Visions d'art


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Une atmosphère étrange, émane d’une des estampes tirées de « Paysages de neige de Utamaro ».
Deux femmes apprêtées, parées, semblent sur le point de sortir d’une maison, sans doute un lieu de plaisir, une maison de thé. On devine derrière le paravent qui les en sépare, des ombres assises, autour desquelles d’autres ombres s’affairent ; on croit même entendre un brouhaha, des éclats de rires.
Elles, complices, silencieuses, conspirent cette sortie licite, ou illicite, cachée, vers le froid qui attend dehors ; L’une d’elle, la main sur la poignée se penche, attentive, tendue vers la nuit froide.  L’autre parait frileuse, ses deux mains cachées dans sa tenue, ses épaules un peu rentrées  comme pour se protéger.
Au jeu des lignes graphiques du shoji qui laisse transparaitre les silhouettes des convives, répond la grâce des branchages nus juste dessinés, les plis doux et moelleux  des kimonos descendant sur les deux femmes graciles, l’intemporalité de cet instant suspendu entre le vide  de la nuit, et le plein de la vie qui attend derrière le paravent orné. Elles portent sur leurs visages maquillés, raffinés, cette expression complice d'enfants qui vont faire une bêtise, une complicité, mais le peintre les a figés là, sur cette frontière invisible qui sépare l'intention de l'action.

Tout semble possible, l’estampe dessinant le début d’un scénario aux ouvertures multiples, suspendues à l’envie, au désir de ces femmes énigmatiques qui semblent arrêtées juste sur un fil entre lumière et froideur. Oseront-elles, tenteront-elles l’aventure, la menace ou au contraire l’attrait de la nudité, et du silence de la simplissime nuit hivernale ? Retourneront- t’elles vers le feu, le thé brulant que l’on devine sur la table, le jour ? Impossible de savoir et c’est ce qui fait tout l’intérêt et la finesse du dessin qui laisse ouvert tous les possibles, avec ce raffinement sobre, cet art de dire l’indicible si particulier à l’Asie…

A découvrir et à déguster lentement

http://www.inha.fr/spip.php?article1277

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Il  y  a des lieux où l’art s’offre en costumes cravates. Lieux bourgeois, ampoulés de lumières, lambrissés, parquetés de silences. Lieux clos, où d’immobiles gardiens veillent comme des chiens bougons. Des lieux,  où le verbe ne s’exprime pas, où le toucher est illicite, où le voir s’accompagne d’un formalisme sévère.

Et puis, il y a des lieux qui vous cueillent et vous accueillent, vous attirent et vous retiennent. L’espace SPACEJUNK à Lyon  est de ceux là. Ses hauts murs éclaboussés de blanc ouvrent l’espace, offrent cet autre regard qui dépasse les  stéréotypes et les frontières, décapsule le cortex pour inciter les sens à capter, à recevoir. Lieu ludique où l’art des rues, le street art, les arts alternatifs  s’expriment  et s’explosent dans un mélange fulgurant de couleurs, d’innovations, de textures et de mises en scènes créatives. Où le talent s’affirme dans sa jeunesse tonique, neuve et fraiche. Loin des dogmes, du convenu, se dessinent  à l’encre, au stylo, à la bombe ou à l’aquarelle des univers oniriques, fantastiques, des mythes, des symboles et de l’imaginaire ! Qui étonnent et racontent des histoires.


r-serve-pour-textes 5027Dynamiques et ouvertes, les 4 centres d’art  SPACEJUNK proposent un turn over de nouvelles expos tous les mois et demi, un itinéraire novateur, riche, où les questions sont bienvenues, où le dialogue est proposé,  recherché, où on vient vous chercher jusque dans la rue pour vous inviter à entrer !

A découvrir, à goûter, à partager en urgence et sans aucune modération.


 

Pour tout voir et tout savoir
http://www.spacejunk.tv/


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Vacances sur la ville, que le monde a fui, vers les pistes neigeuses. Le temps est gris comme les esprits qui rêvent au printemps, surement.

