Un coup sourd dans ma poitrine fend,

De ma dangereuse nature,

Le nerf vital et je me sens,

Prise dans cette blessure.

 

Dans mon monde de pages et de mots,

Irréels et tangible,

Court ce dense ruisseau,

La conviction qui me rassure.

 

Comme une vigie sans drapeau

Un guerrier sans armes,

Chantant la voix des griots

Le penseur est un être de charme

 

Et le créateur un démon,

Ou un génie qui vous alarme,

Sur le sens caché des choses,

Une terre qui modèle les âmes....

 

Je ne veux pas que l’on y touche

Par une vilénie mercantile,

Je ne veux pas qu’on effarouche,

Tout ce qui peuple mon île !

 

Et s’il n’y a en fin de course

Que l’humain derrière cela,

Qu’il soit d’une beauté qui touche,

L’absolu est mon chemin….

 

 

 

 

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Un couple d’amoureux promène

En laisse un lapin noir,

Pendant que je cours après,

Une forme d’espoir.

Parc de la Feyssine,

Les corps nus se déploient,

Sur les cailloux brûlés par un soleil dément.

Je marche et je cherche

Une idée, une image,

Un regard, quelque chose

Qui me frappe en plein cœur,

Des ombres immobiles

Sont couchées dans les herbes,

Gisantes douces et futiles,

Et parfois on entend,

De ces corps emmêlés,

Monter un râle troublant…..

Je marche vêtue de sombre

Et mon corps ruisselle,

Sous le baiser mouillé

De ce juin qui sommeille,

Parc de la tête d’or

Un bouquet de mariées,

Pareillement parées

Poudrées, enturbannées,

Jolies poupées de rêve

Fleurs en artifice

Eclosent comme des

Essaims de maléfices….

J’achève mon périple

Devant un homme las

Qui nourrit dans sa main

Un petit écureuil

Et me regarde de son œil

Inquiet et goguenard

D’homme qui cherche encore

Son désert……

La blancheur du jour éclatant

Comme un drapeau vaincu

Me gifle  de ses ailes

J’ai dans ma bouche

Un goût de sel et puis de miel

Et vais chercher nue

La douceur du soir

Pendant que la voix sourde

De la ville rugit

Son concert de klaxons

Bien après minuit….

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Il circule sur un vélo vert. Juste harnaché de deux sacoches bourrées de 35 kgs de matériel. Au total, c’est 55 kgs qu’il a emmené de Bangkok à Châteaudun, but prochain de son périple. Lui, c’est Frédéric Linget, un français affable et rieur qui a vécu 10 ans en Asie et qui, pour revenir dans son pays natal, a privilégié ce moyen doux, écologique et lent, voulant prendre le temps de s’imprégner des gens et des lieux.

A Lyon, où il était de passage hier, il a donné une conférence amusante et pleine d’enseignements sur son périple. D’où j’ai ressorti deux messages essentiels : le premier est que l’exploit sportif n’est pas le fil conducteur de ce chemin cycliste accompli et surtout restitué avec une modestie exemplaire. Mais plutôt l’envie de goûter l’humanité autant que les paysages, de voir et de comprendre, ce qui me touche bien plus.

L’autre est que cet homme a pu, tant qu’il n’avait pas franchi les barrières de l’Europe, trouver le gîte et le couvert partout, y compris dans les coins jugés les plus dangereux de la planète, l’Afghanistan, l’Iran, où contre toute attente, la chaleur et la simplicité, la générosité ont été toujours au rendez-vous, renversant d’une façon simplement humaine les stéréotypes déversés par les médias.

Mais, dès qu’il est repassé en occident, cette loi universelle d’hospitalité s’est comme dissoute, et le recours à la tente, au bivouac ont été quasi systématiques !!!

Une leçon autre, cruelle et édifiante sur les valeurs fondatrices de l’humanité, et où, pour une fois, les soi disant maîtres du monde ont à apprendre de plus humbles qu’eux !

