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Le réveil est difficile, encore une nuit où la dualité de sa vie est venue frapper à l'oreiller.

Elle s'est levée à l'aube, autour d'elle la nuit était opaque et lisse, elle était trempée de la tête aux pieds, une sueur d'angoisse à l'odeur âcre, le signe de sa peur à cette vie.


Elle regarde sur les murs de son salon un masque de cuir hermétique, les yeux clos, encapuchonné sur le mystère de son existence; elle, elle ne pose aucune question existentielle; Elle sait qu'elle est dans le plus petit de ses atomes, ouverte à la vie; Elle ne sait pas pourquoi cela ne fonctionne pas;

Elle pense à la question qui lui a été posée à trois reprises par un inconnu persistant, pourquoi souffres-tu autant? Elle n'a pas répondu, il n'y a pas de réponse, pourtant elle la connait, elle souffre parce qu'elle a tant de facilité à jouir! Mais cela, qui est visible dans ses yeux, dans son visage doux et sensuellement tendu à la vie, ne peut se donner par les mots!

Elle pense aux mots posés par un ami sur la recherche de la souffrance absolue par les gens qui écrivent. Cela lui paraît incongru, une traduction non appropriée de l'état de tension qui vêt toute personne habitée par son art, et plus particulièrement, tout écrivain, hypersensible de fait, hypersensible de par son attraction et son ouverture aux hommes.


Elle pense aussi aux mots posés sur le bonheur;  le jouis tant que tu peux, c'est vrai cela l'obsède cette volonté humaine de poser ce genre de mots sur un état si beau qui ne peut que se vivre à l'instant et qui ne saurait être une fin absolue en soi. Elle pense à la demande qui lui a été faite d'accepter de se couper en deux: une demi- elle passionnée, chaleureuse, amoureuse, exclusive. Une demi-elle sage et soumise à la vie vivant ailleurs ses joies et émotions. Elle se demande ce que l'autre vit dans ses deux demi-portions de lui-même! Elle est curieuse de voir s'opérer ce miracle étrange  difficilement accessible pour elle! Pourtant, elle sait aussi qu'on ne peut vivre amputé d'une partie de soi, qu'à la fin ce sont les deux morceaux qui cassent et qu'il faut dès lors trainer sa vie avec un demi-coeur en moins...voire, pas de coeur du tout, elle sait aussi qu'il est difficile à l'humain de se risquer à vivre entier, affirmé et serein dans son integrité.Elle connait si bien le prix de cette audace!


Elle se regarde dans la glace, regarde les voiles de la nuit fondre lentement dans le profond de ses iris, elle se dit qu'elle va essayer cette improbable césure pour ne pas le laisser seul, ne pas trahir un chant intime qui etait né au dedans d'elle et qu'elle n'entend plus que comme le fil ténu d'une haute note sur le voile ému d'une voix de soprano.....


Elle se dit qu'elle veut vivre cet impossible rêve.....

Publié dans : Nouvelles
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Je vais me livrer à un drôle d'exercice d'écriture paradoxale, puisque je voudrais vous parler des blogs; Pas des blogs d'adolescents non! Mais des blogs d'adultes qui fleurissent tout autant; Or, me direz-vous à juste raison, ceci est un blog! Oui, certes!

Aussi m'associerais-je dans une tentative salvatrice d'autodérision aux « victimes » de mon sujet.

Depuis que je m'essaie à poser mes textes et mes images, je suis bien évidemment aller glâner les humeurs et textes de mes pairs par saine curiosité et désir de fôlatrer sur des chemins très divers. J'y ai trouvé de très jolies choses, des trucs vraiment bizarres, mais ma plus grande surprise a été de constater la similitude étonnante dans la structure et la terminologie des blogs entre les adultes et les plus jeunes.

De par le jeu subtil des liens que l'on peut mettre en ligne, tendant ainsi une planche publicitaire à ses amis et intimes, on se courtise et on se flatte réciproquement d'article en article et de commentaire en commentaire, avec des propos que ne renieraient pas nos teen agers! Je suis trop fier que tu parles de moi, non mais vraiment ce que tu écris est trop super, je suis touché vraiment etc......il y en a comme ça des lignes et des lignes; Fait-on une sortie ensemble, saluée a grands coups de mauvaises photos, elles trouveront leur place dans ces pages avec le même retour enthousiaste et ravageur comme si on n'avait pu se dire dans l'instant tout le bien qu'on y trouvait! Comme si surtout, on ne savait plus qu'un bonheur simple peut se savourer dans le silence et dans l'intimité; mais, non il faut le mettre sous le nez de ses semblables, peut-être pour se persuader soi- même que c'était tellement bien? Ou parce que l'on ne trouve plus ni le temps ni le courage de s'affronter d'humain à humain par le truchement simple des mots échangés dans la spontanéité d'un appel ou d'une rencontre impromptue? Je ne sais...

