L’art est-il un engagement ? Peut-il communiquer au-delà de l’esthétique, de l’émotion, une dynamique d’approche pour faire évoluer les mentalités et les modes de faire ? Je fais partie des gens qui pensent que oui, que l’art est dans la vie, dans la rue, partout, et qu’il est le meilleur moyen d’éveiller par le choc des sens, les consciences et  les méninges. En restituant la beauté, en ouvrant un large projecteur sur le monde, dans sa pluralité. Mais au-delà, il peut devenir le tremplin, le moyen de mettre les mots en actes en accompagnant des projets porteurs de sens.

C’est ainsi qu’un groupe de photographes ont choisi de  s’associer pour fonder Les photographes de l’espoir, association qui entend  soutenir des actions environnementales à Madagascar,  mais aussi des actions sur le territoire français. Pour financer ces projets, ces photographes vont éditer un calendrier d’œuvres exclusives mais aussi un portfolio qui sera vendu aux enchères au festival de Montier en Der. Façon d’unir dans un seul élan, la défense et la promotion d’un art exigeant, la préservation de la planète et la solidarité humaine. Sans militantisme ostentatoire, mais en montrant par le truchement des images, les faces visibles et invisibles de notre planète.

Je  vous invite à découvrir cette action, soutenue par de grands noms de la photo mais surtout par des photographes de talent,  et à la soutenir par tous moyens, pas seulement financiers mais en diffusant, en mettant en liens ce site, en le faisant connaître, et aussi à réfléchir à cette occasion,  aux voies multiples que peut prendre une passion vécue sans se désolidariser de la vie et des autres !
http://www.lesphotographesdelespoir.org/


Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Le parc bruisse de sons et de rires

Battements d’ailes glissant dans la torpeur du jour

Surface lisse du lac où passe le sillage

De lourdes barques vertes,

Un tableau de Monet,

Que tâche le soleil,

En mille éclats multicolores….

Sur le quai,

Le bec entravé dans une chaine,

Un petit corps gît,

Son souffle soulève à grand peine,

L’amas de plumes, l’aile brisée

Sous le soleil de plomb,

Un canard, un colvert échoué là,

Vie infime, insignifiante

Dont la très lente agonie

Se déroule aux pieds des passants,

Des familles empressées à jouir,

Du calme des eaux vertes…

Le préposé aux barques

La trogne burinée et plissée

Des heures passées là

A attacher et détacher des chaines

Me regarde d’un œil mauvais

Quand brusquement je l’interpelle

Un canard dans ce parc, il y  en a plein !

Que diable peut-il bien y faire ?

Ne voyez-vous pas madame

Que le parc bat son plein ?

Le canard meurt doucement

Sous le souffle tiède

De la brise qui parsème

De vaguelettes molles

Le lac constellé de taches vertes,

Et je repars triste, bêtement triste

Je sais de la folie des hommes

Pour qui la vie vaut toujours moins

Que de l ’argent…..

 

 

 


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Un petit sujet de réflexion, une interrogation liée à la photo et à la transmission.

Je viens en effet de vivre une jolie expérience avec  mon fils de douze ans, totalement ignorant de la photo et que j‘ai emmené avec moi au festival européen de la photographie de Saint Pourçain. Là, il  a partagé avec moi deux ateliers, dont l’un avec un grand artiste, spécialiste des papillons, Stéphane Hette. J’ai choisi de lui mettre entre les mains l’OS 400 D, mon précédent appareil dont je lui ai montré sommairement le mécanisme, et de lui faire confiance !

D’abord un peu réticent, maladroit, mon fils s’est pris au jeu, s’est montré patient, curieux, n’hésitant pas à se jeter à plat ventre, à se vautrer dans les ronces, à courser les papillons et les libellules jusqu’à trouver l’angle ! Plutôt que des cours théoriques, l’immersion en nature, sous un soleil de plomb, la frustration de rater sa prise, de croire un cliché réussi pour s’apercevoir ensuite d’un flou de bouger, d’une surexposition, la joie aussi de réussir, de saisir une beauté fugace a rempli un double jeu : inoculer de la manière la plus douce le virus de la photo, jolie maladie dont à priori on ne guérit pas !

