Plume de sucre, plume de sel !

Vendredi 1 février 2008 5 01 /02 /2008 16:28
 

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Chère liberté


Je ne sais où prendre autour de moi ton image, qu'il s'agisse  d'une liberté d'être, de faire, une liberté tout court; L'homme moderne se plait à penser qu'il est libre dans sa tête, libre de ses reflexions nées au plus intime de lui, libre de ne pas accréditer ce que sa bouche est souvent obligée de dire, où plutôt qu'il s'oblige à dire; mais cela pose un probleme de fond assez irrésoluble ; Vois-tu, si mon esprit condamne en son for interieur ce que ma main fait, parce que j'obéis aux contingences imposées par un système social codifié, suis- je pour autant dédouané de ce que je fais; Entre l'agir, libre ou non, et on peut citer derrière ces mots une interminable liste de penseurs qui ont longuement débattu du libre arbitre humain, et le penser, lequel peut se targuer d'une prééminence? Lequel dit la vérité ou une vérité de moi?

Tu sais, j'ai bien  du mal à te trouver derrière tes multiples masques.

Puis, être aussi conscient qu'on peut l'être d'une réalite de vie et de pensée et ne pas s'absoudre de faire, quelles qu'en soient les raisons, n'est-il pas pire que d'agir de manière spontanée et irraisonnée.Je te vois sourire à ces propos naîfs mais tu sais que j'ai raison, non?


Autrement dit, je m'interroge sur la possibilité d'une convergence optimale entre nos convictions et ressentis intimes mais aussi la parole dite, écrite, donnée à des tiers, comme sur ce blog, à l'instant, et l'agir, qui est quand même notre signature maximale au monde. Cela rejoint les pensées exprimées par Michel Onfray dans son manifeste hédoniste sur la responsabilité de l'écrivain et son engagement vrai, s'il ne passe que par des professions de foi, des écrits, que sa vie dans ses plus petits actes ne cautionne pas.



Si je souscris sans crainte à l'aphorisme Nietzschéen qui est que:

« Partout ou on cherche des responsables, c'est l'instinct de punir et de juger qui est à l'oeuvre », je crois aussi en la nécessité d'être, dans un système de pensées et de déclarations incessantes, puisque nous passons notre temps à exprimer des opinions sur tout, dans la peau de l'honnête homme du siècle des lumières qui savait que toute parole est engageante à l'esprit humain; Et qu'autant que nos gestes, nos paroles nous trahissent dans notre personnalité la plus vraie et la plus crue.


Or donc, si tu existes, chère liberté, dans le vouloir et dans l'esprit, la liberté de pensée devrait être  pour moi le corollaire et le soubassement d'une réflexion prolongée sur ce que signifie être tout court, dans une recherche de sincérité et d'intégrité morale (non d'intégrisme!) , tout en sachant la précarité et subjectivité du vouloir et du savoir humains...


Tout cela pour te dire, chère liberté, et je te demande de ne pas t'offusquer de mes mots, que je crois que tu n'existes que comme existent ,à l'horizon des pensées, certaines formes de rêves, mais qui valent la peine qu'on se batte pour eux....
Je te salue ...

Par phedrienne - Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /2008 19:57

L'hédonisme européen est hanté par l'obsession de la faillite
Pascal Bruckner - L'euphorie perpétuelle - Grasset



Comme le dit si bien  Pascal Bruckner dans son essai, le bonheur est devenu un impératif incontournable.
 L'homme moderne est comme le cordonnier de la fable, à qui son trésor donnait la terreur de le perdre, et qui, dans sa volonté tendue de vivre heureux à tout prix, en oublie de vivre tout court...C'est amusant, je trouve ces mots alors que tout à l'heure en sortant du métro je songeais a cela, le bonheur, l'injonction au bonheur qui est le leitmotiv de notre génération; Le Best Seller des ventes et des medias tous horizons confondus; Ce n'est plus être, vivre, donner un sens, non, c'est être heureux; Sous-entendu par là prendre du plaisir, ou, comme je l'ai entendu et lu tant de fois profiter de la vie puisqu'elle est si courte!!!! Profiter!

