moi, ça palpite et parfois
Comme des fleurs gisantes
Ça ne parle pas,
Je les porte en moi en fardeaux invisibles
Et ma bouche alors
En paysage clos
Dessine cette barrière sans mots
Une image, un geste
Suspendu, en latence,
Quelque chose qui attend toujours,
Une sentinelle perdue dans un désert immense
Et qui guette le jour et qui porte la nuit
Où le silence est un habit
De brume et de soie mouillée
Où se nichent les songes oubliés…..
Et tout à coup, on se sent nu,
Une présence, une absence, un air perdu,
Et le temps s’égare, s’oublie et se délite
Comme une chanson qui murmure au fil du vent…..
Je pense à lui, je pense, et mes mots fuient
Ma bouche bégayante tremble et sourit
De cette valse lente qui chavire ma tête
Qui chavire mes sens et me tempête,
Ca n’existe pas, mais moi je le crie
Cette vision vivante de la vie
Ces chemins parcourus dans le même pas
Et moi qui repars dans les rues,
Avec ce ciel d’or et de brume dans mes yeux,
Et dans mes cheveux fous, la caresse de soie
L’empreinte de sa main qui effeuille mes jours,
Cette envie insouciante que ce soit un toujours
Et que pour une fois, pour une fois
Le temps s’arrête et se suspende
A mon cœur têtu……………….
Un souffle d’air passe dans les champs, et soudain, je respire. Chemin de
campagne anonyme, bordé de ronces et de mûres, qui invitent à des agapes buissonnières. Un paysage intemporel, éternel cliché de senteurs chaudes, épaisses comme les futaies des arbres qui
bordent la rivière. C’est ici, cela pourrait être ailleurs, dans n’importe quel endroit que traverse une nationale déserte, juste un peu rongée de caravanes qui viennent de loin. Pas un site
grandiose, des lignes graphiques de meules posées en pente douce dans la blondeur. Des vols en piqués de tariers affamés et cette valse amoureuse et
dense de papillons flammés et tigrés.
Fleurs des champs éclatantes d’une beauté oubliée, dont le mauve et le blanc tachètent les talus. Odeurs éclatantes d’enfance, de poches maculées de fruits écrasés, de biscuits émiettés dont on cherchera la trace du bout des ongles. Envie de jeter les chaussures, de glisser pieds nus sur les pierres noires et moussues qui font chanter l’eau, de se jeter à flot de cascade, d’éclabousser et de rire.
Le sentier noir qui mène là, humide, boueux, obscurci de branches entrelacées garde le mystère des bois d’autrefois. Comme un petit air de conte qui vous oblige à ouvrir les yeux, à chercher à ras de terre les escargots et les limaces, à regarder scintiller sur des feuilles minuscules les perlettes d’argent d’une toile d’araignée. Un instant de grâce….
Ils échouent là, maitresses
oubliées,
Leurs belles reliures fatiguées
S’efforçant de briller de leur rouge,
De leur or
Sur des étagères laminées.
Au milieu des allées
Croulant de meubles murs,
D’objets hétéroclites
D’oripeaux, de guipures
Et de jouets abimés,
Dans leurs vieilles parures,
Ils offrent le trésor
De leurs pages noircies,
Mille pensées données,
Mille histoires et merveilles,
Et moi, je regarde, pensive
Dans les couloirs d’Emmaüs,
Ces blessés de la vie
Vendus à l’encan de la misère,
Et qui iront chanter
Aux oreilles plus humbles,
Du Rimbaud et du Yeats,
Pour presque trois fois rien…..
A VOUS LA PAROLE