 

A voir : http://www.aventuresbicycletales.org/

 www.racontemoilaterre.com

 

 

 

 

 

 

 

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Parfois je rêve, je rêve en marchant

Je rêve à ces cheveux volant

Sur des épaules,

Comme des écheveaux de soie, dormants.

 

Je rêve à ces silhouettes, compas durs et marchant,

A longues enjambées, qui découpent le temps,

En tranches maladroites, cisaillées et  figées,

Je rêve à ces épées de mots, coupant……

 

Un voile de soierie balaie les rues obliques

Eclatant de soleil comme un jus pressé,

Et je vois le sourire qui transfigure les ombres

Naitre sur un visage soudain,

 

Et faire jaillir de rien la rose et le jasmin,

Comme un reflet caché, un lac qui se vide,

Et dont le fond compact recèle un diamant,

Qu’il suffisait de vouloir regarder…

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Est-ce que la beauté, ça s’apprend ? Franchement, vous l’êtes-vous jamais demandé ? Je dis vous, je pourrais dire est–ce que je me le suis jamais demandé ? Oui, une fois, en cours de dessin, quand notre professeur d’arts plastiques nous avait imposé comme beau un dessin auquel, moi, je préférais un autre. J’avais compris alors que je n’avais pas le choix de mes sens ! De ce qui m ‘était immédiatement intelligible, préhensible ! Non, apparemment je me trompais et la vérité était ailleurs.

Ce débat fumeux n’a jamais cessé d’exister en arrière plan de la vie. Comme si l’enjeu, en plus d’être financier, était majeur. L’éducation à l’art, au beau, a ses écoles, ses temples et ses édiles. C’est un entonnoir dans le bout duquel il est difficile d’entrer, et plus encore de ne pas rester coincé quelque part. Un hachoir, une moulinette à talents qui broie, fragmente et trie le grain de l’ivraie.

L’art comme toutes les activités humaines serait-il donc consensuel ? C'est-à-dire que sa réalité subjective n’existerait que tant qu’elle est validée, non pas par une majorité de gens indifférents pour la plupart mais par un comité éligible et représentatif du plus grand nombre ? On s’est insurgés à juste titre du traitement tyrannique et du musèlement des artistes imposés par des régimes totalitaires. On se souvient de nombre de témoignages émanant de l’est notamment où les canons de la beauté, politiques avant tout, éclipsaient et éludaient toute créativité qui ne soit pas au service de l’idéologie présente. Le point commun des créations ainsi réalisées picturales, ou architecturales étant leur indéniable et écrasante laideur. Les avis sont quasi unanimes là-dessus mais ne sont –ils pas formatés tout autant, et  reflétant, plus qu’un avis esthétique, un refus civilisationnel ? Est -ce que nos palais et peintures d'antan ,reflet des délires monarchistes ou républicains des gens au pouvoir étaient , sont objectivement beaux ?

Troublant n’est-ce pas ? Comme ces revues qui vendent et défendent de l’art en tranches sur papier glacé, ces expositions qui ne reçoivent que certains au détriment de tous les autres. Et plus troublant encore, comme ce facteur temps qui vient lentement, parfois après très longtemps, retirer l’étiquette comminatoire du laid par un estampillage de beauté ; une réhabilitation post mortem qui ne réconforte guère l’artiste dans sa tombe mais réjouit ses descendants…..

Cela pourrait donc faire un bon sujet de philosophie : le beau peut-il s’enseigner ? Pas oiseuse, la question !

En n’oubliant pas que la beauté de demain se construit à l’abri des consciences et des préjugés d’aujourd’hui…quand j’y pense, ça me donne un peu le vertige, et vous ?

PS : le lien peu évident avec la photo est pourtant éloquent pour moi ; cette photo a en effet été jugée , sur le forum où je l’avais mise, à la fois pleine de défauts et magnifique……tout un programme pour la pensée critique !
!
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