Hier à la Fnac, la montagne de DVD estampillés Home, le film de Yann Artus Bertrand, se délitait de seconde en seconde. Ils étaient nombreux, des gens de tous âges et de toutes conditions à repartir avec ce petit carré de sens dans la main.

Je ne tiens pas à entrer dans le débat qui entoure le coût, les conditions de production et de diffusion du film, où les informations manquantes. Trop esthétique pour les uns, édulcoré pour d’autres, non scientifique, les critiques ont fusé et c’est très bien : preuve que le film est une entité vivante qui a réussi son pari, interpeller, susciter, questionner.

Ce qui m’interpelle au-delà du lancement médiatique et du marketing très efficients, est la portée simple et évidente d’une forme de pédagogie ludique, lisible par le plus grand nombre. L’éducation par l’image là où les mots font peur et dérangent, où demandent un effort jugé insupportable pour certains.

Depuis quelques années, les politiques et surtout les associations tirent la sonnette d’alarme et tentent de mettre en œuvre les moyens de limiter la catastrophe annoncée. Aucun de ces discours là n’est efficace où peu, il suffit de regarder les modes de faire autour de soi au détour d’une simple promenade pour en prendre le sens.

Et là, par ce procédé de mise en scène à l’échelle collective et collégiale, par cet effet rassembleur qui a réuni effectivement des milliers de gens sur des places autour d’écrans géants,  ces fameuses gens égoïstes et retranchées dans leur cocon, un message passe . Fugace, superficiel, un vernis de sens ? Seul le temps le dira, mais une amorce en tout cas, de quelque chose qui ressemble enfin à une prise de conscience !!!

A méditer….

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C’était le désir de ne pas être un corps comme tous les autres corps, mais de voir sur la surface de son visage l’équipage d e l’âme  surgir du ventre du navire »

L’insoutenable légèreté de l’être Milan Kundera

 

Je relis ce livre,  découvert il y a bien longtemps, et dont cette phrase que je trouve très belle et incroyablement sensée me saute à l’esprit…elle exprime à mon sens un combat essentiellement féminin, récurrent et persistant, touchant au mariage synthétique du moi intime et du moi exprimé par le corps. Une dichotomie qui ne devrait pas être et pourtant !!!

Le corps comme support d’un langage donné même sans le vouloir, exprimé par des vêtements, une gestuelle, un état, une joliesse ou une laideur supposée, apparence et vernis opaques qui demande lui aussi à être interprété, qualifié et reconnu. Le corps comme barrage,  mur, clôture alors même qu’il est livré nu, sensitif et sensuel ou peau sans vie. Un corps comme tous les corps, vision impossible et réelle à la fois dans une conformité organique que nie l’incroyable diversité des formes et des langages du geste. Le corps comme offrande faussement ouverte occultant une vérité cachée en creux dans l’intime, le non dit, l’inexprimable de l’âme et de l’esprit ; le corps, comme double et reflet, le gant de la main, la peau de l’intellect. Et cette volonté exprimée ou plutôt revendiquée par l’héroïne de Kundera de voir affleurer, transparaitre ce caché, ce réel, cette tangibilité de l’être qui s’affirme et fait se rejoindre tous les pôles, dans une convergence qui devrait s’imposer d’elle-même. En moi résonne par ces quelques mots tout un écho de vies largement prisonnières de l’image, du paraître, du vide,  imposé par une négation de tout ce qui fait de nous des êtres complets, incarnés, charnels et composites…..et à jamais inscrits dans le langage….chez l’humain rien n’est jamais silencieux, tout s’exprime et fait sens, et lorsque cette harmonie du dedans et du dehors s’opère, elle devient l’expression d’une forme de liberté….

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Un coup sourd dans ma poitrine fend,

De ma dangereuse nature,

Le nerf vital et je me sens,

Prise dans cette blessure.