Que je n'aime pas ce mot dévalorisant en soi pour la vie dans tous ses états!!!! C'est un mot d'usurier!!

Je n'ai rien contre le bonheur, entendez- le! Simplement je n'ai jamais entendu quelqu'un me le définir autrement qu'en termes de jouissances plates, d'appetits satisfaits, de convoitises assumées, de matérialisme sans fin.....de passions assouvies, de réussite sociale, que sais-je?

Moi, j'avoue que je suis incapable de vouloir le bonheur, il se vit non?

Je le goûte par moments, mais en le restituant dans un contexte large de vie au quotidien, assumée dans toutes ses dimensions, il se trouve pour moi dans une dimension tres spécifique d'echanges tendus et aboutis, d'amour...... et donc reste un horizon atteint et inatteignable à jamais, non une fin en soi, un état de fait ....qu'on ne peut ni poursuivre ni attraper.... 

 

C'est quoi être heureux? Franchement, je ne le sais pas et je ne me pose pas la question, préférant à ce postulat goûter les moments intenses, épicés, joyeux et denses que l'on peut prendre effectivement sans les disséquer, calibrer, étiqueter à l'instant, sans occulter le reste de la vie.

 

La philosophie asiatique nous apprend à ne rien séparer, ce qui revient à mettre la souffrance à sa juste place dans le cours de notre vie; Hors, l'homme occidental moderne, dans sa quête de bonheur, qui est avant tout une quête tres materialiste et consumeriste, (combien de vos amis vous parlent de leur bonheur d'âme?) a horreur de la souffrance; Souffrez et vous verrez tout un chacun se détourner de vous avec effroi  comme devant un spectre d'épouvante. Alors, on souffre seul terriblement, et dans un repli dont on ne sort pas indemne.

Rassurez-vous! Je n'aime pas plus la souffrance que vous! Je m'interroge sur un monde où, pour fuir une réalité difficile, une différence, un accident de vie, on ferme les yeux et l'esprit, au lieu d'affronter et de tenir, au lieu de se solidariser et de s'assembler.

Pourtant, mettre des mots, un geste, une caresse, une écoute redonne un sens, légitime et replace le respect humain dans sa dimension. Je dirais que regarder le mal en face, droit dans les yeux, lui fait  faire la grimace et l'affaiblit, ce que peu de gens savent!!!

Restitue l'homme dans son état naturel cru, fort, dur et fragile, en fait un tout....Cela vous fera peut- être sourire , mais je repense à une amie, pianiste de son état, hypersensible, et qui etait tres réactive à la douleur. Quand elle souffrait, elle souffrait terriblement; mais, comme elle me l'a dit souvent avec un magnifique sourire, quand je joue, je sens aussi terriblement, la musique est à fleur de mes doigts.!

  Alors moi, a qui on reproche de ne pas savoir être heureuse comme le commun des mortels, moi qui suis en faim permanente de sens, de vie, de jouissance d'âme avant toute chose, ce qui est le plus simple et le plus dur, j'ai la sensibilité à fleur de mon coeur.....plus que tout autre je peux jouir de la vie, plus que tout autre je peux en souffrir aussi, plus que tout autre je goûte le bonheur et la nuit, mais je n'ai pas peur de la souffrance..........je sais qu'elle fait partie de la vie.....



 

 

Par phedrienne - Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Lundi 11 février 2008 1 11 /02 /2008 13:57

J'ai mis les pieds tout récemment dans un univers autre, jusque là inconnu de moi et pour lequel je n'avais je dois dire aucune attraction. Le monde de la pêche carpiste, des passionnés ferus de l'extrême et qui emploient pour leur passion un langage de combat assez étonnant à entendre! Au delà de l'amour et du lien à la nature, il existe entre le pêcheur de carpes et son poisson un lien passionnel ambigu, extrêmement puissant, qui fait éclater en lui tout barrage, toute mesure; Pour attraper ces jolies dames de la nuit, le pêcheur ne recule devant aucun effort, ne sentant ni le froid ni la chaleur, ni la solitude, rompu aux attentes interminables, à la fatigue, aux nombreux échecs, aux incidents techniques, aux dangers qui émaillent toute vie de pêcheur!

