Telle un petit cristal dur
à l'invisible et minuscule coeur
elle tend ses ailettes nacrées
à l'admiration des coeurs
et sa bouche miniature
tire une langue de pistils
qu'on voudrait sucoter
comme de petits bonbons acidulés....
Telle un petit cristal dur
à l'invisible et minuscule coeur
elle tend ses ailettes nacrées
à l'admiration des coeurs
et sa bouche miniature
tire une langue de pistils
qu'on voudrait sucoter
comme de petits bonbons acidulés....
Je suis en musique de toi,
ta voix fait se lever les ondes,
de tout ce qui chantait en moi,
de mes humeurs vagabondes,
je ne veux pas d'autre robe,
que ces colliers de notes crues
ceignant ma taille et mes seins nus,
que ces harmoniques sonores,
l'amour est une tempête forte
qui fait jaillir le chant des âmes,
elle est à mon être une flamme
sans laquelle je ne peux être....
je suis en musique de toi
ma cantate est le chant du corps
il sera mien jusqu'à la mort
egrenant ses notes à la vie
et saluant le point du jour
dans un crescendo de vertiges,
un staccato de râles doux,
un andante de pâmoison,
dans son bel habit de frissons
déposés à l'orée de ma peau..................
« Du nectar au poison, les conséquences de l'amour sont claires: rien n'existe hors la passion. L'amour, puissance associale, voire antisociale, pulvérise les convenances et plus rien ne compte. Respectabilité et regard d'autrui, sens de l'honneur et de la parole donnée, promesse honorée et amitié chevaleresque, tout s'écroule, meurt et s'effondre. »
Sous les plis de la voile noire - Michel Onfray
C'est exactement cela; Un séisme émotionnel sismique, tellurique qui soudain ravage une âme, fait chanceler tout ce qui était pivot, socle, ramassis de choses
amoncelées au fil des ans et qui faisaient de vous un être policé, carossé de certitudes, de manies, de choses toutes faites; Et tout-à-coup, voilà que tout tombe de vous, les faux semblants, les
peurs, tout ce qui était là et qui vole en éclat et ne compte plus.
Alors oui, en vous, l'etre brut, nu, sauvage, celui qui se tait toujours et ne réclame rien, se lève, tend des mains avides et réclame, tout! Et marche sur sa route, éveillé à tout ce qu'il voit de neuf, capable désormais des audaces les plus folles.
C'est pour cela que la passion fait peur, que tous lui tournent les talons avec horreur, préférant la tiedeur d'amours plus convenus et rassurants, une conjugalité sage, apaisante et étouffante comme un nid de coton.
Pourtant, ce fondement passionnel est au coeur absolu de toute création; Montrez-moi le poète, le sculpteur, le peintre, montrez-moi le génie scientifique à l'oeuvre et qui n' a pas été brûlé au coeur et à la raison par ce feu continu? Qui n'a pas en deça de toute morale sacrifié tout ce qu'il avait à la recherche d'un absolu, nié de tous, affirmé par lui seul?
Nos musées et nos opéras sont pleins de ces oeuvres là, notre vie s'est bâtie à la lumière des découvertes de nos savants, mais on oublie à quel prix d'amour et de dons de soi elles ont été faites, nourries du sang et de la moelle d'humains plus qu'humains.... et qui croyaient en leurs propres désirs....
C'est Rimbaud incendiant sa vie sur les routes marocaines, c'est Utrillo noyant son trop plein d'âme dans les alcools noirs, c'est Marie Curie brûlant sa vie à son intègre recherche, c'est Camille Claudel sombrant les mains nimbées de poussière de marbre dans les méandres de la déraison; c'est Rodin et ses statues tourmentées, c'est Michel Ange torturant son dos sur des échafaudages fous ..........mais aussi tant d'autres que cette passion fulgurante a portés en construction et en joie....Bach et ses virtuosités, Mozart et ses enchantements, Chagall et ses couleurs....
Alors, cette passion effrayante, redoutée, moi, je ne la vois pas drapée d'un manteau noir, elle est feu, elle est vie, colonne vertébrale
des êtres qui se veulent debout, et qui ont envie de colorer le monde de leur propre vision, de faire bouger ce qui est immobile, de renverser ce qui est pesant, de faire chanter les
silences!
Puis, je sais son chant vivant d'allégresse en soi, le bonheur qu'elle procure, aussi intense et fort que les tristesses qui peuvent en naître!
La passion, première anarchie du coeur, non pas un mode de vivre mais une raison d'être, à cru, à nu, en intensité, en émotions...et en créations vives........