 

Dans mon monde de pages et de mots,

Irréels et tangible,

Court ce dense ruisseau,

La conviction qui me rassure.

 

Comme une vigie sans drapeau

Un guerrier sans armes,

Chantant la voix des griots

Le penseur est un être de charme

 

Et le créateur un démon,

Ou un génie qui vous alarme,

Sur le sens caché des choses,

Une terre qui modèle les âmes....

 

Je ne veux pas que l’on y touche

Par une vilénie mercantile,

Je ne veux pas qu’on effarouche,

Tout ce qui peuple mon île !

 

Et s’il n’y a en fin de course

Que l’humain derrière cela,

Qu’il soit d’une beauté qui touche,

L’absolu est mon chemin….

 

 

 

 

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Un couple d’amoureux promène

En laisse un lapin noir,

Pendant que je cours après,

Une forme d’espoir.

Parc de la Feyssine,

Les corps nus se déploient,

Sur les cailloux brûlés par un soleil dément.

Je marche et je cherche

Une idée, une image,

Un regard, quelque chose

Qui me frappe en plein cœur,

Des ombres immobiles

Sont couchées dans les herbes,

Gisantes douces et futiles,

Et parfois on entend,

De ces corps emmêlés,

Monter un râle troublant…..

Je marche vêtue de sombre

Et mon corps ruisselle,

Sous le baiser mouillé

De ce juin qui sommeille,

Parc de la tête d’or

Un bouquet de mariées,

Pareillement parées

Poudrées, enturbannées,

Jolies poupées de rêve

Fleurs en artifice

Eclosent comme des

Essaims de maléfices….

J’achève mon périple

Devant un homme las

Qui nourrit dans sa main

Un petit écureuil

Et me regarde de son œil

Inquiet et goguenard

D’homme qui cherche encore

Son désert……

La blancheur du jour éclatant

Comme un drapeau vaincu

Me gifle  de ses ailes

J’ai dans ma bouche

Un goût de sel et puis de miel

Et vais chercher nue

La douceur du soir

Pendant que la voix sourde

De la ville rugit

Son concert de klaxons

Bien après minuit….

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Il circule sur un vélo vert. Juste harnaché de deux sacoches bourrées de 35 kgs de matériel. Au total, c’est 55 kgs qu’il a emmené de Bangkok à Châteaudun, but prochain de son périple. Lui, c’est Frédéric Linget, un français affable et rieur qui a vécu 10 ans en Asie et qui, pour revenir dans son pays natal, a privilégié ce moyen doux, écologique et lent, voulant prendre le temps de s’imprégner des gens et des lieux.

A Lyon, où il était de passage hier, il a donné une conférence amusante et pleine d’enseignements sur son périple. D’où j’ai ressorti deux messages essentiels : le premier est que l’exploit sportif n’est pas le fil conducteur de ce chemin cycliste accompli et surtout restitué avec une modestie exemplaire. Mais plutôt l’envie de goûter l’humanité autant que les paysages, de voir et de comprendre, ce qui me touche bien plus.

L’autre est que cet homme a pu, tant qu’il n’avait pas franchi les barrières de l’Europe, trouver le gîte et le couvert partout, y compris dans les coins jugés les plus dangereux de la planète, l’Afghanistan, l’Iran, où contre toute attente, la chaleur et la simplicité, la générosité ont été toujours au rendez-vous, renversant d’une façon simplement humaine les stéréotypes déversés par les médias.

Mais, dès qu’il est repassé en occident, cette loi universelle d’hospitalité s’est comme dissoute, et le recours à la tente, au bivouac ont été quasi systématiques !!!

Une leçon autre, cruelle et édifiante sur les valeurs fondatrices de l’humanité, et où, pour une fois, les soi disant maîtres du monde ont à apprendre de plus humbles qu’eux !

 

A voir : http://www.aventuresbicycletales.org/

 www.racontemoilaterre.com

 

 

 

 

 

 

 

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