En balade, sans âme, je trouve dans une grande salle, d’étranges figures : des femmes rouges et noires au crâne d’alien qui font du vélo ;  de surprenants  oiseaux de cuivre doré, martelé qui planent sous les verrières. Des tableaux, où les couleurs s’éclatent comme de petites étoiles.

Une artiste chenue, minuscule dame aux cheveux rouges et  au sourire plein. Qui arpente le sol blanc devant ses sculptures, ses œuvres inventives et cocasses. Surréalistes comme ce violon suspendu et ces deux mains gantées qui jouent silencieusement  pour quelques curieux impénitentes, dont je suis. Petit sourire fugace aux Picabia, aux dada, pied de nez décalé à la maussaderie du climat qui, lui,  joue des partitions de gris, des staccato de pluie sans souci….. !

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J’ai encore des innocences dont vous n’avez pas idée. Hier, fraichement munie d’un carton d’invitation, je suis allée virevoltante à un vernissage d’exposition, une biennale d’art lyonnaise.

Des toiles par dizaines, hétéroclites et multicolores, allant de la croute à l’œuvre, des sculptures, des gens partout et des édiles bardés de micros et de médailles à distribuer…Remerciements, discours crachotés et inaudibles, remise de récompenses aux vieux grognards des arts…bref !

Un peu stupéfaite, j’ai fait plusieurs fois le tour des salles, assez incrédule parfois devant le spectacle offert. Toiles approximatives où l’amateurisme débonnaire masque mal une absence de maitrise tant au niveau de l’idée que de la forme et même quelques hideurs !

Gens ampoulés, empressés, compactés  et …..une majorité de têtes chenues, certes sympathiques mais quand même ! De jeunes artistes,  que nenni, ou si peu ?

La fameuse ampoule qui s’allume cette fois dans votre tête quand vous avez compris, a été allumée dans la mienne par un mien ami, peintre de son état et qui exposait là : venir dans cet endroit, ça se paye, et ça se paye cher ! Certes, le droit d’entrée n’est pas que pécuniaire, je m’empresse de le dire ! Un comité  (mais composé de qui, mystère ?) présélectionne quand même les talents afin de maintenir un semblant de crédibilité. Ouf, je respire…..mais juste un peu …car devant les tarifs affichés, je ne doute pas un seul instant que l’artiste en devenir, lui, reste à la porte de ces endroits incontournables pour assoir une renommée, remplir son CV  et espérer vendre un jour ses œuvres…

Bon, bon, je vous laisse sourire et rire de mon incoercible naïveté ; A quoi rêvai–je encore, hein ?

Et bien à tout, tout simplement !!!!


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Dans le premier arrondissement de Lyon, des kilomètres d’entrepôts désaffectés abritent une colonie particulière : des graffeurs et des taggeurs, mais aussi des artistes de tous poils, sculpteurs, dessinateurs, iconographes, plasticiens etc,venus peupler ces hauts murs de leurs ateliers improvisés, et y construire aussi ou aménager un ensemble hétéroclite d’habitats provisoire, yourtes, cabanes, murs  de bric et de brocs, bus désaffectés, orchestré autour d’une oasis de calme : la bibliothèque.

Organisé en collectif, ce monde jeune et novateur inonde les murs de ses créations, fresques colorées, décalées, gueulantes de couleurs, créations en trois D, où l’humour frise le surréalisme, où la débrouille supplée le manque de moyens. Un monde éphémère, foisonnant et ..en sursis puisque la ville va reprendre la jouissance de ces lieux, concédée seulement à titre provisoire.

Ce monde à part a donc besoin de soutien ; Comme on dit trivialement, allez-y voir !!! Ils sont là jusqu’en septembre et cherchent un lieu qui pourra les accueillir dans la liberté qui est encore la leur. Une pétition de soutien est disponible sur leur site http://friche-rvi.org/ et via facebook !

 

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