Je lis en ce moment le manuel hédoniste de Michel Onfray. Qui pose en postulat la recherche de tous les plaisirs, en dehors de tous sentiments, de tout dogme moral et religieux, ou plutôt, en se détachant de l'emprise des sentiments enfermants, et surtout de tout contrat autre qu'un contrat moral éphèmère engageant des individus pour un temps donné, le temps de leur jouissance à être ensemble, et tacitement obsolète quand le déplaisir est là.


Dans le domaine des idées, ce système met l'individu au premier plan et le détache de la masse, lui donnant le choix d'un parcours marqué de ses propres dispositions, capacité et recherches, c'est lui qui va faire son chemin et se donner ses propres repères. Je peux y souscrire tant que cela écarte les carcans moraux et le formatage de l'esprit inhérents à tout système de masse. Tant que cela bat en brêche aussi l'idéologie de la souffrance prônée par quasiment toutes les religions.


Mais, dans le domaine des sentiments, qu'il s'agisse d'amitié ou d'autres choses, cela me pose question.

Il entre dans cet épicurisme ( au sens vulgaire et non philosophique cette fois) revendiqué un calcul qui me déplait un peu, une projection de soi dans le futur qui écarte ou sous-évalue l'autre; Car enfin, comment évaluer le plaisir à attendre d'une rencontre, quand on n 'est pas dedans? Comment évaluer l'attente de l'autre, du il ou du elle qui nous fait face et que nous allons au minimum émouvoir, voire plus si affinités? Que faire alors des sentiments de l'autre  s'ils sont là?

Il a beau jeu le contrat tacite et volatile de l'hédoniste insouciant de prémunir qui que ce soit d'un attachement trop fort, parce que l'humain, être totalement biochimique et physiologiste esclave de ses hormones comme d'aucuns le crient, et comme les scientifiques l'assurent, est aussi un être de sentiments. Un être moral et intellectuel qui peut et tend à s'incarner dans une altérité profonde, dans un échange intellectuel constructif et totalement  jouissif ; je crois à l'orgasme de la pensée!!!


C'est tout au moins comme cela que je me ressens, moi. Alors, que faire, si dans cette liberation au demeurant saine des corps et des désirs, on s'aperçoit que c'est cet autre précisément vers qui tous nos sens se tendent, cet autre qui est unique à soi? Doit-t'on pour rester libre de toute entrave conduire cet amour comme un veau à l'abattoir? Expérimenter à toute force le désir de son corps dans d'autres bras pour le déliver d'un lien charnel trop prégnant, d'une emprise intellectuelle trop forte? Et surtout, en le marquant d'une autre chair, en lui retirant la préséance, le mettre au rang de tous les quelconques agréables qui seront passés danser un tour de marionnette dans vos bras?

Si l'autre souffre de ça, ne pouvant être assez fort pour respecter un engagement consenti de bonne foi, que faire de cette souffrance? La traiter avec cynisme et détachement, oublier que l'humain se bâtit aussi dans les émotions et les larmes, et pas seulement dans l'orgasme des corps!


Tout cela me paraît assez cynique et surtout ignorant du sens profond de ce qu'est un amour, partagé ou non. Non pas une prison, une stérilisation du corps et de la pensée mais une osmose profonde comme une filiation. Un lien unique et irremplaçable marqué de la spécificité de l'autre, qui par un jeu de miroir profond comme la nuit, devient le double « je » d'un soi à jamais affamé de son autre.


C'est tout au moins ce que je crois et vis..... 


NB: Hédonisme du grec Hédus, agréable, plaisant, doctrine philosophique qui fait du plaisir le but de l'existence.

 

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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coeur-de-rhodo-4.jpg

 






Sous les pétales en délice

le calice se cache et se tait

on ne voit qu'un bouquet d étamines

dardées comme des petits doigts

petits organes sexués et fiers

au milieu d'un tapis de soie

dont le rose tigré evoque

une panthère végétale

cachant dans sa suavité

au coeur de ses voiles froissés

une féminité ardente....

 

Publié dans : L'anti oeil du photographe
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Je veux vivre comme cette fleur

cachant son coeur battant d'espoir

au milieu de ses pétales rouges

incarnat de mon âme indomptée...

 

 

Mes mots pleurent et hurlent à la vie,

je ne veux pas faire souffrir,

J'ai dans le coeur un noeud d'ébène

qui doucement me fait mourir.

 

 

Je veux vivre comme cette fleur

cachant son coeur battant d'espoir

au milieu de ses pétales rouges

incarnat de mon âme indomptée...

