Je te cherche partout,

à ce vent qui se lève

qui hurle comme un loup à ma fenetre close,

à ces images pures qui hantent ma mémoire,

reflet d'un monde, ailleurs, où nous étions tous deux

juste habités de nous, de ces heures lancinantes

arrachées à toutes les dimensions.


Je te cherche partout,

à ces ancres de sens jaillissant de ma gorge

comme des epees d'or,

à ces fleurs offertes a nos yeux éblouis

à la musique hurlante de nos deux corps

à ces gestes donnant un nouveau sens au monde

à ce pont suspendu, vivant, entre nos âmes.



Je te cherche partout,

à mes pas dessinant un inconstant ballet

sur les trottoirs marques de toutes les errances,

au lever d'un drapeau claquant à tous les vents

portant à l'infini cette sublime porte

de l'amour vagissant comme l'enfant à naître

et qui signe a la vie l'éclatante parure.


Je te cherche partout

à la musique forte,

au tempo déchiré des trompettes sonores,

à la clameur mouillante de tous les océans

à la nuit feutrant de son haleine noire

le chant des amoureux déshabillés d'espoir

à ce cri arrachant de ma gorge le feu.


Pour t'habiller de rêve comme d'un manteau blanc,

pour te donner la sève des matins levés

pour te grandir encore à ma ferveur tremblée

pour que tu vois au jour, à chaque aube habillée

le reflet dur et doux de mon amour......

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Je n'aime pas les dimanches et leur temps suspendu

ces heures lentes passées à la couleur d'ennui

ces vitrines qui baillent à devanture fermée

et ces passants qui passent sans jamais regarder

 

Je suis comme les chats qui tôt matin levé

viennent muser au vent des aubes qui se lèvent

prendre la vie courant à fleur de pavés

impatients de chasser les images des rêves

 

 

je n'aime pas les Dimanche à relents de gâteaux

de familles assemblées en ripailles massives

de promenades obligées frileuses sous les manteaux

de temps donné au temps volatile et morose

 

Je rêverai d'un temps qui n'aurait pas de nom

où la nuit sans parler remplacerait le jour

où pieds nus dans la neige on se ferait l'amour

aux heures nées et à naitre juste comme on le veut....

 

 

 

 

 

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Petite, je parlais à des bouquets de fleurs
tendues dans le silence d'une brise d'été,

elles avaient le pouvoir de leurs têtes inclinées

qui n'abdiquaient jamais sous le vent et la pluie,

et moi, je regardais ces humains, souvent gris

que la vie couchait comme des fétus de paille

et je ne voulais pas y croire,

Moi, je n'ai pas grandi, dans mon âme, tapie

ce petit coin d'enfance est à jamais assis,

ce regard immobile ardent et qui attend

que s élève le chant des coeurs,

cette confiance des enfants

qui attendent, debout que le monde se donne

et puis, j'ai dans la poitrine un caillou,

un noyau dur qui pèse et me dit

que je suis vivante jusque dans ma douleur,

que je crie jusque dans les couleurs

apportées par mes images et mes mots,

moi qui ne voulais que la pourpre et que l'or

et puis le blanc vierge de tout,

moi qui ouvre mon âme à toutes les saveurs

et ne sait plus fermer mes sens

en proie à toutes les faims du monde,

à jamais ,la vie me donne le vertige,

assise sur ce fil tendu sur les absences,

assise sur ce fil rompu par les silences,

je n'ai pas d'oraison autre

que le chant de mon coeur......

 

 

 

 

 

 

Publié dans : Poésies
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Elle me semblait si familière cette main, posée parfois une heure entière comme une feuille abandonnée, sur une jambe délaissée, et puis, prenant son envol pour dessiner des arabesques qui soulignent une note plus haute dans un mot donné à l'autre, une réflexion, une stance, une musique de la voix, lorsqu'elle cherche à percer le coeur, à atteindre cet endroit secret et intime de l'autre, là où ça touche, là où ça pleure, la ou ça sourit de douceur, où c'est ému;

Lorsque la main s'élève pour aller à la rencontre d'un visage aimé et dessiner du bout des doigts cet ovale qui vous prend le coeur, cette rondeur au bout des ongles, cette densité de la chair, ce crémeux doux qui vous soulève d'amour et qu'on reconnaitrait meme si on était aveugle, meme s'il ne restait plus que ce sens, le toucher.......

Ces doigts qui s'aggripent aux épaules et puis aussi ces doigts qui prennent un outil, une plume, un crayon et qui tout à coup comme deux êtres devenus libres, se saisissent du monde et vous livrent en une esquisse, en griffures nues sur un papier, en matière brute transformée, un autre monde, une autre terre, un univers décalé où plus rien n'est jamais pareil, un autre souffle qui n'est qu'à vous et qu'on peut livrer sans barrières à l'oeil de l'autre qui est là et qui attend ce don.

Une peinture, une statue, un objet né vivant de ces doigts, démiurges humbles et beaux, ce poème vivant qu'est toute oeuvre crée, donnée; Et puis, ces mains comme deux oiseaux aimants qui s'aventurent et qui frissonnent, sur un corps planète où pourtant tout est inconnu et résonne, à la chaleur d'une caresse, à la soie posée par la peau, parce que si les mots deviennent inutiles, si parfois le regard n'atteint pas le creux de l'âme qu'on veut prendre, alors les mains sont ce langage que l'amour sublime et compose, qu'on reconnaît à fleur de peau et quand enfin le corps marqué par ces mains uniques de l'être aimé, sent ce baptême, cette eau vive, il ne peut plus jamais entendre une autre voix, une autre source, il en est comme tatoué, marqué de ce langage de chair , qui semble éphémère et frivole, où tout pourtant, est incarné..................

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Elle a grandi en toi comme un serpent morose,

s'est faufilée dans les plus petits recoins,

a lêché de sa langue perfide,sinueuse et longue

tout ce qui avait encore un relent de parfum,

j'ai beau tressé, habile, de mes doigts éperdus,

mille tresses d'amour par mes mots soustendues,

elle est plus forte que moi.....

 

Tu aurais pu avoir pour maitresse des femmes

au charme langoureux, aux éphèmeres appâts,

j'aurais pu de leurs langues défaire le verbe tiède,

opposer à leur faim ma pureté pour toi,

mais, devant sa faconde et les liens si serrés

dont elle enserre ton âme, je ne peux que trembler,

je n'ai que mon amour de toi...

 

Pourtant je sais délier de mes promesses douces

les coeurs enchâssés dans les horizons noirs,

et couvrir de mes mains les visages farouches

pour délivrer les mots, les plaintes et les pleurs

briser sur les récifs durs des rêves morts,

les noeuds tortueux et lourds que pose la douleur

je sais cela....

 

Alors, cette maîtresse aux mille visages ingrats,

j'en détruirais le coeur en cent mille éclats,

et s'il faut pour cela en sucer le poison

jusqu'à en recevoir de mortels frissons

pour toi je le ferais, je me battrais pour toi

avec pour seule arme des guirlandes de mots

rien que pour toi....

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans : Poésies
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