Et à travers elle, insuffler un autre regard sur le vivant, sur la nature. Lorsqu’on a passé quelques heures à ras de terre à observer un criquet, les ailes d’un agrion, la douceur irisée d’un pétale de fleur, tout devient différent et on devient attentif à tout, n’osant plus cueillir ni dévaster ce qui est autour de soi !

Un didactisme comme je les aime, qui se passe de mots, de morale pour laisser la place à l’imaginaire, à la poésie et à l’émotionnel, le meilleur tremplin qui soit pour tous les apprentissages….

 

Publié dans : L'anti oeil du photographe
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Le ciel est de colère

Gris de draps plissés

Des ondes amères

Gonflent ses nuages enlisés

Couvercle de plomb

Pris dans les antennes

Pendant que la ville suffoque et peine…

 

Et moi je rêve de Guyane

D’arbres verts empanachés

D’animaux lents glissants, subtils,

Sur des sols humides et ocrés,

De dos nus marbrés de sel

Offrant leur ligne colorée,

A la nature puissante et belle,

Dans une forêt empoisonnée….

 

Le ciel est de marbre et de suie

Couleur laiteuse irisante et filtrée.

J’écoute, penchée,

Le chant des villes,

Qui crie et chuinte sur l’asphalte.

Un filet chaud de sueur perlée,

Descend dans mon dos et hérisse,

Sur ma peau qui dort à moitié,

Mille frissons qui sont délice,

Et me reprennent mille lianes,

Bras verts entêtants et fébriles,

Qui me ramènent en Guyane,

En paradis d’enfers multiples……

Publié dans : Poésies
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Depuis plusieurs mois, mon compagnon et moi-même nous efforçons de poster nos images sur un forum animalier célèbre, quant à la qualité de ses images et le professionnalisme de certains de ses membres. L’idée étant pour nous d’oser montrer, de susciter les critiques, mais aussi les interrogations quant à notre travail. Au fil du temps, nous nous sommes cependant aperçus qu’un petit noyau dur de membres attirait à lui le faisceau des regards au détriment de ceux, plus nombreux, dont l’anonymat ou l’arrivée récente laisse supposer un moindre talent.

 Je parcours les fils des uns et des autres et suis toujours étonnée de voir une avalanche de post louangeurs sur certains dont la production, certes irréprochable d’un point de vue technique, laisse froid sur le plan de l’émotionnel, ou reste dans une esthétique convenue. Etant entendu par ailleurs qu'ony voit aussi des fils à couper le souffle !! Et je suis encore plus étonnée de voir les fils qui restent dans le silence, ou sont à peine visités. Je vous rassure, il ne rentre aucune aigreur dans mes propos, mes propres photos, si elles dérangent quelquefois recevant néanmoins des mots encourageants ! Mais une interrogation réelle sur notre vraie capacité à regarder avec nos yeux, avec nos cœurs, sans qu’une image soit pré estampillée par la renommée de son auteur.

Je me dis alors qu’au préalable, les photos devraient être postées sans nom ! Qu’ainsi on pourrait accéder à une vérité, une sincérité du témoignage, de la réaction. Que le respect inhérent à la reconnaissance avérée d’un talent validé par certains devrait disparaitre au profit de la curiosité et de l’appétence ! Ainsi, personne ne resterait sur le bord de la route et de vraies beautés innovantes viendraient étonner le regard, flatter les sens, et titiller l‘imaginaire.

Et l’apprenti photographe n’aurait plus, lui, l’impression de marcher parfois dans un désert !!!!

Publié dans : L'anti oeil du photographe
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