Tu me regardes et je prends l'iris doux de ton oeil,
le cristal, le diamant, l'île belle sans écueils
ta vision tout autre de moi
toi qui vois tout, même l'invisible
qui entends tout, même l'indicible
toi qui devines à travers moi
la femme que je ne connais pas,
dans tes bras d'innocence, je revis et je crois ,
à la blancheur d'un monde où le mal n'est plus,
je suis vierge de tout et je renais à toi,
à ces regards d'eau pure que tu poses sur moi.
Tu me regardes, et moi lentement je me devêts,
regarde, je pose tout à tes pieds, à tes mains,
l'offrande de mes mots, la joliesse d'un corps,
l'eau vive et brûlante de mon âme assoiffée,
la douceur éperdue des tendresses cachées,
les rêves, la folie, les mains noires, le mal,
toutes les fleurs écloses de mon passé,
je suis nue à ton oeil, devêtue plus encore
à la clarté farouche de ton esprit d'éveil
je me pose à l'empan grand ouvert de tes ailes
et m'offre au faisceau clair de ton iris d'or....
Regarde-moi et plus encore......
Pink Floyd The wall
J'ai faim; Depuis que je suis petite, j'ai faim; Si vous voulez une image de moi, imaginez une bouche ouverte comme un O majuscule, avide de goûter et de
prendre la saveur du monde, des yeux à la Greuze dépourvus de l'acuité visuelle habituelle aux humains mais très attentifs à vouloir dérober à la vie le côté secret et voilé des
choses....
Un corps tout entier tendu aux sensations à prendre et à vivre; Vous savez, comme lorsqu'on veut écouter de la musique; beaucoup la mettent en fonds, un habillage sonore du quotidien, et ça devient du bruit, quelque chose qui occupe le vide.
Pourtant, si vous vous mettez en réception active, en ultra sensibilité sensorielle, alors la musique vous traverse et vous transperce, fait de votre propre corps une onde vibrante et colorée et tout prend sens. J'ai écouté ainsi le prélude et la mort d'Isolde De Richard Wagner, et je suis devenue cette mouvance, ce leitmotiv lancinant qui traverse son oeuvre de part en part et revient comme une nostalgie, comme un frisson violent.
J'ai été aussi guitare flamboyante sur les envolées gitanes de Paco de Lucia, cordes écorchée des rifts de Jimy Hendricks, mélopée lancinante et psychédélique de Pink Floyd! Aventure colorée, ludique,sensationnelle que je vous invite à partager avec ce qui parle à vos sens, au ryhtme interne à votre corps.
C'est ainsi aussi que je regarde les tableaux, les photos, entrant dans le prisme des couleurs, pénétrant les couches de formes et les textures, eclaboussant mon être de ces sensations vives, pas seulement dans les musées, mais au détour de petites rues obscures, dans des galeries minuscules retranchées dans des ruelles, ou soudain, derrière une anonyme vitrine éclate un festival de teintes chaudes, l'entrée d'un univers magique, une invite au voyage!!!!
Puis en musant dans les rues, déambulations anachroniques et hasardeuses, il suffit de lever le nez, partout des statues oubliées et si belles, des fontaines alambiquées, des frontons d'immeubles décorés de figures hiératiques ou chimeriques, la beauté est partout.......et toujours à inventer, neuve et belle à chaque fois, hors des normes et des codes..............
Et au detour de pages blanches ou jaunies par le temps, sous une reliure de cuir travaillée et réhaussée d'or, une jaquette de carton sobre, machouillée écornée, les mots! Comme des trompettes sonores, des jaillissements de sens, répondant à la faim de l'esprit, à sa curiosité à sa volonté de trouver du sens, les mots comme des passerelles tendues entre les vivants et qui permettent la plus extraordinaire des épopées, le voyage dans l'esprit de l'autre, l'immersion lente et crue dans les pensées itinérantes et créatives de nos frères humains! On les trouve partout les mots, dans un carton posé à même le trottoir et dégorgeant de vieux trésors oubliés, des livres! Dans les librairies sur des étagères oubliées; dans la bouche d'or de celui qu'on ne connait pas et qui soudain, en vous ouvrant les portes de son esprit vous tend les clefs d'un monde nouveau.
C'est de tout cela que j'ai faim! Une faim jamais rassasiée, satisfaite de ne pas l'être, attentive à tout ce qui jaillit de la vie, tout ce que je ne connais pas, tout ce qui sera neuf et fort à mon palais à mon âme, tout ce qui déliera les ailes de mon esprit et m'empêchera, je l'espère, d'être fermée à la beauté et au sens des mondes à venir....
Photographe et écrivain,
j'aime marier les langages
et partager....
A vous la parole !