Août est une période merveilleuse. Les magasins se ferment comme des fleurs éteintes, les rues se vident  de leurs passants et dans la célèbre artère où je vis, et où les voitures rodéodent avec entrain à longueur de nuits, tout à coup il ne se passe plus rien. Sortir un Dimanche d’août dans ma ville ressemble par l’ambiance et le silence, au film « je suis une légende » ! Des avenues désertes où flottent quelques papiers oubliés, un chant d’oiseau unique pour renforcer l’intense impression de mélancolie solitaire qui se dégage des fenêtres closes, paupières fermées sur un quotidien en transhumance ! Contrairement aux autres grands espaces où le silence se recueille comme une grâce, le silence des villes n’est qu’une absence.

Une déréliction. En apnée, le citadin solitaire franchit courageusement ces rues désolées, affronte, s’il est piéton, l’affolante désolation des arrêts déserts, où le museau de la prochaine rame de tramway se laisse espérer comme le tourbillon guetté par ma sœur Anne du haut de la célèbre tour de Barbe Bleue !

Il en est de même dans les vastes plaines du net, où les autonautes se font rares, délaissant pour un moment les autoroutes virtuelles pour l’asphalte concret des routes du Sud et de l’Ouest !

Ca ne fait rien ! Je suis à moi seule un petit bastion de résistance estivale ! Qui continuera à écrire par intermittence, pour un lecteur devenu improbable, mais , qui sait…. !

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Hier, à la piscine de mon quartier villeurbannais, populaire s’il en est et coloré, une petite scène a attiré mon attention : une quinzaine de jeunes entre 10 et 18 ans, faisaient un grand tapage rieur, sautant en  hurlant dans le grand bain intérieur,  jusqu’à ce qu’un maitre nageur excédé expulse le plus jeune d’entre eux. S’en est suivi l’intervention du service d’ordre pour canaliser le mécontentement des plus grands. Dans cette piscine en effet, une dizaine de vigiles officient avec uniforme et talkie walkie. Ce qui donne l’impression d’être dans un endroit étrange, décalé, mi rassurant et mi angoissant aussi. Le ton a monté très très vite, transformant l’ambiance estivale et chaude du lieu en un autre territoire beaucoup moins plaisant.

Moi, je regardais cet affrontement verbal, et ses coreligionnaires. Car hasard ou non, la totalité des vigiles est recrutée dans les mêmes ethnies que la majorité des usagers de la piscine. Donnant ainsi à ces derniers l’impression que ces « faux frères », traitres à leur origine, basculent du coté de l’autorité. Vous me direz que je délire, mais au fond, c’est une vieille recette appliquée là, qui consiste à désenclaver les hiérarchies en donnant à certains représentants d’une minorité gênante quelques galons de pouvoirs. Un peu comme pour les fameux grands frères de nos grandes banlieues, avec pour moi la même interrogation de fond sur des mesures qui au lieu de favoriser une mixité naturelle, contribue au final à marginaliser, à marquer une frange de population.

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Un jour, je partirais, 

Les oiseaux en murmure,

Me seront un vaisseau.


Un jour, je partirais,

Je ne veux pas vivre ma vie,

Amarrée à des songes creux,

Nourris d’images et de dorures,

Et rester sur le quai

A regarder la mer

Pousser d’autres bateaux.


Un jour, je partirais,

Devant moi, droit devant,

Et mes iles d’azur seront,

Bois et forêts.

 

Les ruisseaux en pâture,

Traceront sur le sable

Les lits doux

Où je dormirais.

Un jour, je partirais,

Egrenant de mes mots

Le plus beau des voyages,

A l’intérieur de soi,

Marchant pas à pas,

Pendant que je foulerais

C’est sur, d’autres rivages,

Je voyagerais aussi vers moi….


Au–dessus de ma tête,

Une couverture ivre,

D’encre et d’or mêlés,

Allumera en moi

Le feu vif et joyeux,

Sacré au cœur des hommes,

Depuis qu’ils se tiennent debout…


Un jour, je partirais….

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Perchés au–dessus du ciel

Dans des cabanes

Qui ne ressemblent à rien

A quoi rêvent-ils ?

Hommes oiseaux suspendus

Aux arbres tutélaires,

Dont les chants accompagnent

Le langage des arbres

Et des feuilles.

Comme un souvenir ancien

Posé sur la toile du temps,

Et qui, l’espace d’un instant,

Nous fait rejoindre nos racines

Eternel retour d’un printemps

Qui baigne dans la nuit

De nos souvenirs….

 

 

 

 

 

 

l

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Intemporel, le paysage d’arbres appelle à l’enfance

Dans ce fouillis de racines entrelacées

Nœuds résineux et compacts  de choses cachées

Un reflet du moi intime se tait…..

Torpeur du temps qui passe sans toucher

Ces troncs énormes et griffés

Que l’eau doucement vient lécher

Au bord du fleuve lent

Qui s’écoule comme d’une plaie.

Dans le halo vert et troublé

Des tonnelles de feuilles dressées,

Chantent les fées et les chevaliers,

Les héros mythiques et pressés,

Et leurs casques empanachés

Me trainent dans leur chevauchée

Sur les terres jamais oubliées

De l’enfance rêveuse et troublée ….

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