Mais, plus qu'un objet de moquerie, j'y vois surtout un signe de profond malaise et d'une forme de solitude nouvelle, comme si tout le barrage technologique qui nous entoure aujourd'hui, tous ces outils du net, que j'utilise tout autant, endiguaient à grand- peine une incapacité à être au monde d'une façon très simplement humaine.....

 

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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Vu au cinéma le film de jacque Maillot, les liens du sang avec Guillaume Canet et François Cluset.
Ce film retrace l'histoire vraie de deux frères que tout oppose de par leur vie, l'un est flic et l'autre truand, et que l'amour fraternel va quand même sceller dans un soutien difficile mais inconditionnel, malgré l'impossible réinsertion du second. Curieusement peut-être, ce n'est pas cet aspect du film, qui en constitue pourtant le fondement, qui m'a interpellée; Parce que pour moi la question ne se pose pas; En amour, fraternel ou non, rien ne doit être pardonné, la main doit rester tendue.

Non, ce qui m'a troublée en très grande profondeur, sur un plan strictement humain, est le personnage de Gabriel, le frère ainé truand, adulé de son père, et dont l'indéniable charisme s'accompagne d'une dépravation morale joyeuse, qui ne l'empêche nullement de cultiver des valeurs sentimentales et familiales très classiques.; Ainsi voit-on le même homme abattre froidement ses victimes désignées quand il renoue avec le milieu du crime, mais offrir une bague dans la plus pure traditon romanesque à la petite caissière dont il est amoureux, et l'épouser en justes noces;Pleurer à l'annonce de sa grossesse, mais la tromper allègrement avec les prostituées de son milieu. Et au sortir de leurs bras, lui faire l'amour avec un total naturel ! Et l'entourer d'une vie domestique classique en charentaises...tout en étant totalement incapable de s'assumer en père avec son fils aîné, fruit d'un premier lit....Instituer son frère en parrain de la petite, mais renouer avec son ancienne femme, mise par lui sur le trottoir et avec laquelle ll va monter un juteux commerce de proxénétisme sans l'ombre d'un état d'âme.

C'est là que pour moi se joue la clef du film, dans cette dualité complexe de l'homme, fragile et cabotin, dur et sentimental, macho au dernier degré et se pliant à la domesticité sociale, rebelle et colérique, marqué à la révolte en raison de son parcours, mais aspirant à une ascension et à une réussite matérielle comme n'importe quel chef de famille...soucieux de son image...!
Ce qui revient pour moi à se poser la question de la dimension dans laquelle l'homme existe vraiment; est-ce dans ses aspects extérieurs, salués et justifiés par le regard de ses voisins, dans le « couvercle » qu'il se croit ou a envie de poser sur sa vie comme pour se justifier, pour se retenir peut-être sur une pente fatale? Ou dans ses actes cachés, clandestins, assumés pourtant là sans l'ombre d'une gêne ou d'une hésitation? Dans le mariage des deux?

Toute une problématique humaine riche et dense se pose là, et rejoint l'éternelle question de la dualité de l'homme dans lequel l'ange cotoie toujours la bête indéfiniment...

Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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J'ai embrassé le matin froid

sur sa bouche fraîche et sèche,

mille piqûres énivrantes

habillent ma peau de frissons,

et je me sens aussi vivante,

dressée debout en pâmoison

de sens ouverts à la nature,

que l'eau chantante d'un torrent.

Je voudrais pouvoir courir nue,

les pieds dans l'eau qui coupe et scie,

et me couvrir du givre blanc,

qui saupoudre de sucre glace,

la terre pelée et frileuse,

qui dort en songes doucement.

Là-bas, l'horizon d'or s'éveille,

et m'appelle au chant des départs,

de ces voyages en merveilles,

dont l'esprit s'entiche et se pare,

un manteau de froid entêtant et tenace,

m'habille en princesse des glaces,

et m'enchante de sensations pures.

La vie est là forte et tranquille,

je voudrais pouvoir demeurer,

comme ce cygne au cou dressé,

qui regarde se lever l'éternel,

la vie...........


Publié dans : Poésies
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Je m'endors un peu parfois, et tu ne le vois pas,

par moments, la vie éloigne de moi,

cet élan majestueux, cette tempête douce,

que tu fais naître par tes mots,

cette joie dans le coeur, ce frémissement d'ailes,

cette joie à te vivre au plus fort de tout,

tu t'en vas par instants dans tes méandres, loin,

dans ta peur à la vie qui t'a rendu si plein,

de songes amers et de souffrances à moi,

et tu me laisses dériver sur ces eaux pâles

en t'étonnant des regards que l'on porte sur moi,

moi, je suis douce et pleine de mon amour de toi,

je m'étonne des mains qui s'éloignent de moi,

de la tendresse bridée au feu de la colère,

de la solitude que tu laisses m'entourer de ses bras,

tu sais pourtant, toi seul, ce que je suis à toi

tu sais pourtant, toi seul,ce que je porte en moi,

mais tu me laisses inquiète, le feu de mon désir

et la passion couvant dans mes yeux, loin de toi....

moi, la femme que tu aimes....  

 

 

Publié dans : Odes à lui...
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