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Fourvières s'illumine comme un château de Disneyland

Fourvières au pays des merveilles

par la grâce de lumières rouges ostentatoires et provocantes

ca en jette!

Une basilique couleur de sucre d'orge

irradiant de lumière dans le bleu d'une nuit d'été.

On s'attend à voir penchée en haut d'une tourelle

la belle au bois Dormant,

où soeur Anne avec un torticolis

depuis le temps qu'elle attend !

Fourvières à la princesse cachée,

non plus lieu de culte, mais lieu de rêves

pour les enfants....

 

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  Coeur!

  Qui bat, éclate comme ce rouge
  sang

  à l'assaut de murailles qui n'ont
  rien fait  aux  hommes,

 

  Coeur!

  Qui palpite et explose pourtant

  comme un bouquet de fleurs 
  en  tumescence.

 

   Dis, petit organe vain qui 
   toque comme un jouet devenu 
   fou,

   petit caillou pourpre serré
   comme une éponge qu'on essore,
 
  et d'où nait ma colère, ma rage,  
   mes plongeons

   dans l'écume crêteuse des orages,

   tu es à peine une plume, 
   un grain de rien à peine,

 un fil délicat tendu sur le réseau des connexions invisibles,

une transparence verticale aux songes des humains,

dis, quand tu titubes et que tu hoquètes comme ça,

comme une petite femme ivre qui chancelle sur ses talons,

quand tu prends peur et te recules comme ça,

animal égaré cherchant l'ivresse de la terre mouillée,
désirant ardemment échapper aux naufrages

et  qui sais reprendre, dans un souffle, courage
et s'unir au tempo fort de son alter égo
que j'aime être humaine alors, être humaine à tout!!!

 

Mon coeur à jamais amant de ma raison....

 

 

 

 

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Je ne  me suis jamais demandé pourquoi j'écrivais. C'était chez moi un besoin vital, criant, très intime, une necessité aussi presente que le besoin d'air et de nourriture.

Mon bain d'encre, dessiné au fil des pages dévorées dans l'enfance, cachée sous les draps à la lumière d'une lampe de poche, et d'abord très lié à mes tourments intérieurs et à l'histoire de ma vie alambiquée et difficile à comprendre pour une enfant, s'est enrichi au fil des ans de multiples couleurs, a dépassé sa dimension cathartique pour épouser d'autres formes, d'autres facettes de l'écriture, tendre vers le sens, le partage, la multiplicité des formes aussi, à ma petite échelle personnelle.

Tout cela, chacun de ceux qui écrivent le ressentent très bien dans leur chair; Et d'autres l'expriment merveilleusement bien;

Ce pour quoi je veux mettre ici le texte d'ouverture de L'archipel des Comètes, de Michel Onfray, qui est à l'écriture un magnifique hommage:

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«  Aussi loin que je remonte dans mon souvenir, j'ai toujours aimé écrire: le graphisme, la trace de la plume sur le papier, son grincement, la magie de l'apparition d'un trait modulé en pleins et déliés, cette ligne étonnante qui chante et raconte, mais aussi l'histoire elle-même, la narration, le monde ouvert aux pieds du lecteur. J'ai apprécié la mythologie de l'apprentissage, jadis, avec encriers en céramique blanche, auréolés en dégradés de violets devenus mauves sur la pulpe des doigts, puis la flèche de la plume en acier , le dessin symétriqu een son coeur qui retenait le liquide coloré, puis l'écartement sur lequel on pouvait jouer avec la pression de la main ou du poignet.

 

Ecrire induit avant tout une émotion physique, une sensation corporelle ; l'odeur de la poudre avec laquelle se fabrique l'encre emmagasinée dans des bouteilles vertes dotées d'un bec verseur comme pour l'apéritif dans les cafés d'antan, le lisse du papier sous le gras de la main, la rigueur bleutée des lignes et le trait rouge vertical dans la marge. J'ai d'abord aimé cela, en fétichiste. En écho, je n'écris pas aujourd'hui sans un rituel d'encre et de stylo, de papier et de mise en page, de graphisme et d'occupation de l'espace qui seul rend possible le devenir verbal de mes songes. Hiéroglyphes et cunéiformes, linéiare B et cyrillique, Kandji asiatique et calligraphie arabe, je suis toujours émerveillé de ce qui subsiste d'art stylisé, d'équilibre entre l'appolinien et le dyonisiaque dans le traçage de chaque mot, à lui seul une oeuvre d'art, un tableau. »

 

Michel Onfray « L'archipel des comètes » Editions Biblio-Essais

 

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Touffeur du métro. Des grappes humaines énervées, compactées comme des tôles, s'entassent, s'imbriquent, se piétinent et s'agressent. Quelques hurluberlus se lancent à l'assaut des quais avec des bébés hurleurs accrochés à leur dos, il y a même un doux illuminé qui promène un sapin immense et que les autres passagers considèrent avec un regard haineux, prêts à en découdre sauvagement à la moindre agression épineuse....

Les mères de famille s'ensauvagent, trainant leur progéniture hurlante qu'elles flanquent entre les jambes du premier venu, poussant, tirant, vociférant, jolie image de la douceur féminine et maternante...!

Ca se chevauche entre les travées, quelques touristes égarés, l'air totalement ahuri contemplent cette Bérézina en ayant l'air de se demander ce qu'ils sont venus faire dans cette galère;

A chaque arrêt, des employés malchanceux et mélancoliques gonflent leurs pectoraux, hurlent, éructent dans des portables, totalement impuissants à endiguer les vagues grondeuses de la foule qui les engloutit, non sans les avoir copieusement conspués.

