Chère liberté
Je ne sais où prendre autour de moi ton image, qu'il s'agisse d'une liberté d'être, de faire, une liberté tout court; L'homme moderne se plait à penser qu'il est libre dans sa tête,
libre de ses reflexions nées au plus intime de lui, libre de ne pas accréditer ce que sa bouche est souvent obligée de dire, où plutôt qu'il s'oblige à dire; mais cela pose un probleme de fond
assez irrésoluble ; Vois-tu, si mon esprit condamne en son for interieur ce que ma main fait, parce que j'obéis aux contingences imposées par un système social codifié, suis- je pour autant
dédouané de ce que je fais; Entre l'agir, libre ou non, et on peut citer derrière ces mots une interminable liste de penseurs qui ont longuement débattu du libre arbitre humain, et le penser,
lequel peut se targuer d'une prééminence? Lequel dit la vérité ou une vérité de moi?
Tu sais, j'ai bien du mal à te trouver derrière tes multiples masques.
Puis, être aussi conscient qu'on peut l'être d'une réalite de vie et de pensée et ne pas s'absoudre de faire, quelles qu'en soient les raisons, n'est-il pas pire que d'agir de manière spontanée et irraisonnée.Je te vois sourire à ces propos naîfs mais tu sais que j'ai raison, non?
Autrement dit, je m'interroge sur la possibilité d'une convergence optimale entre nos convictions et ressentis intimes mais aussi la parole dite, écrite, donnée à des tiers, comme sur ce blog, à l'instant, et l'agir, qui est quand même notre signature maximale au monde. Cela rejoint les pensées exprimées par Michel Onfray dans son manifeste hédoniste sur la responsabilité de l'écrivain et son engagement vrai, s'il ne passe que par des professions de foi, des écrits, que sa vie dans ses plus petits actes ne cautionne pas.
Si je souscris sans crainte à l'aphorisme Nietzschéen qui est que:
« Partout ou on cherche des responsables, c'est l'instinct de punir et de juger qui est à l'oeuvre », je crois aussi en la nécessité d'être, dans un système de pensées et de déclarations incessantes, puisque nous passons notre temps à exprimer des opinions sur tout, dans la peau de l'honnête homme du siècle des lumières qui savait que toute parole est engageante à l'esprit humain; Et qu'autant que nos gestes, nos paroles nous trahissent dans notre personnalité la plus vraie et la plus crue.
Or donc, si tu existes, chère liberté, dans le vouloir et dans l'esprit, la liberté de pensée devrait être pour moi le corollaire et le soubassement d'une
réflexion prolongée sur ce que signifie être tout court, dans une recherche de sincérité et d'intégrité morale (non d'intégrisme!) , tout en sachant la précarité et subjectivité du vouloir et du
savoir humains...
Tout cela pour te dire, chère liberté, et je te demande de ne pas t'offusquer de mes mots, que je crois que tu n'existes que comme existent ,à l'horizon des pensées, certaines formes de rêves,
mais qui valent la peine qu'on se batte pour eux....
Je te salue ...
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nne, une césure de temps, quelques minutes délétères avant de laisser le vent m'emporter dans ses caprices.....
A VOUS LA PAROLE