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                                                               Baruch Spinoza
 

Dans son livre « Spinoza avait raison », le neurophysiologiste Antonio Damasio montre l'étonnante modernité du philosophe conspué et renié par ses pairs et qui avant tous avait établi la convergence totale existant en l'homme entre le corps et l'esprit. Etablissant une unité de l'humain echappant à toute tentative de fragmentation, de séparation.

Postulant de manière scandaleuse à l'époque, encore choquante à nos esprits aujourd'hui que nos émotions et sensations sont intimement liées aux mecaniques du corps, et s'interpénètrent.

Que tout ce qui « mécaniquement » affecte l'organisation biologique et physiologique du corps se répercute sur les affects, entrainant une reponse neurologique et chimique immédiate. Et que tout cela est le fruit de milliards d'années d'évolution et d'adaptation au sens darwinien du terme....

Pour Damasio, les émotions font partie des processus vitaux primaires permettant la survie de l'espèce, parce qu'elles mobilisent les ressources du corps pour son fonctionnement optimal! Schéma réducteur et ô combien troublant! Quoi, nos pensées, nos sentiments dans ce qu'ils ont de plus noble, de plus idéalisé ne seraient que le fruit d'une alchimie complexe, échappant totalement à notre volonté?

Dans sa cartographie précise du cerveau à l'aide des dernières techniques d'imagerie cérébrale, Damasio a mis en relief l'atrophie et l'activation des zones cérébrales correspondant à chaque état humain, paysage vertigineux et dont les implications vont au dela du sens...et a démontré par des expériences menées sur des malades que l'on pouvait déclencher à volonté ces états.....impressionnante et effrayante perspective! Que donnerait cette maîtrise dans les mains d'un docteur Mabuse?

Bien sur, Damasio distingue les émotions basiques liées à la survie instinctive,faim , plaisir, peur, des émotions «socialisées» fruit d'une évolution et d'un contexte de vie sans lequel l'homme serait demeuré un animal....mais il n'empêche que l'on peut légitimement se demander à le lire si l'amour existe bel et bien, ou s'il n'est que l'expression majeure d'un complexe biochimique extrêmement sophistiqué qui signerait l'espèce humaine dans sa singularité.

Vertigineuse et passionnante question à laquelle je souhaite personnellement qu'il ne soit jamais apporté de réponse!


Spinoza avait raison- Antonio Damasio - Odile Jacob - 1995

Publié dans : Carnet de lecture
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A l'osmose vécue répond le silence soudain

comme des mots restés suspendus dans un vide un peu éteint

et moi je tiens mon coeur en balance dans mes mains

et je cache ma flamme dans mes paumes vides

et je me demande, je me demande

si j'existe encore....


On partage un ciel de paradis, une passion

des couleurs chatoyant au lever d'un soleil,

je dors à son epaule, je suis à ses frissons

et je crois à la vie dans une orbe simple et belle

mais je me demande, je me demande

si j'existe encore....


Lui,il reprend sa vie dans ses rênes dociles,

comme un aigle enchainé à la main du chasseur,

Il  musèle en silence ses baisers, ses ardeurs,

en un instant je ne suis plus là tout à fait ....

et je me demande, je me demande

si j'existe encore....



La vie s'étend à moi comme une planète d'or,

je refuse à jamais d'y mettre de ces lois,

qui fragmentent et parcellent et retirent la foi,

je veux rester dans l'étincelle à lui....

et je me demande, je me demande

si j'existe encore....


 

 

 

Publié dans : Poésies
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Debout tête levée je regarde ces arbres,

leur filigrane noir sur la voute orangée,

je regarde la terre où moi je m'enracine,

je regarde les eaux qui m'ont tant fait rêver,

une tempête sale a ravagé mon coeur,

je suis nue et déserte devant cette douleur,

pourrais-je encore un jour redresser mon regard

pourrais-je encore un jour y croire?

Je déborde de tout, ne suis riche de rien,

je tends en vain ma tête à la caresse d'une main,

je suis perdue et seule au bord de la route,

mes pleurs sont des cailloux durs comme des regrets,

et je cherche la douceur d'une joue d'enfant,

je voudrais revenir sur les ailes du temps,

retrouver l'innocence, la pureté d'un coeur,

resté vierge de tout et auquel on croyait,

je n'ai que la beauté des âmes qui sont entières,

je n'ai rien à donner de creux ou d'éphémère,

et ce trésor enfoui auquel on ne croit plus,

restera à jamais près des eaux calmes et belles,

d'un lac majestueux doré de roselières,

où j'ai posé mon coeur que je ne reprendrais plus...

 

 

 

Publié dans : Poésies
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Elle éclate à la vie en offrant aux regards

une couronne d'or sertie en plein coeur,

dans un lit végétal de soieries orientales,

dont le chatoiement doux met au coeur un regret,

celui de n'être pas à son image belle,

soyeuse et odorante comme un parfum de vie,

opulente et racée comme une femme lige

qui dans un soupir lent sourit et se soumet... 

 

 

Publié dans : L'anti oeil du photographe
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J'ai mis les pieds tout récemment dans un univers autre, jusque là inconnu de moi et pour lequel je n'avais je dois dire aucune attraction. Le monde de la pêche carpiste, des passionnés ferus de l'extrême et qui emploient pour leur passion un langage de combat assez étonnant à entendre! Au delà de l'amour et du lien à la nature, il existe entre le pêcheur de carpes et son poisson un lien passionnel ambigu, extrêmement puissant, qui fait éclater en lui tout barrage, toute mesure; Pour attraper ces jolies dames de la nuit, le pêcheur ne recule devant aucun effort, ne sentant ni le froid ni la chaleur, ni la solitude, rompu aux attentes interminables, à la fatigue, aux nombreux échecs, aux incidents techniques, aux dangers qui émaillent toute vie de pêcheur!

Ces maitresses omniprésentes dans cette vie d'homme rude et pourtant si respectueux de ne pas faire mal, le poisson repêché étant pesé, soigné si besoin, puis remis doucement à l'eau sans qu'il soit fait dommage, sont aux épouses des concurrentes très redoutables!!! Essayez un peu de détourner un pêcheur de sa voie, de le retenir par un baiser quand sonne le signal d'une prise et vous comprendrez!!!

 

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Elles sont aussi porteuses de rêves et d'une image de liberté, de maitrise de soi et des éléments, de réconciliation avec la dimension nue, crue et totale de l'être humain;
Et pour avoir partagé cela, cette expérience inoubliable, si étrange pour qui est ignorant de ce monde, mon regard sur les pêcheurs, quels qu'ils soient, croisés au bord de l'eau lors de mes innombrables promenades le long des fleuves de ma région, ne sera plus jamais pareil...

 

C'est ce que j'aime dans le partage qui permet de ne jamais rester sur des préventions, et de s'ouvrir à l'autre...

 



Publié dans : Plume de sucre, plume de sel !
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