Place Bellecour, le métro vomit ses serpents humains, l'air vibre d'excitation, l'adrénaline est à son maximum. La foule grimpe à l'assaut des escaliers mais la densité humaine est telle qu'on ne peut avancer nulle part; Ca piétine et ça pousse, on s'agrippe à ce qui vous tombe sous la main, un dos, une paire de fesses, le premier qui choit est un homme mort!

L'air libre enfin, si l'on peut dire! rouge-statufi---1.jpg

Une roue immense implose ses rayons à la face du ciel noir chargé de nuages de pluie; Un tintamarre hallucinant habille l'espace, musique, tam tam, appels éraillés des vendeurs de kebab et de vins chauds, pleurs des enfants perdus, rires.

Finalement, les gens restent figés là, prenant à peine la beauté des lumières, des jets de laser qui zébrent l'espace, regardent hébétés, en ayant l'air de se demander si cela valait la peine de se battre autant; C'est qu'on en veut pour son argent après avoir supporté ce compressage inhabituel des corps!

Au milieu de tout cela, des passionnés extraterrestres ont posé leurs trépieds et mitraillent, indifférents aux bousculades, aux gens qui s'ingénient à passer inlassablement devant l'objectif, pris dans la lumineuse beauté de la sphère aux couleurs mouvantes qui abrite la statue équestre de Louis XIV, soudain magnifiée en chevalier du futur ou en prince de contes de fées.

Ca boit, ça braille, ça court, ça ne veut rien perdre! L'air est saturé de sons, d'odeurs de saucisses chaudes, de relents barbapapéiens.

Au milieu de tout ça, une femme échevelée, les lunettes de guingois sur le nez, moi, perdue dans son manteau trop lourd, s'essaie à prendre une lumière, une atmosphère, évite d'un déhanché savant un pare choc de voiture, protège d'une main ferme et d'un oeil noir l'optique de son reflex que d'aucuns bousculent à grands coups de coude!

Je m'incruste, résiste aux vagues qui poussent dans un sens puis dans l'autre comme une mer capricieuse qui ne sait plus où étendre ses marées; Je bataille gaillardement avec des essaims de parapluies guerriers brandis comme des épées au-dessus de matrones vindicatives,essaie de ne pas pietiner quelques marmots hagards, cramponnés à leur têtine comme au saint sacrement, et dont les yeux reflètent une terreur sans nom devant le spectacle infligé par des parents totalement insoucieux de leur progéniture.

Ca et là, illuminant le chaos de leur présence humaine, des couples d'amoureux s'embrassent voracement, opposant aux chocs et à la bousculade la statue inaliénable de leurs corps enlacés, refuge et île !

Moi, le visage mouillé, les cheveux dans la bouche, j'arme et je prends comme je peux, ne pouvant rester plus d'une demi seconde devant ma cible sans qu'un bras, une jambe, un sac à dos, ne vienne me cogner, me faire chanceler sur mes jambes que j'essaie pourtant d'ancrer fermement au sol, comme un matelot dans la tempête! L'oeil ébloui, les sens sursaturés de ressentis, de bruit, des remous denses et opaques de la foule, je navigue et prend néanmoins la magie des lumières assez kitch, habillées d'un habit postmodern très flashy et designé, pas toujours du meilleur goût comme ces guirlandes bleues auréolant une fontaine ensanglantée mais dont l'éclat marque somptueusement la rétine et feront un beau cliché.
Pourtant, dans le refuge tiède de ma maison retrouvée par miracle après une nage éfrenée au milieu des bras et des jambes et un inénarrable retour dans une rame bondée comme un train des Indes, où il ne manque que les volailles et les cochons accrochés aux toits, c'est le cliché doux et totalement surréaliste de ce cavalier solitaire, non plus solaire mais comme étranger à lui même que je garderais dans mon coeur, porteur de rêves......

 

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J'ai plus envie,

plus le goût à poser

mes petits mots berlingotés,

mes petites sucreries aimantes.

J'ai le palais tout tuméfié,

et une âme assez piétinée

pour qu'on n'y trouve plus une plante.

Mais, qu'est- ce que j'ai fait à mon coeur

pour qu'il batte avec tant d'ardeur,

comme un métronome insensé?

Mais qu'est-ce que j'ai fait à ce monde

pour qu'il me laisse plongée

dans son arididité ronde?

Pourquoi ais-je en moi tant de mots

qui couvrent la réalité blonde

de sentiments trop relevés,

trop forts pour cette banquise dure,

cet hérissé de mots hachés,

à la tristesse nauséabonde?

Pourtant, j'ai cueilli dans mes paumes

ce matin un tendre sourire,

un regard oeuvré à l'espoir,

une caresse comme un zéphir,

alors, est ce que j'ai rêvé tout cela?

Est- ce que c'est moi qui suis has been?

Tellement baptisée à l'encre,

à la jouissance des mots vrais,

aux sentiments non déguisés

qu'il m'est impossible de croire

que l'on puisse me jouer?

Moi, qui ne sais ni tricher ni vouloir

tendre des pièges au tout venant!

J'aimerais parfois le faire pourtant,

mais ne le puis!

Moi, qui sait mieux que personne

que l'anarchie belle et forte

n'est pas celle des idées, non,

mais uniquement celle d'un coeur

anobli de vérité

et qui refuse la laideur

d'un monde où on triche et on tue

par les sentiments bafoués

plus sûrement qu'avec une arme....

 

 

 

 

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