Ourlé comme une vague,

Vogue mon désir,

Printemps bleu de soie,

Drapé de zéphyr,


Sur ma peau si fragile

Le vent court, et se fond,

Et je tremble

Qu’il  ne me déchire.


Mes veines délicates,

Frangées d’or et de lait,

Se dessinent, stigmates,

En fins liserés,


Et le ciel se confond

En amoureux jaloux

Dans l’azur de mes pétales…..

Doux ....

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J’écoute ta chanson intime, ce chant de toi,

J’écoute ta voix ma fille, qui vient vers moi,

Prends ma main, mon refrain,

Prends mon attente,

Pour toi, je vaincrais les vertiges de silence…

Pour toi, je me tairais aussi….

 

J’ai peur, tu sais, j’ai peur,

De ta vie qui fait mal,

J’ai peur, tu sais, j’ai peur,

Je suis si loin de toi,

Et ces ondes qui brouillent

Le velours de ta voix,

M’écorchent comme des filets

Qui te tiennent prisonnière, là ....

 

J’écoute, je te respire,

Comme autrefois,

Ma main dans tes cheveux  

Dessine cette toile,

Où la lumière diffuse

Ce chant de mon amour,

Cette corde vibrante,

Qui se tord de mal,

Quand je ne peux porter

Le cours fou de tes jours.

 

Regarde, je te souris,

La lumière de mes yeux

Coule comme une rivière bleue,

Je veux chasser les nuits,

Je veux créer les jours,

Et dans ce berceau blanc

De mes bras tout autour,

Je veux encore, encore,

Juste te parler d’amour….

 

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Comme un cilice complice, sa tunique de soie écarlate entache les herbes. Petite fleur unique, froissant ses pétales dans le vent. Une tiédeur sourde, lourde, souffle son haleine chaude. Solitude embrumée des quais entre chien et loup, alors que le Rhône s’étale comme une nappe immobile à peine irisée d’argent.

Pas un oiseau ne passe, pas un passant !!! Je musarde seule, la veste collée au dos par une sueur fine, les cheveux emmêlés dans le cou. Je me demande pourquoi les gens fuient les quais muets et ténébreux sous la pluie, mélancoliquement imprégnés de spleen ! Une sensation rare, un clin d’œil à Tardi, à Léo Malet ! Là, sous l’arche bleu électrique du pont, pourrait se profiler une ombre perdue,  la cigarette à la bouche, le dessin fin des bas gainant d’interminables jambes, croisées sur une absence.

Là, rôde un parfum âcre et dur de mystère, d’attente……

L’huile ambrée des flots vient battre mollement la petite échancrure de sable qui s’offre en plagette minuscule les jours de soleil. Comme une plage normande sous le crachin, la terre blonde s’émancipe du Sud et prend des airs plus austères, pour mon plaisir. Voyage en tonalités suaves de gris et de brun, qu’irradie par moments une lumière nue, crue, hypothètique, charnue.

Et sur les bords du Rhône, vieux monsieur fatigué, qui lentement reprend son souffle, je me sens comme une herbe sauvage, ennuagée des brumes des hauts de Hurlevent…

 

 

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Transcendantale,

Tu offres à ton corps défendant

Ces imageries de cristal,

Pour toi, la terre est un diamant,

Renversant le sens des voiles

Dans ces brumes chromées des cieux,

Où se dilue un peu de nuit…..


Je regarde les galaxies,

Ce qui reste à inventer,

Quand  le jour s’unit à la nuit,

L’extrême fuit le raisonné,

Le plaisir colore la douleur,

Et de ces plaintes consommées,

Surgit un nouveau monde, ailleurs,

Où l’esprit s’unit à la douceur,

Où la nature s’enchante des idées.


Le ciel se cache sous mes pieds,

Et la terre au-dessus de moi,

M’offre ses sens inversés,

La lumière nait de cette béance,

Comme les mots naissent du silence,

Le monde est partout….


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La nature se dévoimant à la science - Louis Ernest Barrias
Copyright Réunion des musées nationaux


Nuit des musées ce soir. Un vieux rêve d’enfance revisité de Belphégore,  ombres glissant, tragiques sur les parquets grinçants, chair des statues frissonnant sous le halo blême de la lune.

Avez-vous remarqué combien les oeuvres sont mal mises en lumière dans les musées ?  Les projecteurs soulignent les modelés des statues comme la lumière accuse les flétrissures d’un visage, comme une photo  numérique souligne cruellement la moindre ridule, le moindre défaut d’une peau.

Je rêverais de parcourir ces lieux à la lumière diffuse, troublée d’une chandelle, comme un petit fantôme du passé. Au passage, un regard, un tissu, un col ancien, révèlerait ses mystères, un paysage se découvrirait lentement, les doigts suppléeraient au regard pour découvrir de façon autre un galbe de marbre ou de bronze. Un graphisme aigu, un océan flashant de couleurs se révèlerait un instant, brève incursion psychédélique au pays des sensations visuelles, avant que l’obscurité ne l’efface comme un rêve.

Balade trompeuse, appelant à une vigilance accrue des yeux et des oreilles, décuplant l’acuité d’un silence bienvenu, et qui surprendrait et renouvèlerait le lieu en en révélant une à une , toutes les arcanes…..

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