Ces maitresses omniprésentes dans cette vie d'homme rude et pourtant si respectueux de ne pas faire mal, le poisson repêché étant pesé, soigné si besoin, puis remis doucement à l'eau sans qu'il soit fait dommage, sont aux épouses des concurrentes très redoutables!!! Essayez un peu de détourner un pêcheur de sa voie, de le retenir par un baiser quand sonne le signal d'une prise et vous comprendrez!!!

 

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Elles sont aussi porteuses de rêves et d'une image de liberté, de maitrise de soi et des éléments, de réconciliation avec la dimension nue, crue et totale de l'être humain;
Et pour avoir partagé cela, cette expérience inoubliable, si étrange pour qui est ignorant de ce monde, mon regard sur les pêcheurs, quels qu'ils soient, croisés au bord de l'eau lors de mes innombrables promenades le long des fleuves de ma région, ne sera plus jamais pareil...

 

C'est ce que j'aime dans le partage qui permet de ne jamais rester sur des préventions, et de s'ouvrir à l'autre...

 



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Mardi 12 février 2008 2 12 /02 /2008 16:35

Je vais me livrer à un drôle d'exercice d'écriture paradoxale, puisque je voudrais vous parler des blogs; Pas des blogs d'adolescents non! Mais des blogs d'adultes qui fleurissent tout autant; Or, me direz-vous à juste raison, ceci est un blog! Oui, certes!

Aussi m'associerais-je dans une tentative salvatrice d'autodérision aux « victimes » de mon sujet.

Depuis que je m'essaie à poser mes textes et mes images, je suis bien évidemment aller glâner les humeurs et textes de mes pairs par saine curiosité et désir de fôlatrer sur des chemins très divers. J'y ai trouvé de très jolies choses, des trucs vraiment bizarres, mais ma plus grande surprise a été de constater la similitude étonnante dans la structure et la terminologie des blogs entre les adultes et les plus jeunes.

De par le jeu subtil des liens que l'on peut mettre en ligne, tendant ainsi une planche publicitaire à ses amis et intimes, on se courtise et on se flatte réciproquement d'article en article et de commentaire en commentaire, avec des propos que ne renieraient pas nos teen agers! Je suis trop fier que tu parles de moi, non mais vraiment ce que tu écris est trop super, je suis touché vraiment etc......il y en a comme ça des lignes et des lignes; Fait-on une sortie ensemble, saluée a grands coups de mauvaises photos, elles trouveront leur place dans ces pages avec le même retour enthousiaste et ravageur comme si on n'avait pu se dire dans l'instant tout le bien qu'on y trouvait! Comme si surtout, on ne savait plus qu'un bonheur simple peut se savourer dans le silence et dans l'intimité; mais, non il faut le mettre sous le nez de ses semblables, peut-être pour se persuader soi- même que c'était tellement bien? Ou parce que l'on ne trouve plus ni le temps ni le courage de s'affronter d'humain à humain par le truchement simple des mots échangés dans la spontanéité d'un appel ou d'une rencontre impromptue? Je ne sais...

Mais, plus qu'un objet de moquerie, j'y vois surtout un signe de profond malaise et d'une forme de solitude nouvelle, comme si tout le barrage technologique qui nous entoure aujourd'hui, tous ces outils du net, que j'utilise tout autant, endiguaient à grand- peine une incapacité à être au monde d'une façon très simplement humaine.....