 

Je voudrais être le soleil,

une pluie de feux d'artifice,

un oiseau de sang et de neige

une douceur où tout revit.

 

 

Je veux vivre comme cette fleur

cachant son coeur battant d'espoir

au milieu de ses pétales rouges

incarnat de mon âme indomptée...

 

Que dois-je faire alors,

où dois- je cacher et taire

ce que mon ame crie

d'amour et de desir?

 

Je veux vivre comme cette fleur

cachant son coeur battant d'espoir

au milieu de ses pétales rouges

incarnat de mon âme indomptée...

 

Si, je n'ai pas le droit d'aimer

alors il faudra que je meurs

tu sais, je n'ai pas d'autre choix

je ne veux pas vivre la douleur....

 

 

Moi ....

 

 

Je veux vivre comme cette fleur

cachant son coeur battant d'espoir

au milieu de ses pétales rouges

incarnat de mon âme indomptée...

 

 

 

Publié dans : Poésies
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la-cabane-du-p--cheur.jpg



La cabane du pêcheur tangue au-dessus du vide, place Louis Pradel,

dans les nasses nul poisson ne rutile,

y a juste des lumières qui étincellent

et des étoiles qui clignotent sur les hautes façades fières

transformées en décor technicolor un soir d'hiver


Des passants lents passent et repassent,

ils sont là pour ça me direz-vous,

avec l'air de se demander

d'où vient le vent qui souffle de la mer,

et ces cris de mouettes qui dessinent

un nouvel air d'opéra....

 


Pourtant, en tendant l'oeil juste un peu,

on peut voir les pêcheurs d'Islande,

deviner à travers les embruns,

Jonas qui cherche sa baleine,

et aussi le bouquet lent

de jolies queues de sirènes


Il suffit d'y croire....


 

 

 

 

 

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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colette-et-son-canon.jpg








J'ai pris le métro tout à l'heure dans une rame bondée. J'avais l'oeil vague et le cheveu fou comme toujours; En face de moi un grand père regardait subrepticement mes genoux gainés de noir, l'atmosphère était lourde, les gens tassés avaient l'air d'avoir envie de mordre; Dans un coin, un monsieur rond, avec un bonnet de Schtroumpf sur la tête racontait sa vie en monologue lent à une jolie blonde qui le regardait en souriant. Je me suis dit que si elle avait été un homme, elle n'aurait pas écouté ainsi, sans se moquer, avec patience.
Mais est- ce que je sais ce qu'est être un homme?

Alors, je me suis dédoublée, je me suis vu, je dis bien vu, j'étais devenu un homme, assis en face de moi, en train de me regarder, moi et mon oeil noir sous les lunettes, la mèche rebelle sur le front, sans pouvoir me donner d'âge, sans pouvoir jauger si j'étais abordable ou non;

Est -ce que c'est ça être un homme? Est- ce qu'on se projette toujours ainsi dans ce rapport de quasi conquête, de drague implicite, de recherche de séduction et de soumission de l'autre? Est- ce que moi j'aurais su être un homme autrement, doux, chaleureux , respectueux de l'autre, juste audacieux pour une unique, et fermé à toutes les autres, est ce que j'aurais été predateur, gonflé de cette virilité que tant d'autres nous jettent entre les yeux, dans ces jambes outrageusement écartées sur des banquettes de train, est ce que j'aurais eu cette façon effrontée et gourmande de regarder les femmes?

Je ne le crois pas.... en tous cas, si j'étais un homme, j'aimerais être de  ces hommes rares, délicats et intimistes, poètes intériorisés et qui savent ce qu'est le vrai courage; pas celui de surplomber le monde de sa force et de ses mains prêtes à en découdre, ou à tout prendre, non,  juste un homme capable de savoir ne pas regarder, capable de se taire, apte au plus beau des courages, celui de savoir pleurer, dans l'émotion d'un sentiment.

Celui de savoir être vrai, nu et humble devant soi, devant les autres aussi parfois, mais peut-être n'est-ce qu'un rêve?

D'ailleurs femme improbable et différente, suis- je moi même capable de cela? Peut-être suis-je homme et femme à la fois.....en tout cas, quand j'ai réintégré mon « moi » brutalement sur la banquette, retrouvant mes jambes et mes bras, la sensation kynesthésique de mon corps, sur le siege en face de moi, c'était une femme qui me regardait comme ça, les yeux dévorant ma figure avec une étrange expression cupide  de voleuse de rêves..............

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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