 

Par phedrienne - Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /2008 06:45

Vu au cinéma le film de jacque Maillot, les liens du sang avec Guillaume Canet et François Cluset.
Ce film retrace l'histoire vraie de deux frères que tout oppose de par leur vie, l'un est flic et l'autre truand, et que l'amour fraternel va quand même sceller dans un soutien difficile mais inconditionnel, malgré l'impossible réinsertion du second. Curieusement peut-être, ce n'est pas cet aspect du film, qui en constitue pourtant le fondement, qui m'a interpellée; Parce que pour moi la question ne se pose pas; En amour, fraternel ou non, rien ne doit être pardonné, la main doit rester tendue.

Non, ce qui m'a troublée en très grande profondeur, sur un plan strictement humain, est le personnage de Gabriel, le frère ainé truand, adulé de son père, et dont l'indéniable charisme s'accompagne d'une dépravation morale joyeuse, qui ne l'empêche nullement de cultiver des valeurs sentimentales et familiales très classiques.; Ainsi voit-on le même homme abattre froidement ses victimes désignées quand il renoue avec le milieu du crime, mais offrir une bague dans la plus pure traditon romanesque à la petite caissière dont il est amoureux, et l'épouser en justes noces;Pleurer à l'annonce de sa grossesse, mais la tromper allègrement avec les prostituées de son milieu. Et au sortir de leurs bras, lui faire l'amour avec un total naturel ! Et l'entourer d'une vie domestique classique en charentaises...tout en étant totalement incapable de s'assumer en père avec son fils aîné, fruit d'un premier lit....Instituer son frère en parrain de la petite, mais renouer avec son ancienne femme, mise par lui sur le trottoir et avec laquelle ll va monter un juteux commerce de proxénétisme sans l'ombre d'un état d'âme.

C'est là que pour moi se joue la clef du film, dans cette dualité complexe de l'homme, fragile et cabotin, dur et sentimental, macho au dernier degré et se pliant à la domesticité sociale, rebelle et colérique, marqué à la révolte en raison de son parcours, mais aspirant à une ascension et à une réussite matérielle comme n'importe quel chef de famille...soucieux de son image...!
Ce qui revient pour moi à se poser la question de la dimension dans laquelle l'homme existe vraiment; est-ce dans ses aspects extérieurs, salués et justifiés par le regard de ses voisins, dans le « couvercle » qu'il se croit ou a envie de poser sur sa vie comme pour se justifier, pour se retenir peut-être sur une pente fatale? Ou dans ses actes cachés, clandestins, assumés pourtant là sans l'ombre d'une gêne ou d'une hésitation? Dans le mariage des deux?

Toute une problématique humaine riche et dense se pose là, et rejoint l'éternelle question de la dualité de l'homme dans lequel l'ange cotoie toujours la bête indéfiniment...

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Samedi 16 février 2008 6 16 /02 /2008 07:00





Juste un peu de prose pour marquer un arrêt sur  image, la mie virage-copie-1.jpg nne, une césure de temps, quelques minutes délétères avant de laisser le vent m'emporter dans ses caprices.....

Hier,  cela a fait huit mois que j'ai changé de vie, prenant un virage à 300 degrés, laissant derrière moi tout vestige du passé mais aussi des amours vivants. Je pense à eux, aux choix qu'il a fallu faire pour devenir un être complet, assumé, droit, capable de revendiquer ses sentiments et convictions même en payant le prix le plus fort; Je pense au bonheur vécu avec mon autre, aux joies partagées ensemble, à cette terra incognita pareille à nulle autre.Je pense à cet incroyable voyage qu'est la vie en terre de liberté de penser et d'agir quand on ne veut pas plier à une loi, une soumission, des rêves qui ne sont pas à vous...quand on veut vraiment exister à la vie....
Je pense à tous les hommes qui ont fait ce chemin si difficile, je pense à lui....je pense aussi à tous ceux, beaucoup plus nombreux qui ne l'osent pas........
 

J'ai dans le coeur une tendresse à l'humain quand il s'essaie à être ce que les autres ne sont pas.....quand il s'attaque à ses propres barrages, pas pour eux, juste pour lui...que j'aime les êtres libres!!!!

Juste cette pensée pour eux et pour moi, là, un instant, un souffle....



 

 

Par phedrienne - Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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